La suite d'Histoires du Nord ...

jeudi 15 juillet 2010

Le retour de pièces historiques à la forteresse de Mimoyecques

Les cinq trous percés dans chacune des plaques étaient destinés au passage des obus.
PHOTO GUY DROLLET



Le site historique de la « forteresse de Mimoyecques », à Landrethun-le-Nord (entre Boulogne et Calais), a récupéré de gigantesques plaques d'acier destinées à protéger les sorties de canons V3, une des armes secrètes sur lesquelles comptait Hitler pour détruire Londres.

Les quatre plaques, épaisses de 20 cm, qui mesurent 8 m de long sur 4 de large etpèsent 60 t, ont été acheminées depuis les carrières de la Vallée heureuse à Rinxent où elles gisaient depuis la Seconde Guerre mondiale, et posées devant le site originel de Mimoyecques, à Landrethun-le-Nord.

« Pièce unique »
Transformé en site historique, le bunker de Mimoyecques a été rouvert au public le 1er juillet après plus d'un an de rénovation. Il s'agit d'un site souterrain avec 200 mètres de galeries, où les Allemands avaient creusé des tunnels en biais de 150 m de profondeur qui devaient contenir les tubes des canons V3, appelés aussi «canons de Londres».
Les plaques d'acier, qui devaient être posées à la surface pour protéger cette installation, sont transpercées de cinq trous qui devaient laisser passer les obus.

«C'est une pièce tout à fait unique à l'échelle de l'Europe», explique l'historien Yves Le Maner, directeur du site. «Les Allemands ont construit des dizaines de milliers de blockhaus de toute nature» dans toute l'Europe, «mais il n'y a pas de pièce équivalente à celle-ci».

Tout comme le bunker de la Coupole, situé à une quinzaine de kilomètres, près de Saint-Omer, qui était destiné à lancer les fusées V2 vers Londres, le site de Mimoyecques a dû être abandonné par les Allemands sans avoir servi, suite au débarquement des Alliés en juin 1944.

Abandonnées également, les plaques d'acier sont restées en possession des carrières de la Vallée heureuse depuis la guerre, et ont échappé à la destruction en raison de leur masse gigantesque.

Ouvert tous les jours de 10 h à 19 h en juillet-août.
Tarifs : 5,5 E 4 E de 6 à 16 ans.
Tél. 03 21 87 10 34
in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 15 juillet 2010

mardi 13 juillet 2010

Vandamme, l’enfant de Cassel

Fils de chirurgien, Dominique-Joseph René Vandamme nait à Cassel en 1770, il y meurt en 1830. Elève à l’Ecole militaire de Paris, il s’engage en 1788 comme soldat dans le 4e bataillon auxiliaire du Régiment des Colonies et se retrouve l’année suivante en Martinique. Promu sergent la même année, il est porté déserteur en 1790 : il est retourné en France ! En 1791, il s’enrôle dans le Régiment de Brie puis passe au 24e Régiment d’Infanterie. En août 1792, il est rendu à la vie civile mais séduit par les idées de la Révolution, il forme à Cassel une compagnie franche et prend le grade de Capitaine. Avec ses hommes, il rejoint l’Armée du Nord. Sa compagnie fusionnant avec les Chasseurs du Mont-Cassel, il prend le commandement du corps en septembre 1793, avec le grade de Lieutenant-colonel-commandant.

Une carrière révolutionnaire
Au Nord, la situation est désespérée: les troupes de Hanovre sont à Hondschoote, les Anglais devant Dunkerque. Il mène le bataillon de Cassel en avant-garde à la bataille d’Hondschoote. Remarqué, il passe Général de Brigade à seulement 23 ans ! Il a maintes occasions de se distinguer : il participe aux prises de Furnes, d’Ypres puis de Nieuport mais il doit se retirer, submergé par le nombre. L’affaire est d’autant plus délicate que la plupart des Emigrés qui s’y étaient réfugiés sont massacrés. Il se distingue encore à Schenk puis à Budwich mais ayant été dénoncé comme terroriste, il est écarté au moment où l’Etat-major est réformé en l’an III mais il est vite remis à la tête de ses troupes l’année suivante.

En 1795, il retrouve son grade dans l’Armée de Sambre-et-Meuse qui est dans l’Ouest puis il est envoyé dans l’Armée de Rhin-et-Moselle. Encore une fois, on remarque sa hardiesse et son impétuosité. Le Directoire le traduit en conseil de guerre suite à de nouvelles accusations puis annule la décision et l’envoie sur les côtes du nord-ouest alors en danger.

