La suite d'Histoires du Nord ...

mercredi 2 février 2011

L'héritage de Cobergher

Le Mont-de-piété, à Bergues...

... Comme à Arras ou ailleurs...


Les Archiducs ont eu aux Pays-Bas une politique d’apaisement des conflits religieux mais aussi des tensions sociales et économiques nées des conflits. Dire que les Pays-Bas furent le terrain d’une expérimentation sociale ne semble pas tout à fait incongru si l’on tient compte des efforts des Gouverneurs de briser l’étreinte bancaire des Italiens, maîtres du crédit et donc des taux d’intérêts pratiqués, souvent proches de l’usure. Il faut donc accepter l’idée que les Pays-Bas, dont les marins sillonnent toutes les mers et les négociants présents sur les places du monde entier, profitent de l’expansion liée aux débouchés des empires habsbourgeois mais que cette croissance reste par trop inégale. L’économie redevenue florissante, les conditions économiques s’améliorant permettent de mettre en lumière les convoitises que suscitent les Pays-Bas. Il faut aussi, loin de la pensée de l’Ecole des Annales, s’attacher à la figure des Archiducs comme de Cobergher, décisifs dans la mise en place de ce « crédit social » pour ensuite se consacrer au Mont-de-piété en tant qu’institution. Celui-ci est une réponse adaptée à la précarisation de la société du XVII° siècle. Enfin, il faudra s’interroger sur la pérennité du prêt sur gage alors que nos économies sont elles aussi en crise profonde, économique, sociale et sociétale.

Charles Quint, empereur germanique et flamand

Depuis l’abdication de Charles Quint en 1555, la Flandre, tout comme les Pays-Bas, est tombée dans les possessions des Habsbourg d’Espagne.

Il faut bien en convenir, la Flandre espagnole est une terre convoitée car frontalière avec la France. Malheureusement, de nombreux troubles liés aux guerres de religion (depuis le prêche de Boeschepe en 1562) ont abouti dans les Pays-Bas espagnols sur une véritable guerre civile dont la répression a été féroce. L’environnement politique n’est pas à négliger car les Pays-Bas sont soutenus par le France et l’Angleterre contre l’Espagne. Ce n’est que grâce à une trêve de 12 ans conclue en 1609 entre Pays-Bas du Sud et Pays-Bas du Nord qui permettent de reprendre la mise en valeur du terroir flamand, notamment l’assèchement des Moëres mais aussi de restaurer la religion catholique en promouvant la Contre-réforme dans les Pays-Bas du Sud, notamment en favorisant les ordres prêcheurs

L’économie est en cours de restauration mais outre les morts et les destructions, une part non négligeable des Protestants ont rallié les Pays-Bas du Nord.

Une solution provisoire est trouvée : la Flandre est dévolue aux Archiducs Albert et Isabelle.

En effet, l’Archiduc Albert est nommé gouverneur des Pays-Bas à la mort de son frère Ernest, alors que le pays est en pleine révolte. L’Empereur Maximilien II d’Autriche décide d’offrir aux Pays-Bas leur indépendance avec Albert à leur tête par le traité de Vervins mais une clause stipule que si le couple Albert et Isabelle venaient à décéder sans descendance, alors les Pays-Bas redeviendront alors terre espagnole. La Flandre est finalement la dot allouée à l’Infante Isabelle. S’ouvre alors une période de paix relative et de prospérité économique.

