La suite d'Histoires du Nord ...

jeudi 30 septembre 2010

à propos du mois d'octobre 2010

Voici octobre. L’heure est à la nostalgie. La lumière devient rasante. Les brumes matinales ou vespérales créent une atmosphère de douceur et d’intériorité propice à la paix. L’été est derrière nous. C’est le temps des ultimes flamboiements. Les feuilles commencent à tourbillonner tristement. Les semailles débutent. Le soleil quitte l’hémisphère Nord et perd de sa vigueur. L’arrière-saison s’installe. La beauté de la campagne aux riches couleurs incite à la méditation.

« Le vent fera craquer les branches

La brume viendra dans sa robe blanche

Y aura des feuilles partout

Couchées sur les cailloux

Octobre tiendra sa revanche

Le soleil sortira à peine

Nos corps se cacheront sous des bouts de laine

Perdue dans tes foulards

Tu croiseras le soir

Octobre endormi aux fontaines »

chante si bien Francis Cabrel.

Les bacchanales des Romains et des Grecs qui fêtaient le dieu des vendanges Bacchus ou Dionysos, ont disparu, supprimées par le concile de Constantinople, car trop marquées par trop de débordements.

Les Égyptiens célébraient eux, la « fête du bâton du soleil ». Personnifié par le dieu Râ, le soleil déclinant à l’horizon depuis l’équinoxe d’automne, était censé avoir besoin d’un soutien !

La lune qui nous donne toujours de bonnes indications sur le temps comme nous l’avons vu en septembre, sera descendante du 1er au 12 de ce mois. Ne confondons pas, je le redis une fois encore, lune décroissante (le cercle lumineux de la lune devient chaque jour plus petit) et descendante (c’est à dire que jour après jour elle se trouve plus bas vers l’horizon). Ce sera le moment idéal pour mettre en place les bulbes pour le printemps prochain, pour repiquer les bisannuelles que vous avez semées en août, pour installer les groseilliers et framboisiers, pour ouvrir les trous destinés à recevoir en novembre ou décembre, après la sainte Catherine, les arbres fruitiers que vous voudrez planter. En lune descendante la terre absorbe mieux les engrais organiques, l’enracinement se fait mieux notamment parce que la sève des plantes redescend : « En octobre qui ne fume rien n’a rien ». Les feuilles des arbres privées de cette nourriture, vont tomber. Le 1er octobre pour la fête de saint Rémi, cet aristocrate du Ve siècle, né à Laon et devenu évêque de Reims, non seulement : « A la saint Rémy la chaleur est finie » mais « A la saint Rémy de semer on doit avoir fini » .C’est une période favorable aux premières tailles ou pré-tailles, notamment pour les haies. Il faut bien vite cueillir les derniers fruits, pommes, poires et coings avant les premières gelées qui se produiront immanquablement après la pleine lune du 23, et le nœud lunaire du 28, en lune montante. Il est conseillé de le faire avant le 5: « A la saint Placide le verger est vide ». Ce saint est une victime des pirates qui sévissaient en Méditerranée et sur les côtes de Sicile au VIe siècle. Octobre est une période de gros travaux dans les champs : « octobre le vaillant, surmène le paysan ». Nous sommes depuis la saint Michel de septembre dans le nouvel an agricole.

Le nouveau mois lunaire est le 6 avec une courbe lunaire au périgée. Ce n’est jamais une bonne période pour du beau temps. Le coefficient des marées est assez élevé le 8 avec plus de 111/112. Aussi les dictons redoublent d’appel à la prudence et à l’observation du temps qu’il va faire. Le 7 pour la saint Serge: « A saint-Serge, achetez vos habits de serge ». Quant à Saint Denis, premier évêque de Paris, célébré le 9, c’est un « jour d’ajet », un « jour de sort » ou « jour mâle » qui nous donne des indications sur l’hiver à venir : « Regarde bien auparavant et après la saint Denis les jours : si tu vois qu’il gèle blanc, les vieux assurent que toujours le semblable temps tu revois pendant un, deux, ou trois mois ». Ce que corrobore plusieurs autres dictons « Beau temps à la saint Denis, hiver pourri » ou « s’il fait beau à la saint Denis l’hiver sera bientôt fini » et aussi : « A la saint Denis le vent fait son nid » ou encore, et on peut le redouter : « Quand il pleut à la saint Denis, la rivière sort neuf fois de son lit ». Le 10 octobre pour la saint Ghislain, apôtre du Hainaut, invoqué contre l’épilepsie, « Temps sec à la saint Ghislain, nous annonce un hiver d’eau plein » ou « Brumes d'octobre, pluie de novembre, font ensemble un bon décembre ». Chacun peut y retrouver son compte ou interpréter à sa façon !

