La suite d'Histoires du Nord ...

lundi 1 novembre 2010

en pénétrant le choeur de lumière

Il a fallu trouver le temps - qui est toujours soit trop long, soit trop court - pour se décider à enfin aller visiter le choeur de l'église de Bourbourg et juger du travail de l'artiste Anthony Caro. Comment entrer l'art contemporain dans un écrin multiséculaire, maintes fois remanié par les hommes comme par les guerres. Direction donc le Bourg des marais... Une fois la porte passée, cachée par les échafaudages, on pénetre lentement dans une église plongée dans les ténèbres à l'exception du maître-autel, moderne comme il se doit. A côté de la croisée de transept, le beau retable de la dormition de la Vierge, enfermée dans une cage de plexi semble presque incongru, presque? Non totalement déplacé. Il est vrai que de nos jours, il faut protéger les vestiges les plus chers du passé... mais du coup, les lumières des spots ou des vitraux viennent en gâcher la contemplation. L'une des rares vierges couchées avec son enfant se retrouve sous vitrine comme une vulgaire marchandise de bazar mais pourquoi reprocherait-on de vouloir la protéger, on peut tout au moins regretter que la mise en valeur ne soit pas à la hauteur du chef-d'oeuvre...


On passe devant le maître-autel et l'on cherche à accéder au choeur, clos par un mur de verre dépoli sur lequel joue l'ombre de la croix... Tout est refait à neuf, tellement fragile ou neutre qu'il faut d'abord, sur ordre de la gardienne des lieux, passer des chaussons comme ceux que l'on vous donne à l'hôpital. Ceux qui connaissent les problèmes familiaux de l'auteur de ces lignes savent comme devoir encore faire cela est un geste qui lui coûte... et la gardienne de ne pas s'amuser de ce qu'on lui demande encore de prêter des patins comme lorsque l'on lustrait les vénérables parquets de nos grands-mères... Dans les chapelles absidiales, des statues modernes dont un couple d'Adam et Eve qui trône fièrement... Passons. Dans le choeur, un baptistère pensé comme un labyrinthe... A croire que baptiser ses enfants est une vaste aventure... Les baptiser, peut etre pas, les élever, tout à fait... Mais nul conseil sur les panneaux qui recouvrent les murs couronnés de vitraux... Rien de plus, rien de moins que des formes torturées en métal oxydé et en bois. On aime, on n'aime pas, tout est affaire de goût mais qui a dit que nos lieux de culte devaient rester décorés par les ciseaux des maîtres-sculpteurs des siècles précédents? Après tout, le style gothique n'a pas rencontré tout de suite ses amateurs tant ils étaient habitués aux formes douces et sombres de l'art roman ...
Puis d'un coup, comme des escaliers vers le ciel, deux chaires de vérité se disputent l'espace. Il faut y monter, prendre de la hauteur et découvrir tout cela d'un oeil nouveau...







1 commentaire:

  1. Merci à l'oeil averti du photographe et à la technologie pointue de l'objectif photo.Grâce à "histoires du Nord",je voyage,je rêve,je m'instruit et j'oublie les aléas du quotidien.
    Adel

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