La suite d'Histoires du Nord ...

mercredi 2 février 2011

Avoir 16 ans et oser dire non

Né à Rosendaël le 24 décembre 1924, Pierre Léostic aurait pu vivre la jeunesse de nombre de ses camarades dans une France occupée, à courir aux abris et à se soumettre aux Allemands. Le fils du contrôleur en chef des douanes décide de s’engager pour la France Libre en décembre 1940. 16 ans, c’est jeune pour prendre les armes. Qu’importe, capituler est hors de question ! Son père resté à Dunkerque, il laisse sa mère et ses quatre sœurs en Bretagne et rallie l’Angleterre à bord d’un navire anglais qui le prend en charge avec des Brestois à Ouessant. Solide gaillard, bien bâti, il ment sur son âge… Du haut de son 1,86 mètres, il veut en découdre, personne ne vient remettre en cause sa détermination ni son âge ! Ayant jeté sa carte d’identité, plus personne ne peut vérifier ses dires. Il est enrôlé comme chasseur-parachutiste et passe rapidement caporal. En juin 1942, sa compagnie rejoint les troupes de chocs anglaises chez les SAS, le Special Air Service et part en Egypte.

Pierre Léostic (2e à partir de la droite) ou le don de soi


Dernière rafale

Les Allemands ont délogé les Alliés de Grèce et de Crète depuis juin 1941. Un an plus tard, Léostic et ses compagnons quittent l’Egypte. Ils débarquent d’un sous-marin britannique pour saboter la base aérienne d’Héraklion. Les hommes ont été avertis : la mission sera pénible et peu d’entre eux ont de chances de rentrer. Le coup de main est un succès : 22 avions allemands sont détruits, autant de menaces de moins pour les convois qui ravitaillent Malte. Or Malte doit absolument tenir ! Le commando ne peut pas repartir. Auraient-ils été dénoncés ? Ils sont rattrapés au soir par deux colonnes allemandes qui les encerclent. Les SAS tentent de s’échapper par le sud mais là aussi arrive un nouveau groupe ennemi. Les parachutistes attendent pour ouvrir le feu. Le jeune Pierre cherche une meilleure position de tir. Il tire mais il est presque immédiatement atteint par une première rafale de mitrailleuse… Il se relève et retire mais une nouvelle rafale l’achève. Mis à l’honneur par le Capitaine de Frégate Denis Leprince, commandant d’armes de Dunkerque, le souvenir de Pierre Léostic sort enfin de l’ombre et rappelle qu’en certaines circonstances, on peut être sérieux à 16 ans.

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