Pour les amateurs de champignons, si l’automne et octobre sont une bonne période pour leur cueillette, il faut attendre après le 12. Les champignons sont en gestation en nouvelle lune (le 6), spécialement si elle est en courbe montante ; ils poussent vers le 5 ème jour, tendres et charnus, (la lune deviendra montante le 12, ce qui est bon signe), et ils seront magnifiques à la pleine lune du 23 ou peu avant. Après ils se dessècheront.

Octobre, comme la plupart des mois de notre calendrier a non seulement sa marque de fabrique chez les Romains, pour lesquels il était le 8 ème mois de l’année, mais il est aussi marqué, du moins en France et dans tous les pays qui ont adopté la réforme « grégorienne » dès qu’elle a été mise en place, par le fait « historique » qui a fait supprimer d’un coup de crayon, dix jours du mois d’octobre 1582 , entre le 5 et le 15 de cette année là. On notait alors un important décalage de 10 jours dans le calendrier « julien » et cela avait une répercussion sur la date de Pâques telle qu’elle avait été fixée par le concile de Nicée en 325. D’où toute une série de répercussions sur les autres fêtes. Après de longues discussions et d’interminables palabres, sur la foi des savants calculs de Christopher Clavius dit Clavio et de Aloïsius Lilius dit Lilio, il fut décidé, pour rattraper ce décalage, de supprimer dix jours du calendrier. La bulle « Inter gravissimas » du 24 février 1582, de Grégoire XIII, ( les bulles des Papes ne portent pas que sur des sujets de dogme !) fixa cet ajustement entre le 4 et le 15 octobre 1582. Le problème, tant pour les généalogistes que pour les historiens, c’est que tous les pays n’ont pas adopté la réforme à la même date ni au même mois et donc que, sur dix jours calendaires, au rythme des dates de mise en application de ces ajustements il ne s’est rien passé puisque ces jours n’ont pas existé. Ce qui complique encore plus !

Les pays protestants orthodoxes ou musulmans n’appliquèrent pas cette réforme parce qu’elle venait d’un pape. « Les protestants aiment mieux être en désaccord avec le Soleil qu'en accord avec le Pape. » écrivait le savant Kepler. Et Voltaire disait : « Il vaut mieux avoir tort contre le pape que raison avec lui ».

En Italie, en Espagne, au Portugal et au Brésil sa colonie, en Pologne et en Autriche, ces dix jours rayés du calendrier furent appliqués entre le 5 et le 15 octobre. En France, les lettres patentes du Roi Henri III imposèrent l’application de la réforme en décembre 1582, et du 9 décembre on passa au 20 décembre, ce qui explique le fameux dicton de la sainte Luce dont j’ai souvent parlé, qui du 23 décembre veille du solstice alors fixé au 24 décembre passa au 13 décembre. Ne cherchez donc pas dans l’histoire de France ce qui s’est passé entre ces deux dates, ou des dates de naissance de vos ancêtres ou autres évènements les concernant pour cette année là.

Cette réforme bien justifiée puisqu’il s’agit de se référer le plus près possible de la course du soleil qui gouverne nos jours et nos nuits, du fait de entrée en vigueur à des dates fort différentes dont je vous épargne l’énumération, entraîna toute une série d’anomalies dont la plus évocatrice est la date de la mort de Cervantès et de Shakespeare le même 23 avril 1616. Mais l’Espagne et l’Angleterre ne se référaient pas alors au même calendrier, ils ne sont pas de fait décédés le même jour.

C’est cela qui nous vaut par exemple de parler encore en Russie de la révolution d’Octobre qui a eu lieu en novembre. C’est encore la raison des différences de dates entre les cérémonies catholiques et orthodoxes, Noël et Pâques. Dans ses Essais, Montaigne mentionne les difficultés que ses contemporains ont éprouvées pour passer progressivement au nouveau calendrier.

