La suite d'Histoires du Nord ...

mercredi 30 juin 2010

Dunkerque : Aubettes : «On va être licenciées à cause d'une loi du XVIIe siècle !»

Les vendeuses des aubettes, place du Minck, n'en reviennent pas. Leurs patrons, marins-pêcheurs, viennent de recevoir un courrier de la direction des Affaires maritimes, leur indiquant qu'ils se trouvaient dans l'illégalité. Motif ? Pour que ces femmes puissent vendre leurs poissons, elles doivent être, soit leur conjointe, soit une ascendante, soit une descendante directe. Pour les Affaires maritimes, il s'agit tout simplement de se mettre en conformité avec une loi baptisée loi Colbert (1), qui date du XVIIe siècle...
PAR OLIVIER DUFOURG

Cathy Vanfockenberghe vend les poissons pêchés par le patron du Marcaille Patricia Moulun, ceux du Brocéliande Nathalie et Jean-Pierre Schaubroeck, ceux du Nono.

Leur point commun ? Salariées de marins-pêcheurs professionnels, elles n'ont aucun lien de parenté avec eux et craignent de perdre leur travail si les Affaires maritimes appliquent la loi Colbert. «Cela fait plus vingt ans que je travaille ici, je n'ai jamais entendu parler de cette loi !
Et puis, si elle existe, pourquoi n'a-t-elle jamais été appliquée avant ?
», s'interroge Patricia Moulun.
«Certains patrons auront peur et licencieront pour respecter la loi. Nous sommes en 2010, il y a du chômage partout et "ils" veulent en rajouter à cause d'une loi qui date de trois siècles ! C'est lamentable», s'indigne Cathy Vanfockenberghe. «Je pense que les Affaires maritimes veulent faire du zèle», estime Jean-Pierre Schaubroeck. «Si on est licenciés, qui paiera les indemnités de licenciement, notre patron ? Cela n'est pas normal car ce n'est pas lui qui veut nous licencier, reprend Patricia Moulun. Nous avons un contrat de travail, nos patrons paient leurs charges et ont toujours été dans la légalité. Si j'arrête de travailler, le mien n'aura plus qu'à mettre la clé sous la porte car il n'a personne dans sa famille pour me remplacer.» Direction les Affaires maritimes. Philippe Livet, son directeur, explique : «La loi Colbert n'a jamais été abrogée et a été reprise dans le Code général des impôts. Elle stipule que les marins-pêcheurs professionnels qui ont un bateau immatriculé dans une ville donnée - Dunkerque dans le cas présent - ne peuvent faire vendre le produit de leur pêche que par un conjoint, un ascendant ou un descendant direct. En clair, ce travail doit être familial et ne doit pas être rémunéré.» Cette loi, en outre, s'accompagne d'une mesure sociale qui précise que, si le marin-pêcheur respecte cette obligation, il sera exonéré des charges liées à son activité commerciale. «Cela, répète Philippe Livet, n'est réservé qu'aux marins-pêcheurs professionnels et leur famille. Si ce n'est pas le cas, le poisson ne peut pas être vendu sous une aubette, qui fait partie du domaine maritime public, mais dans une poissonnerie par exemple.» Reste une question : que risquent les marins-pêcheurs qui ne se plieront pas à la loi Colbert ? Réponse de Philippe Livet : «Nous ne sommes pas dans une logique répressive et essayons de trouver une porte de sortie raisonnable.» Selon le directeur des Affaires maritimes, des négociations seraient ainsi en cours pour parvenir à un règlement à l'amiable. En cas d'impasse ? Les marins-pêcheurs pourraient être priés d'aller vendre leurs poissons ailleurs. À suivre... •

(1) Cette loi interdit également aux femmes d'exercer la profession de marin-pêcheur.
in LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du 30 juin 2010

dimanche 27 juin 2010

ultimes reliques

Autour de la dernière position, ça et là, les Allemands ont parsemé des abris pour les personnels...

Les nombreux impacts témoignent de la dureté des derniers mois de combats autour de la poche de Dunkerque.



Sis dans la cour du restaurant Les Agapes à Téteghem, les propriétaires leur ont redonné vie en peignant fenêtres et portes en trompe-l-oeil pour égayer le bunker qui fait aujourd'hui office de poulailler...