Les Archiducs sont des personnages importants dans l’Histoire des Pays-Bas, il faut s’arrêter un instant sur leur vie dont les différentes étapes permettent de mieux comprendre leur investissement dans leur charge de Gouverneurs :

L'Archiduc Albert

Albert d’Autriche (1559-1621) est le cinquième fils de Maximilien II d’Autriche, époux de Marie d’Espagne. A 11 ans, il rejoint la cour de Madrid où le roi Philippe II veille à son éducation en me dirigeant vers les Ordres. En 1577, il est nommé cardinal, dignité ecclésiastique qui n’oblige pas alors à entrer dans les Ordres ; il ne sera jamais ni prêtre ni archevêque. Comme l’Archevêque de Tolède tarde à mourir, Philippe II ne peut pas nommer Albert en tant que Primat d’Espagne. A la place, il le fait vice-roi et grand Inquisiteur du Portugal et de son Empire. Enfin, en 1599, il se marie avec sa cousine l’Infante Isabelle d’Espagne.

L'infante Isabelle

L’infante Isabelle (1566-1633), bien que née à Ségovie en 1566, est naturellement liée aux Pays-Bas car elle est duchesse de Brabant, de Gueldre, de Limbourg et de Lothier et surtout comtesse d’Artois et de Bourgogne, de Flandres, de Hainaut et de Namur. Elle est la fille de Philippe II d’Espagne et de sa troisième épouse Elizabeth de Valois. Elle devient la prime héritière de Philippe II à la mort de son fils Don Carlos, tué à l’âge de 23 ans et que Philippe II soupçonne de conspiration. De plus, elle est la plus proche parente pour revendiquer l’héritage

du dernier roi Valois Henri III en 1589 pour les droits des ducs de Montfort en Bretagne : entrer en possession de la Bretagne assurerait le cabotage commercial comme la position militaire des Flamands mais malgré l’envoi de troupes jusqu’en 1598, elle n’emporte pas le Duché. Sa carrière « politique » manque de prendre un nouveau tour lors des Etats-Généraux de 1593 qu’organise la Ligue afin de choisir un nouveau roi de France, or la Ligue refuse de reconnaître Henri de Navarre. Philippe II appuie la candidature d’Isabelle en tant que petite-fille d’Henri II mais il se heurte à la Loi Salique en France : in terram salicam mulieres ne succedant ! Le royaume ne peut tomber en quenouille… La conversion et le sacre d’Henri IV met fin à ses espérances

En compensation de n’avoir pu monter sur le trône de France, Isabelle reçoit en doit le gouvernement des Pays-Bas avec son époux et les comtés de Bourgogne et de Charolais. De 1598 à 1621, le couple consolide d’abord son autorité sur les Pays-Bas en n’hésitant pas à recourir à la force. La paix établie, le couple mène une politique profondément catholique et, en même temps, réforme la justice, développe l’économie, notamment avec le Traité de Londres de 1604 et la trêve de 12 ans signée en 1609 qui mettent fin à l’embargo contre les Pays-Bas... Surtout, le couple ordonne des travaux publics comme l’assèchement des Moëres. Comme il faut bien se fixer, la cour s’installe à Bruxelles où les Archiducs développent aussi le domaine culturel.

Isabelle, dans l'ordre des Clarisses

A la mort d’Albert en 1621, Isabelle rejoint l’Ordre des Clarisses et est nommée gouvernante générale. Sa mort en 1633, en l’absence d’héritier, permet à l’Espagne de récupérer les Pays-Bas conformément aux engagements pris lors de l’avènement des Archiducs.

En 1648, la Paix de Westphalie marque la fin de la guerre civile et l’indépendance définitive des Provinces Unies.

La mise au tombeau par Cobergher

Cobergher est un Anversois né en 1577. Il apprend à peindre mais rejoint vite Rome où il poursuit des études architecturales et hydrauliques. Nous sommes alors en pleine Renaissance et les artistes sont des touche-à-tout à l’image du plus célèbre d’entre eux Léonard de Vinci. A partir de 1561, il ne travaille plus qu’exclusivement pour les Archiducs mais il continue d’œuvrer en l’architecture civile et religieuse, à la théologie, en l’économie, en chimie et à la peinture, du moins, pour ce domaine, jusque 1618.