Heureusement le calendrier grégorien est rarement utilisé de façon rétroactive. En Histoire, on se réfère au calendrier « julien » pour la période précédant 1582. Ainsi, dans la plupart des cas, les dates concernant les événements antérieurs à l'adoption officielle du calendrier « grégorien » sont des dates du calendrier « julien ».

Je souligne seulement que les calculs pourtant si précis des savants auteurs du calendrier « grégorien », comporte encore une « légère » erreur parce qu’ils ont négligé l’application des décimales. Tous les 400 ans il y a un décalage de 0,12, ce qui cumulé, finira par faire un jour entier d’avance, en 4915 ! Il faudra s’en souvenir n’est-ce pas ! et ce malgré l’application du système du jour bissextile de février qui vient, selon une règle compliquée, corriger les calculs. Compliquée car ce n’est pas systématiquement tous les quatre ans, je l’ai expliqué en particulier pour l’an 2000. De fait pour parer à cette difficulté, on opère actuellement à des réajustements de l’heure officielle dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier pour tenter de rester en phase avec le soleil. Cela s’est déjà produit les années précédentes. Il est vrai que cette nuit-là nous pensons souvent à autre chose !

Octobre c’est encore le changement d’heure dans la nuit du 30 octobre cette année, ce qui nous plongera plus vite encore dans la nuit de l’hiver désormais bien proche, et qui justifiera la trop fameuse nuit d’Halloween, pour laquelle je vous renvoie à mes chroniques précédentes.

C’est dans ces dates que le célèbre Microsoft nous annonce la mort programmée depuis 2008 de son windows xp qui ne sera plus vendu préinstallé. Mais pas de panique… il continue de bien fonctionner encore et pour quelques années.

Voila ce que j’avais envie de vous dire sur ce mois d’octobre 2010. Demain commencent les longs jours d’octobre si bien chantés pas Anne Vanderlove :

Les feuilles sèches craquent dans les rues

Le vent les fait danser, tourbillonner

Les longs jours d'octobre et leur farandole,

Les longs jours d'octobre sont revenus

Le vent les fait danser, tourbillonner,

Nous irons dans les bois cueillir des feuilles,

Les oies sauvages en bandes s'envolent,

Les longs jours d'octobre sont arrivés !

Ce midi nous avons pu voir au journal télévisé les vols de flamants rose sur la Camargue. Ils ne savent pas lire le calendrier, qu’il soit « julien » ou « grégorien », « lunaire » ou « solaire ». Il y a des signes qui ne trompent pas !

Aussi je ne saurai trop vous recommander d’être prévoyant pour les jours qui arrivent avec ce vieux proverbe du midi : « Oou mes d’octobre, qu’a ge de raoubo, que n’en trobe » ; en gros si vous n’avez pas de quoi vous habiller pour vous protéger du froid qui va immanquablement arriver, prenez vos dispositions !

Addissias !

Jean Mignot le 30 septembre 2010

mercredi 29 septembre 2010

Saint-Laurent, général oublié

Né à Dunkerque en 1763, le jeune Louis Joseph Auguste Gabriel Saint-Laurent connaît une carrière exemplaire sous la Révolution et l’Empire. Lieutenant dans le Régiment de Metz-artillerie en 1781, Saint-Laurent est des campagnes d’Espagne de 1782 et 1783. Son escadre est commandée par Viallis puis d’Estaing.

Le 1er mai 1789, il est nommé capitaine. Artilleur, il sert à l’armée de l’Intérieur en 1792 et 1793 avec sous ses ordres un équipage de 150 bouches-à-feu cantonné à Saint-Denis… Ses qualités sont remarquées en ces temps si troublés. Nommé en l’an II chef de bataillon sous-directeur d’artillerie à Strasbourg, on lui confie à l’armée des côtes de l’Ouest un corps de 2.500 hommes. L’année suivante, il exerce les fonctions de directeur d’artillerie et des Parcs. L’an IV le voit de retour à l’Armée de l’Intérieur, en l’an V, il est de la Première division militaire, l’année suivante, il est à Paris puis à l’armée d’Angleterre et en l’an VII, à Mayence, puis à l’armée d’observation du Danube et du Rhin. C’est que les voisins de l’Empire sont vindicatifs, l’Empire né de la Révolution doit disparaître pour éviter que l’Ogre Napoléon ne dévore toute l’Europe…

L'éternité pour Saint-Laurent sous l'Arc de Triomphe





Une reconnaissance méritée

Le courage de Saint-Laurent est reconnu. En l’an VII, le général Muller demande pour lui et obtient une arme d’honneur pour récompenser sa conduite exemplaire lors de l’explosion d’un magasin de poudre au fort de Landau.