Dernière fortification élevée par les Allemands, la position détient deux bunkers qui échappent à la banalité. Construits de façon à ressembler à des maisons, ils abritaient sous casemates des pièces de 88 regardant vers Zuydcoote. Camouflés et peints en maisons, certaines traces de peinture se découvrent encore.
Des trois étages de la tour d'observation qui se dresse au milieu de la cour ne restent plus que le premier niveau, aujourd'hui enterré et l'on peut accèder au second niveau alors que le troisième a été totalement détruit... Les barres de l'échelle scellée dans le mur sont encore le seul moyen d'accèder à l'étage...

jeux de plage...






wallpaper 1440*900 : mer d'huile


le charme désuet des vieilles Malouines...


douche salvatrice


wallpaper 1440*900 : camping presque sauvage


wallpaper 1440*900 : triathlon dunkerquois


C'est comme à Dunkerque, on va à vélo jusqu'à la plage, on court loin jusqu'à la mer qui s'est justement retirée le temps que l'on arrive, on se baigne et après, "basta la vista"...

joufflu...


en arrivant au port


sur le sable...


Loin des naïades et autres nymphettes qui prennent le soleil, d'autres passent leur temps à scruter l'horizon...

samedi 26 juin 2010

vous cherchez un photographe?



Mode, portrait, glamour... mais aussi fêtes de familles, mariages, etc... tout est possible, dans la limite du raisonnable bien sûr... à des tarifs très raisonnables ...









premières chaleurs estivales


Et de se précipiter aux premiers rayons du soleil sur une plage qui a repris des allures "retro" avec ses kiosques...

vendredi 25 juin 2010

Lille : Les sauveurs béarnais de Léo Mohr reconnus Justes parmi les nations

Irène, Juliette et Alfred, les enfants de Claire et Léon Dubois, aux côtés de Léo Mohr (à droite).


Hier, à Lille, le ministre plénipotentiaire près l'ambassade d'Israël en France, Shmuel Ravel, a remis la médaille des Justes aux enfants de Claire et Léon Dubois. Ce couple de Béarnais avait recueilli Léo Mohr, jeune Lillois d'origine polonaise, qui s'est battu pendant cinq ans pour que leur héroïsme soit enfin reconnu.
PAR ANTOINE VAAST

«Le jour où il est arrivé, nous étions tous réunis au milieu de la cour. Il y avait mon père, ma mère, et même les voisins. Quand mon père a pris Léo, j'ai dit "J'ai un petit frère".» Près de 70 ans après, les souvenirs sont toujours aussi clairs dans la mémoire d'Irène. «La décision de me garder a été prise en moins d'une demi-heure, raconte, très ému, Léo Mohr. Ces gens-là avaient une générosité incroyable.» L'histoire commune de Léo et des Dubois démarre pourtant par une fuite tragique. Celle d'une famille juive de Lille qui tente d'échapper aux rafles nazies en 1942. Déjouer les contrôles grâce à de faux papiers, traverser les montagnes basques à pied pour enfin gagner la zone libre. Un périple d'une audace incroyable au bout duquel tous n'arriveront pas.

Installée à Gan, près de Pau, la famille Mohr doit bientôt fuir à nouveau les rafles. Leur dernier refuge est une ferme isolée sur les hauteurs de Bosdarros : Mirassou. C'est là que Léo est confié à Claire et Léon Dubois par sa mère.

De son année passée à Mirassou, Léo Mohr garde des souvenirs heureux et amusés. Le jour où il s'est fait piétiner par le troupeau de moutons qu'il devait garder. Celui où il s'est goinfré des cerises destinées au marché... «Je suis devenu un fermier enthousiaste car les bêtises étaient accueillies avec le sourire», se rappelle-t-il. Âgé d'une dizaine d'années, le jeune garçon s'adapte vite. «Je suis arrivé avec mon yiddish interdit et Le P'tit Quinquin, et je suis reparti avec l'hymne béarnais.» La suite, c'est la peur de la dénonciation, le vieux fusil de Léon, vétéran de 14-18, qu'il garde pour défendre la ferme contre quiconque voudrait s'attaquer à sa famille. Et puis, un beau jour, l'annonce de la Libération.

Léon Dubois décédera quelques années plus tard. Sa femme, Claire, vivra jusqu'en 1986.
Si Léo Mohr a toujours eu une conscience aiguë de ce qu'ont fait les Dubois pour lui, il lui aura fallu attendre longtemps avant d'entamer les démarches auprès de l'institut Yad Vashem pour qu'ils soient reconnus Justes parmi les nations. «Les années venant, je me suis rendu compte que ma vie ne tenait qu'à ce couple de paysans.» Cinq ans de procédure pour monter le dossier et le faire valider.