En septembre 1799, on le retrouve dans l’Armée de Hollande qui se porte aux devant des Anglais et des Russes. D’ailleurs, à Bergen, il prend une division russe toute entière et poursuit les Anglais jusqu’à leur rembarquement. Après un bref repos à Cassel, il retrouve Moreau dans l’Armée d’Allemagne où ses entreprises sont victorieuses. En 1800, on l’accuse d’irrégularités administratives, encore une fois réformé puis presqu’immédiatement renvoyé à l’Armée des Grisons sous les ordres de Macdonald mais la Paix de Lunéville le met au repos. Le Premier Consul Bonaparte lui offre à son retour une paire de pistolets puis le nomme membre de la légion d’Honneur, quelques semaines plus tard il en est Grand Officier et commande la 2e division du camp de Saint-Omer.

Vive l’Empereur !
En septembre 1805, durant la première campagne d’Allemagne, il porte les premiers coups aux Autrichiens à la bataille du pont de Donawert. Le 2 décembre, à Austerlitz, il se bat au plateau de Pratzen et emporte deux villages clés ! Austerlitz est une victoire éclatante ! Il reçoit à cette occasion la dignité de Grand Aigle de la Légion d’Honneur.
En décembre 1806, il revient en Allemagne avec son frère et est encore récompensé. L’Empereur use bien de ce grand militaire ; en 1807, il commande la 16e Division Militaire, en 1808 le camp de Boulogne, en 1809, il est blessé à Wagram en juillet ! A son retour, il reprend le commandement du camp de Boulogne mais il réquisitionne violemment la maison du maire, jetant par les fenêtres les meubles qui lui déplaisent. Ceci dit, si l’Empereur le met aux arrêts 24 heures, il le fait comte d’Unsbourg, le nomme président du collège électoral d’Hazebrouck puis l’envoie à la 14e Division. Il ne participe pourtant pas à la campagne de Russie, ayant quelques démêlés avec Jérôme Bonaparte, on préfère le mettre en disponibilité… qui ne dure que jusqu’en mars 1813.
On lui donne le commandement du Premier Corps de la Grande Armée. En Allemagne, encore une fois, il se distingue par ses victoires mais il subit une amère défaite contre les Russes à Kulm, Blessé, les cosaques le capturent, l’emmènent à Moscou puis à Viazma. La paix signée lui permet de rentrer en France en septembre 1814. Le gouvernement royal l’assigne à résidence à Cassel mais les cent-Jours le tirent de sa relégation. A Paris, il se rallie à l’Empereur qui le fait Pair de France et lui donne le 3e Corps d’Armée qui se distingue en Belgique. C’est à Wavre qu’il apprend la défaire de Waterloo et retourne sur Paris avec ses troupes mais ne peut en empêcher l’occupation. Il refuse de prendre le commandement des armées au nom de l’Empereur, fait retraite jusque la Loire et se soumet au roi qui pourtant l’inclus dans l’ordonnance du 24 juillet 1815 ordonnant de juger les officiers de l’Empire. Le voilà nomade puis apatride car l’ordonnance ordonne de quitter le pays. Il est obligé d’embarquer pour les Etats-Unis. Son exil prend fin en 1819 et il même rétabli dans les cadres de l’Etat-major comme disponible en 1820. Cinq ans après, il prend sa retraite, passant la belle saison au château de Cassel et l’hiver à Gand, ainsi jusqu’à sa mort en 1830, occupant son temps en œuvres de bienfaisance et rédaction de ses mémoires… Que reste-il si ce n’est son souvenir à Cassel et son nom sur l’Arc de Triomphe à Paris ?

wallpaper 1440*900 : relique déliquescente


sous le soleil de la mer du Nord


voyageur immobile


souvenirs portuaires


dernier arrêt


derniers rais


un peu avant la nuit


dur labeur


fenêtres sur mer


repos vespéral


à quai...


wallpaper 1440*900 : dernier effort avant l'accostage


wallpaper 1440*900 : dans un mouchoir de poche

Demi-tour et créneau comme dans une berline, l'Aventureux est extrêmement maniable...

wallpaper 1440*900 : retour à bon port


wallpaper 1440*900 : croisement


wallpaper 1440*900 : quand pousse l'Aventureux...


pousseur


dimanche 11 juillet 2010

Fromelles se prépare à un 19 juillet historique

Si vous avez prévu d'aller rendre visite à votre vieille tante Charline à Fromelles ou dans un des villages des environs dans huit jours, laissez tomber ! Tout ce secteur des Weppes va être littéralement «encerclé». Les forces de l'ordre auront en effet à gérer l'arrivée sur place de six mille personnes, dont un chef d'État, des têtes couronnées et quelques ministres.

C'est en effet lundi 19 juillet, quatre-vingt-quatorze ans jour pour jour après la terrible bataille de Fromelles, que sera inhumé le dernier des deux cent cinquante soldats dont on a retrouvé les corps, ces derniers mois, à proximité du bois du Faisan.