Il reste attaché aux armées du Rhin, des Grisons puis des côtes de l’Océan six ans durant. Le 11 fructidor an XI, il est élevé au grade de Général de Brigade. L’expérience du feu, ses actes de bravoure lui valent l’année suivante de devenir le commandant de l’école d’artillerie de Rennes, puis, une promotion venant rarement seule, il est membre de la Légion d’Honneur… Les années passent vite, les affectations se suivent. On le retrouve ainsi à la Grande armée jusqu’en 1808, puis l’année suivante dans l’Armée du Nord.


En le nommant Général de Division en juillet 1807, l’Empereur lui octroie le titre de Baron de l’Empire en 1810 et lui offre une dotation de 10.000 francs sur un domaine de Westphalie.


Comme nombre de ses confrères, il est de la guerre d’Espagne en 1812 et 1813, année à laquelle il quitte la péninsule ibérique pour l’Italie où le Prince vice-roi le décore de l’ordre de la Couronne de Fer, ajoutant une gratification et son portrait… Actif, il réussit à conserver à la France l’impressionnant parc d’artillerie que la Nation a encore en Italie…


En 1814, alors que l’Empire vit ses dernières heures, il est fait Grand Officier de la Légion d’Honneur, il est admis à la retraite en décembre… La retraite semble longue mais méritée. Il décède le premier septembre 1832 laissant un dernier souvenir aux Parisiens : son nom est gravé au côté sud de l’Arc de Triomphe de Paris…

jeudi 23 septembre 2010

nocturne rexpoedoise


wallpaper 1440*900 : saint amer


Et le clocher de Rexpoede de se transformer en amer...

La Flandre à la Peene


S’il n’y avait une Maison consacrée à la troisième bataille de Cassel à Nordpeene (sise 200, rue de la Mairie), bien peu de gens se souviendraient de cet affrontement majeur des guerres de Hollande qui se déroulent de 1672 à 1678.



Les Provinces-Unies, jeune République jalouse de ses libertés, redoutent l’extension française au Sud des Pays-Bas. La France veut protéger Paris car il n’est nul obstacle entre la capitale et les terres espagnoles de Flandre. Il faut faire reculer la frontière plus loin au nord. La position néerlandaise est claire : « Gallus amicus, sed non vicinus », le Gaulois ami mais non voisin ! Comme si cela ne suffisait pas, les Français engagent une guerre commerciale contre les Provinces-Unies et le conflit religieux entre catholiques français et Protestants néerlandais s’envenime… Il n’en faut pas plus pour qu’une coalition naisse, rassemblant les Provinces-Unies mais aussi le Saint-Empire Romain Germanique, l’Espagne, la Lorraine et le Danemark. La France est cernée et presque constamment en guerre.



Une bataille terrible

Louis XIV continue d’établir son Pré Carré : après le rachat de Dunkerque en 1662 et la conquête de Lille, Douai et Orchies en 1667, il emporte Cambrai, Valenciennes et Saint-Omer en 1677, dernière place espagnole en Artois. Il n’y a plus alors d’enclave ennemie dans la frontière ! Le Prince d’Orange, à la tête des Provinces Unies, doit immédiatement secourir la cité audomaroise. Il rassemble ses troupes près d’Ypres : 20.000 fantassins et 10.000 cavaliers suivent son étendard. Le 9 avril, il cantonne à Saint-Marie-Cappel. Le lendemain, il décide de contourner Cassel par l’Ouest, se rend à Bavinchove et Zuytpeene. Il dresse son campement entre ce dernier village et Noordpeene. Le voilà donc à moins de deux kilomètres des Français. Etabli sur la rive droite de la Peene Becque, il se prive d’une possibilité de retraite mais il est difficile de ne pas trouver de rivière dans cette partie de Flandre.