Irène, celle qu'il appelle toujours «petite soeur» a mis plus de temps à réaliser. «Je ne m'en suis rendue compte qu'adulte. Papa a risqué sa vie. Il nourrissait tout le monde.» Que ses parents soient élevés au rang de Justes, pour elle, «c'est quelque chose de très fort, un immense honneur. Je voudrais aller à Jérusalem pour voir le nom de mes parents inscrits sur le monument de Yad Vashem».
Une fierté qui se transmet. Mathilde, sa petite fille de 20 ans, aime à entendre les histoires d'Irène. «C'est une époque de l'histoire qui me touche particulièrement.»
in LA VOIX DU NORD, édition du 25 juin 2010

mercredi 23 juin 2010

Dans la famille Périer de Salvert, le frère cadet

Frère d’Etienne de Périer, Antoine Alexis Périer de Salvert naît à Dunkerque en 1691. Atavisme familial oblige, il embarque comme volontaire dans l’escadre de Dunkerque à l’âge de 10 ans et entre en 1705 dans les Gardes-Marine. Il sert sous les ordres de Forbin et de Duguay-Trouin. Audacieux, il se distingue rapidement au cours de plusieurs combats. Blessé, il est fait prisonnier. Il en faudrait plus pour empêcher le jeune homme de marcher dans les pas de son frère aîné. En 1712, il commande le Lion armé en course et fait trois prises durant sa campagne. De 1716 à 1719, il est aux commandes d’une frégate pour la compagnie du Sénégal qui le charge de chasser les pirates qui écument la côte de Guinée.

Des promotions méritées

An août 1721, il est nommé Enseigne de Vaisseau et navigue devant les côtes africaines. Durant 4 ans, ses deux expéditions l’occupent à chasser les Hollandais des forts d’Arguin et de Portendick. En 1730, le voilà Lieutenant de Vaisseau. On lui confie le vaisseau la Somme ainsi qu’une commission de Lieutenant du Roi pour diriger, sous les ordres de son frère nommé gouverneur de Louisiane, une expédition contre les Indiens Natchez qui se sont révoltés.
Quatre ans plus tard, le voilà sur le Fleuron pour transporter une compagnie à Dantzig pour l’expédition de Pologne, expédition qui est un retentissant échec.
En 1738, retour vers les mers africaines avec le commandement de l’Astrée. A charge pour lui de protéger les navires marchands sur les côtes de Guinée. Il attaque au retour les corsaires de Salé, un port de la côte atlantique du Maroc où se sont établis de redoutables marins. Il œuvre tant et si bien qu’il envoie par le fond leur bâtiment amiral devant Larache en 1739…L’année suivant, il mène sur le Juste une campagne aux Antilles et passe Capitaine de Vaisseau en 1741. On lui donne successivement le Dauphin Royal en 1742, le Mars en 1745 puis le Northumberland en 1747. C’est quasiment une affaire de famille puisque son frère Etienne avait enlevé le navire aux Anglais en 1744 et l’avait fait entrer dans la flotte du Roi. Sur ce vaisseau, il conduit La Galissonnière au Canada malgré la chasse que lui donnent les Anglais.

Vers les hautes sphères

1750 est marquée par une nouvelle promotion. Le roi le nomme Commissaire général d’Artillerie. Le voilà à la tête d’une division sur les côtes d’Afrique. Deux années plus tard, il reçoit le grade de Chef d’Escadre. En plus, on lui confie le Bizarre. Le marin est audacieux, il est aussi rusé. En 1755, alors qu’il commande une division de l’escadre de Dubois de la Motte envoyée porter secours au Canada et à Louisbourg, il déjoue les escadres anglaises à l’aller comme au retour... En juin 1756, il navigue en Manche, chargé d’une mission d’inspection des côtes avec le Maréchal de Belle-Isle… Mais le poids des années se fait sentir, comme tous ceux qui ont connue une vie rude, l’âge fait sentir ses outrages : il est nommé Inspecteur du dépôt des Cartes et Plans de la Marine en novembre. Peut-être trop éloigné de la mer, il rend son âme à Dieu à Versailles le 7 avril 1757… Décidément, être à terre ne réussit guère aux vieux Loups de mer…

vendredi 18 juin 2010

les trésors de Life Magazine (suite)



Et Lille s'endormit pour 4 ans dans le vert-de-gris...

wallpaper 1440*900 : captif


wallpaper 1440*900 : le retour de la pilotine


wallpaper 1440*900 : première sortie?


wallpaper 1440*900 : visite courtoise


wallpaper 1440*900 : attendre pour reprendre la mer


des montagnes sur les mers


wallpaper 1440*900 : travailleuse acharnée

Bardée de pneus pour ne pas frotter aux quais, la petite janneke drague patiemment le fond des darses.

et le sable donne à la digue du Break des airs sahariens