En direct à la télé
Chaque semaine depuis fin janvier, des inhumations sont célébrées mais, pour cette dernière, les autorités australiennes et anglaises ont vu les choses en grand. Retransmission en direct à la télé, présence annoncée du prince Charles, de plusieurs membres de la famille royale, ainsi que de Quentin Bryce, la gouverneure générale d'Australie (autrement dit, le chef de l'État). Et surtout, soixante-quatorze familles de soldats australiens qui ont pu être identifiés ces derniers mois seront représentées.

Pour Fromelles, l'événement est évidemment historique. Mais il est aussi compliqué à organiser : la seule voie d'accès au village, ce jour-là, se fera par la RN 41 (Lille - La Bassée, sortie «Crématorium d'Herlies»). Une route départementale reliant Fromelles à Illies sera transformée en gigantesque parking, et des navettes mèneront les participants jusqu'au lieu de la cérémonie. Les personnalités, elles, seront prises en charge non loin, à Beaucamps-Ligny. Dernière précision pratique : pour assister à la cérémonie, il faut être titulaire d'un ticket, que l'on peut se procurer notamment sur le site Internet de la Commonwealth War Graves Commission. •
BENOIT DESEURE
in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 11 juillet 2010

En septembre, les Bains dunkerquois révèleront leur façade rénovée

Le dôme sera recouvert de trois couches de plomb. Les Bains retrouveront presque leur aspect d'origine.
PH. J.-CH. BAYON

À l'abri derrière sa bâche, le chantier de rénovation des Bains dunkerquois se menait jusque-là discrètement. Depuis peu, les 27 000 automobilistes qui passent par le pont Europe chaque jour ont vu apparaître un superbe bulbe en bois sur le toit. C'est pour l'instant l'élément le plus marquant de la première phase des travaux de remise en état des façades et des toitures des anciens bains.

Comme on peut le voir sur la photo ci-contre, le dôme est un des éléments marquants de l'édifice tel que l'a conçu, à la fin du XIXe siècle, son architecte Albert Baert. Son armature de bois sera recouverte de trois couches de plomb. En revanche, il ne retrouvera pas la grande cheminée-colonne et les deux piliers au croissant oriental des origines (voir ci-contre).

Voilà pour la partie «émergée» de la rénovation. Car pendant ce temps, sous la bâche et sur les échafaudages, la façade située entre la sous-préfecture et le coin du quai au Bois retrouve aussi une nouvelle jeunesse. Déjà, elle est en train de prendre une nouvelle couleur : la pierre a été grattée et regagne sa luminosité. Des hommes de l'art - toutes les entreprises qui travaillent sur le chantier sont spécialisés dans la réfection de monuments historiques - ont refait les céramiques vertes et bleues. Celles qui sont cassées sont remplacées, sinon les éléments d'origine sont conservés et rejointoyés. La mosaïque qui couvre la façade est elle aussi réparée avec de la pâte de verre, nettoyée. L'oriel (le bow window) a commencé à être démonté les boiseries, qui ont plutôt bien supporté les années, vont être traitées. Restera alors à refaire des pattes aux lions qui encadrent l'entrée. En septembre, cette belle façade devrait se redonner à voir.

À ce moment-là, la deuxième phase sera lancée, avec la réfection de la façade côté quai au Bois. La façade seulement car la toiture n'est là pas classée par les Monuments historiques. L'ensemble de la rénovation extérieure* devrait être terminé pour la fin d'année ou pour le début 2011.

Ensuite, quid de l'avenir du bâtiment, qui a un cachet, une magie et une histoire architecturale ? Actuellement, la ville est en train de réaliser un diagnostic de l'état intérieur des Bains, dans lequels on peut toujours voir le bassin et la verrière. L'idée de Maison de l'Europe et de l'international n'est pas abandonnée, confirme Vincent Leignel, adjoint à l'Urbanisme, «mais elle doit être étudiée. Et si un opérateur s'intéressait aux Bains pour redonner sens à l'histoire du lieu, on regarderait une autre piste pour la Maison de l'international». La prudence est de mise sur le futur des Bains, totalement enclavé dans un îlot déjà construit et donc pas faciles à retravailler.
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ANNICK MICHAUD

* Son coût global est de 534 000 E hors taxes, dont 300 000 E apportés par la Fondation du patrimoine.

in LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du 11 juillet 2010

mercredi 7 juillet 2010

en situation de péril imminent

Cela peut sembler absurde... Quel rapport entre les Pays-Bas Français et ces ridicules petites choses volantes ? Peu de choses, semble-t-il... Pourtant, elles tiennent nos vies entre leurs pattes... Ces abeilles nous sont indispensables, elles assurent la pollinisation de nos plantes et de nos cultures, autant les fleurs qui tapissent le bords de nos chemins que des champs qui nous nourrissent...
Alors, si l'on tolère encore chez nous que certains défoliants et autres pesticides anéantissent nos aimables auxiliaires agricoles, que nous restera-t-il? Croit-on se satisfaire des semences des grands grainetiers ou découvrira-t-on plus tard de vastes déserts à la place de nos champs et courtils? Au-delà d'une hypothètique pénurie de miel, refusons simplement que l'on importe disette et famine en décimants ceux qui assurent la reproduction de nos plantes...