Le 10 avril à midi, son armée fait enfin face aux troupes françaises menées par Monsieur, le frère du Roi, protégées par les marécages. Avant toute chose, Le Prince d’Orange veut secourir Saint-Omer. Pour cela, il ordonne à ses dragons de prendre l’abbaye de Peene mais il rencontre trop d’obstacles et se trouve obligé de livrer bataille. Fort de ses 30.000 hommes, il sous-estime le Prince d’Orléans…


A l’aube du 11 avril, au point du jour du dimanche des Rameaux, ses troupes sont dans la plaine, empêchées de faire mouvement à cause de la Lyncke, un simple ruisseau qui lui barre le passage. Comme si cela ne suffisait pas, les terres gorgées d’eau par les pluies incessantes du printemps ralentissent ses hommes. Ils pataugent littéralement ! Comme ce fut déjà souvent le cas auparavant, l’eau, les watergangs et les marécages sont d’autant d’acteurs inespérés qui bouleversent les plans de bataille.



Les Français prennent l’initiative.

Au début de l’après-midi, le Maréchal d’Humières mène l’attaque à droite mais, malgré la résistance hollandaise, il pousse son infanterie alors que le Maréchal de Luxembourg progresse à gauche. Les Français redoublent d’ardeur et assaillent rudement les Coalisés pris en tenaille. Les assauts furieux se répètent ! A la fin de l’après-midi, le champ de bataille, couvert de corps, ne résonne plus que des râles des mourants et des blessés: les Hollandais se sont enfuis vers Abeele et Poperinge… Ainsi, parce que Guillaume d’Orange a surestimé ses forces, les Châtellenies de Cassel, de Bailleul et d’Ypres achèvent de dessiner une frontière qui ne changera pratiquement plus et qui offre la Flandre définitivement à la France.

mardi 21 septembre 2010

un peu plus sombre, un peu plus dur


Rexpoede, soirée du 18 septembre 2010... Fin du festival "du Métal à la campagne" avec Loudblast. Ne vous étonnez pas de les trouver sur ces pages. 25 ans de carrière déjà pour ce groupe à l'origine lillois, mené de main de maître par Stéphane Buriez, toujours aussi fort. Perdue la longue crinière déployée sur scène. Pourtant, phare du Métal septentrional, leurs concerts drainent toujours autant de fans...

Heureux de les avoir retrouvé, je me permets de vous laisser ici un aperçu du maëlstrom technique...










vendredi 17 septembre 2010

Journées du patrimoine 2010 au fort de Leveau (Feignies)

Le dimanche 19 septembre, de 9h à 18h, le fort de Leveau ouvrira gratuitement ses portes à l’occasion des journées du Patrimoine. Toute la journée, les bénévoles de l’association proposeront aux personnes qui le désirent des visites guidées du site.

Le musée et le mémorial Patton seront bien sûr également en accès libre. Venez donc découvrir la tranchée, la chambrée ou le magasin vivres fidèlement reconstitués.

Cette année 2010 étant marquée par le 70ème anniversaire de la campagne de France, deux expositions provisoires vous sont également proposées.

La première, mise en place par l’association, vous présentera l’histoire du secteur fortifié de Maubeuge de sa construction aux combats de mai 1940.

La seconde exposition, prêtée par la maison natale Charles de Gaulle de Lille, est consacrée à l’appel du 18 juin 1940.

Renseignements : Association Sauvegarde du fort de Leveau, Tel : 03-27-62-37-07, fortdeleveau@wanadoo.fr

Maud Tamer veut qu'on respecte sa propriété, même s'il s'agit du « joyau d'Esquelbecq »


L'actuelle propriétaire du château d'Esquelbecq, Maud Tamer, ouvrira les grilles du monument à l'occasion des Journées du Patrimoine. Sur la rénovation du «joyau patrimonial» de la commune, elle reste ferme : «j'y arriverai, mais je suis chez moi et je ne veux pas qu'on m'embête».

PAR ESTELLE JOLIVET PHOTO JEAN-CHARLES BAYON

«Mon père disait toujours : "Un homme sans racines est un homme mort".» Maud Tamer s'accroche aux siennes, de racines. Celles d'une famille de notables flamands originaires de Wormhout, les Morael, qui ont laissé à la postérité une batterie de maires et de conseillers généraux.

Le destin des Morael est lié à Esquelbecq depuis 1945, date à laquelle le père de Maud rachète le château. Conséquence peut-être de la perte de la maison familiale wormhoutoise, incendiée et bombardée en 1940. «Ce château, j'y viens depuis que j'y suis toute petite , confie Maud Tamer, qui en a hérité en 2000. J'adore ma bicoque. C'est mon havre de paix. À partir du moment où je ferme ma porte, je suis sur ma presqu'île.» La châtelaine réside à Paris mais s'offre des séjours prolongés à Esquelbecq, surtout à la belle saison. Elle assume un côté parfaitement bohème. A aménagé un atelier dans l'une des dépendances, où elle écrit et transforme des objets chinés sur les brocantes. A adopté un couple de gallinacés à la mort du bouc employé «comme chien de garde » et dans l'espoir de pouvoir, un jour, voir un chameau se balader entre les allées du jardin. « Dans la vie, il faut tourner les choses en burlesque, sinon vous êtes mort», aime-t-elle répéter.

Sa légèreté cohabite avec un caractère entêté, qui se réveille dès que la conversation s'égare autour du château. «Quand le donjon s'est effondré, en 1984, je me suis dit : "maintenant, il faut être présent"». Le jour de la catastrophe, elle aurait dû être dans l'une des ailes. Mais la gouvernante de sa mère avait insisté, la veille, pour qu'elles repartent à Paris. « Je l'appelais Colonel Claire. Elle m'a sauvé la vie".

Après avoir tenu quelques années l'auberge du château, sur la place Bergerot, Maud Tamer se concentre désormais sur la réfection des dépendances et l'entretien des jardins, où elle a planté elle-même les rosiers et l'allée d'hortensias. Les soins apportés à la propriété ont fait office de thérapie, notamment après la mort de sa fille, en 2005.

Mais bien que l'aile nord ait été consolidée, bien que la toiture de l'auberge ait été entièrement refaite, le château se trouve dans un état avancé de délabrement, une fois franchi le pont-levis. «Il faudrait l'habiter mais j'ai du mal à y aller , avoue la propriétaire. Il faudrait en plus tout sécuriser, c'est compliqué.» Maud Tamer imagine mal, aussi, un château "portes ouvertes" coù se promèneraient les visiteurs. «Il ne faut pas vider ce château de sa mémoire , de son essence». Malgré les attentes parfois pressantes des Esquelbecquois qui aimeraient booster le développement touristique de la commune, malgré les grappes de touristes avides qui s'accrochent chaque semaine à ses grilles, malgré les mises en garde de ses amies devant le chantier titanesque que représente la rénovation du château, Maud Tamer veut rester maîtresse chez elle. «J'en ai déjà fait pas mal en dix ans, se persuade-t-elle. J'y arriverai, mais je ne veux pas qu'on m'embête.» •

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Un château unique en Flandre

Classé monument historique en 1987, le château d'Esquelbecq est entouré par un bras de l'Yser, qui alimente les douves, et par des jardins à la française dont le tracé n'a pas été modifié depuis le XVIIe siècle.

Les historiens supposent qu'une première forteresse en bois avait été érigée là au IXe siècle, pour faire face aux invasions normandes. Mais son allure actuelle date du début du XVIIe siècle, grâce aux travaux de restauration entrepris par le baron Philippe de Guernonval. On raconte que Louis XIV y a séjourné durant la campagne de Flandre et que le poète romantique Alphonse de Lamartine y a souvent résidé. Le donjon de l'édifice, qui fut l'un des derniers construits en France, n'est plus, depuis le terrible effondrement de septembre 1984, qui avait endommagé une partie de l'aile nord.

Le château en lui-même ne se visite pas mais l'ouverture de la propriété permettra, ce week-end, d'admirer de plus près divers monuments du parc : le colombier, qui date de 1606, la conciergerie de 1590 et l'auberge du château (1615), dont le pignon est orné de signes runiques.

in LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du 17 septembre 2010

mercredi 15 septembre 2010

Michel de Swaen ou l’amour des Belles Lettres

Michel de Swaen est né à Dunkerque en 1654. La ville devient française en 1662 mais il faut du temps pour que Dunkerque cesse de parler flamand… La langue disparaît définitivement des rues vers la fin du XIXe siècle. C’est donc tout naturellement que Michel de Swaen rédige pièces et poèmes en flamand. L’homme voyage, notamment aux Provinces-Unies où il rend visite à son fils exilé. Il aime particulièrement l’atmosphère de liberté qui y règne alors que les Pays-Bas du Sud connaissent les affres de la guerre. C’est que Louis XIV ne cesse d’agrandir son « Pré Carré ».