Mamès Cosseron de Villenoisy, l’honneur de l’Armée Française

Oublié à Dunkerque où il est né en décembre 1821, ce polytechnicien fait carrière dans le Génie. Il participe aux guerres d’Algérie, au moment où la France s’intéresse aux colonies d’Afrique du Nord, on le retrouve sous les murs de Sébastopol qu’il assiège en 1854. La guerre de Crimée est une guerre lointaine et difficile.

La carrière sur les champs de bataille n’est plus à l’ordre du jour pour lui quand survient la guerre franco-prussienne. Professeur de fortifications à l’Ecole d’officiers de Metz, il est enfermé dans la ville avec l’armée du Maréchal Bazaine. Le Second Empire brûle ses derniers feux.

Le refus de la défaite
Pour lui, hors de question d’être prisonnier. Bazaine se rend quelques jours après l’Empereur qui a ouvert Sedan à l’ennemi, offrant 180.000 prisonniers aux Prussiens. Mamès Cosseron de Villenoisy s’évade à pieds, déguisé en civil et rallie le Luxembourg puis Bruxelles. Très actif, il publie quatre articles anonymes dans le journal «L’Indépendance Belge». Le jeune état, né en 1830, a échappé à l’invasion prussienne et accueille les transfuges français de tous ordres. Ses quatre articles sont publiés dans un ouvrage justement titré «La capitulation de Metz devant l’histoire», il ne peut supporter que le trop fameux Bazaine puisse s’en tirer à si bon compte pour avoir livré à la fois une ville fortifiée de premier ordre et son armée toute entière. Il poursuit néanmoins la guerre jusqu’à la capitulation définitive de la France. L’Homme est entier. Les responsables de la défaite restent impunis, la France est en majeure partie occupée, les cosaques campent sur les Champs-Elysées (et imposent le mot «bistro» dans les cafés et autres estaminets), les Prussiens exigent des indemnités d’occupation exorbitantes à une France exsangue… mais les chefs militaires coupables de trahison restent impunis. Il émet une vive protestation à l’Assemblée Nationale. Le coup politique est rude et lui vaut de durables rancœurs mais l’objectif est atteint : le procès de Bazaine s’ouvre en 1873. Le Maréchal est d’abord condamné à mort avec dégradation militaire mais sa peine est commuée en 20 ans de détention par le Maréchal-président Mac-Mahon qui, lui avait été battu à Sedan. Incarcéré à l’île sainte-Marguerite, face à Cannes, il s’évade en 1874 et s’enfuit en Espagne pour y mourir d’une congestion cérébrale en 1888.

Un confrère de Séré de Rivières

En 1873, Mamès Cosseron de Villenoisy est chef du Génie à Grenoble, il entreprend la fortification de la ville en la dotant d’une nouvelle enceinte, plus vaste, plus forte. La tâche est ardue car l’on sait l’importance qu’a prise en Europe le nouveau géant qu’est l’Allemagne, surtout depuis la proclamation du IIe Reich dans la Galerie des Glaces de Versailles le 18 janvier 1871. En 1881, il prend enfin sa retraite avec le grade de Général de Brigade. Malgré des drames familiaux (une de ses sœurs décède dans l’incendie du Bazar de la Charité le 4 mai 1887), la retraite reste active, en rédigeant des articles et des livres, notamment sur la fortification. Au terme d’une carrière remplie loin des rivages dunkerquois, il décède à Paris le 1er février 1903…

wallpaper 1440*900 : dénuement du Blootland


wallpaper 1440*900 : bunkerarchéologie nocturne


wallpaper 1440*900 : et Warhem porte le ciel


wallpaper 1440*900 : Flandre estivale


wallpaper 1440*900 : aux derniers feux du jour


wallpaper 1440*900 : calme vespéral


wallpaper 1440*900 : un seul rai de lumière suffit


wallpaper 1440*900 : onde apaisante


wallpaper 1440*900 : charmes du passé


vacances bouleversantes







quand le soleil chauffe les plages flamandes...




















... tous ne songent pas à la farniente...