L’homme est un savant : chirurgien et quincailler de profession, on le compte parmi les magistrats de la ville. Membre de la « Rederijskammer », la Chambre des rhétoriciens de Dunkerque, il est un fin lettré et bon orateur et comme ses confrères, ses écrits sont fortement teintés d’Humanisme. En 1687, il se voit décerner le titre de « Prince de la rhétorique de Dunkerque » et entretient d’étroites relations avec les autres chambres de rhétorique de la Grande Flandre. Il refuse cependant que ses œuvres soient publiées. C’est sans son autorisation de ses traductions d’ « Andronic » de Campistron et surtout du « Cid » de Corneille – qu’il a remis à l’intendant de Louis XIV – sont diffusées dans le grand public. La plupart de ses œuvres passent à la postérité à titre posthume. L’abbaye saint-Winoc à Bergues conserve ses ouvrages mais peu sont sauvés de la tourmente révolutionnaire.

Intéressé par l’Histoire, ses textes consacrés à l’Empereur Charles Quint exaltent le sentiment d’être flamand et catholique, au point que certaines de ses pièces sont encore jouées aujourd’hui. Refusant les particularismes, il n’écrit pas en flamand dialectal. Pour lui, tous les membres de la communauté doivent pouvoir accéder à son œuvre. Déjà l’on peut parler d’universalisme !

Nul doute qu’il n’aurait pas apprécié la polémique autour du collège qui portait son nom en 2007. Que son patronyme reste accolé à un centre de Documentation, quelle plus belle preuve de considération pour un lieu où forcément les enfants découvrent les Belles Lettres ?

mardi 14 septembre 2010

Disparu en plein ciel de gloire ... Dunkerque commémore le Capitaine Guynemer









Rangs serrés, tenues impeccables, drapeaux claquant au vent au pied de la statue de Guynemer à l’entrée du quartier du Grand Large, comme chaque année depuis 93 ans, l’Armée de l’Air se souvient du jeune capitaine de 23 ans disparu dans le ciel de Poelkapelle, en Belgique. Parti le matin du 11 septembre 1917 du terrain de Saint-Pol-sur-Mer, il ne revint jamais. C’est alors que l’homme est entré immédiatement dans la légende! Enterré par les Allemands, on ne retrouva jamais son corps, emporté dans le déluge de feu d’une préparation d’artillerie alliée. Nous sommes encore dans la bataille des Flandres. Quelques jours plus tard, c’est un cercueil vide qui fait son entrée au Panthéon, pour perpétuer le souvenir de Guynemer dont « la coupole n’est pas assez large pour ses ailes ». La France porte le deuil !


Que dire de Guynemer qui n’ait déjà été écrit ? Ne revenons pas sur l’homme qui, refusé par l’armée car trop chétif, entra par la petite porte comme volontaire et qui à force d’opiniâtreté, devint l’As des as des pilotes français au point de faire oublier Fonck, le plus titré d’entre eux. Mais Fonck, lui, avait survécu à la guerre. L’Armée de l’Air l’honora immédiatement, l’Ecole de l’Air fit sienne sa devise « Faire Face » et la première promotion d’élèves pilotes, en 1935, adopta le nom de ce prestigieux parrain. Comment ne pas remarquer dans l’assistance en rangs impeccables devant le Monument dunkerquois, le général Lasnier-Lachaise, ultime survivant des 57 élèves de cette première promotion ? Et de se souvenir que si les aviateurs portent la cravate noire, c’est pour porter le deuil du Capitaine de l’escadrille SPA3.Depuis, chaque année, sur toutes les bases aériennes, est lue la dernière citation de ce Chevalier du Ciel qui refusait le combat lorsque l’adversaire n’avait plus de munitions.

Coup de chance ou signe de Notre-Dame de Lorette, patronne des aviateurs, il fait un soleil radieux au pied de la courtine du bastion 32. Le Comité franco-belge du Souvenir Guynemer et les associations d’anciens comme des élèves des écoles de l’Air s’étaient déplacées pour honorer le héros au pied de la statue que les plus anciens ont connu avant la dernière guerre sur la digue de Malo.


Un détachement de la base aérienne 103 de Cambrai, accompagné du Fanion de la SPA 3, l’unité de Guynemer, ont rendu les honneurs militaires après avoir été passées en revue par le Colonel Gernez, commandant la base de Cambrai en présence des autorités parmi lesquelles le commandant d’armes le Capitaine de Frégate Leprince, lui même pilote de l’aéronautique navale. Devant les drapeaux des associations patriotiques, des députés-maires MM Delebarre et Hutin et de M. de Perthuis, petit-neveu du pilote, le capitaine commandant la SPA3, successeur de Guynemer a solennellement lu la dernière citation du héros, prenant la suite du Général Peron. Enfin, de nombreuses gerbes ont fleuri le pied du monument. Les hymnes nationaux closent alors la cérémonie qui s’est poursuivie à l’Hôtel de ville par les discours, remises de cadeaux et surtout le verre de l’amitié, dans la grande tradition dunkerquoise….

mercredi 1 septembre 2010

wallpaper 1440*900 : envie de promenade


Cornil Saus, une vie au service du Roi...


Cornil Saus voit le jour en 1659 dans une ville de Dunkerque soumise aux Anglais, conformément aux accords passés avant la bataille des Dunes du 14 juin 1658. Qu’importe, il ne reste pas longtemps sous la férule de la perfide Albion, Louis XIV rachète la ville en 1662… et en fait une cité dévouée corps et âme à la couronne de France.

Des promotions rapides
En mai 1689, Cornil obtient son premier commandement en guerre. Les débuts doivent être épiques car la Sottise n’est qu’une chaloupe de huit tonneaux. Cela n’effraie que ceux qui connaissent la hargne dunkerquoise à s’attaquer souvent à plus gros qu’eux. Qu’importe l’esquif, il montre vite sa bravoure. En 1692, le voilà nommé commandant du Dauphin. Un navire qui ne jauge que 50 tonneaux mais avec lequel il accompagne Jean Bart dans sa campagne en Baltique. Bien lui en prend, il ne ramène pas moins de 100.000 livres de prises. Cornil n’hésite pas à affronter le feu ennemi : en 1693, il est grièvement blessé lors d’un combat contre une frégate anglaise de 21 canons. Sa conduite bénéficie d’une telle renommée que Louis XIV lui-même lui envoie une médaille en récompense de sa bravoure. Comme tous les Corsaires dunkerquois, il profite des rares périodes de paix pour naviguer au commerce. La guerre, finalement, n’est qu’une activité parmi d’autres et nos marins et capitaines doivent bien travailler quand les canons se taisent.

L’année 1703 est éprouvante. Il croise dans le Pas-de-Calais sur le Soleil. Voilà un vaisseau digne de son commandement : 120 tonneaux, 18 canons et 140 hommes… mais le 2 octobre, il affronte une frégate anglaise. On imagine difficilement le choc de ces batailles, entre la mitraille et les boulets, les balles de mousquets, la fumée, le sang… et le choc des abordages ! Au cours du combat, une balle lui transperce la joue mais il tient bon et continue de se battre au côté de ses marins.


Remarqué par le Roi
Le marin jouit d’une bonne, d’une excellente réputation même. En 1706, Louis XIV lui fait envoyer une épée, distinction sans égale alors, si ce n’est l’anoblissement… 1709 est, elle, une année encore marquée par la guerre de course. Il profite pour faire de nombreuses prises dans la Manche grâce l’Auguste, fort de 56 canons. La même année, il reçoit le grade de Capitaine de frégate légère. Deux ans plus tard, il est fait Capitaine de Vaisseau. Avec le nouveau grade viennent de nouvelles responsabilités. On place sous ses ordres une escadre de six navires, rassemblant une puissance de feu de 274 canons et 2.290 hommes. Avec eux, il fait des ravages dans l’Atlantique. La vie à bord est dure, dangereuse et finalement brève. En 1712, il rentre au port très malade et affaibli. Veuf, qui peut l’attendre ? Il donne ses biens à l’Hôpital et s’y retire. Il finit même par en prendre la direction. La retraite ? Quelle retraite ? Rester à terre, certes mais il n’en continue pas moins de participer à la vie de sa cité où il rend le dernier soupir le 23 janvier 1738 puis est mis en terre dans l’église Saint-Eloi… Le Ministre Pontchartrain en fit un éloge simple mais terrible : « Flamand sans aucun extérieur mais qui excelle en deux choses : qu’il n’aime pas la rade et qu’il n’est pas pillard »…