Wenzel Cobergher, au service des Archiducs


Première mission : l’assèchement des Moëres. La plus grande lagune s’étend sur 3.000 hectares, la plus petite sur 200 ha. Les travaux commencent en 1617 permettant de faire disparaître les épidémies, étendre le village et préparer des terres à bonifier. Si les travaux durent 13 ans, ils sont vite ruinés car les Moëres sont inondées à nouveau dans un but stratégique et ne sont asséchées à nouveau qu’à partir de 1752. S’il décède dans sa ville natale en 1634, il laisse une œuvre éclectique mais c’est surtout son action sociale qui retiendra notre attention un peu plus loin

Le Mont-de-piété est-il une solution à la précarisation au XVIIe siècle?

On l’a dit plus, les Pays-Bas sont en révolte à l’avènement des Archiducs. Mais plus qu’une question religieuse, c’est aussi une volonté de liberté économique qui anime les protestataires.

Les Flamands sont entreprenants et l’état d’esprit des Protestants en matière financière est un atout, seulement voilà, il se heurte au dogme catholique. Foi et finance sont intimement liées dans ces terres gagnées sur la mer.

Pour un catholique, l’argent est tabou. Suivant le principe aristotélicien qui veut qu’une pièce d’argent n’accouche pas d’une autre pièce d’argent, le prêt d’argent est inconcevable. Certes que l’on récupère plus que le sac de blé que l’on a prêté ne gêne pas car le grain semé donne toujours plus à la récolte mais on n’a jamais vu les pièces d’argent se multiplier, fut-ce par l’opération du Saint-Esprit ! Le grain a produit un travail mais l’argent ? Autant dire que chez les catholiques, on ne parle pas de ces choses là…

Chez les Protestants, même outre-Atlantique, le tabou n

’est pas financier, il est sexuel, chose sur laquelle les catholiques se sont beaucoup décomplexés. Réussir ses affaires, c’est être béni de Dieu qui veille alors sur vous, et vous favorise…

Autre point fort, c’est cette opiniâtreté à vouloir se développer. Les campagnes flamandes, sauf à de rares exceptions comme le littoral, sont riches et prospères. D’ailleurs, il suffit de regarder les tableaux pour s’en convaincre. Loin cependant d’une certaine nostalgie du Siècle d’Or, il faut dresser un constat simple : des peuples européens, les deux qui sont avance sont les Flamands et les Italiens du Nord, dixit Michel Rouche, professeur émérite à la Sorbonne… Et c’est un auvergnat qui le dit !

Les campagnes sont fertiles et constamment bonifiées (car les marais sont nombreux dans les Pays-Bas, sur le littoral comme à l’intérieur du pays. Les villes sont peuplées, industrieuses avant même d’être industrielle et leur essor a dopé l’économie tout en développant un premier prolétariat. Quant aux bourgs ruraux, ils sont puissants et offrent le plus souvent une réelle vigueur économique à l’exemple d’Hondschoote, capitale mondiale de la sayetterie : 15.000 habitants au XVIe siècle pour péniblement 5.000 aujourd’hui ! De plus, la noblesse des Pays-Bas travaille et fait des affaires, au point même de prendre le titre de bourgeois… inouï pour un catholique Français ! Mais il faut aussi ajouter que cette position est des plus pragmatiques. Aux Pays-Bas, le pouvoir est urbain grâce aux échevinages et ces derniers sont monopolisés par les Bourgeois et autres négociants… Enfin, faut il le dire, le rendement des revenus fonciers sont trop aléatoires et trop faibles aux regards des affaires que brassent les négociants… Leur monde est déjà en pleine mutation. Autre avantage pour le négoce : les capacités logistiques déjà importantes liées avec une large façade maritime et de nombreux cours d’eau navigables. Mais surtout ce sont des populations acculées à la mer et qui ne peuvent que chercher plus loin les produits dont ils ont besoin donc susceptibles de maintenir un empire maritime… et qu’ils exploitent par-delà les Mers… Après tout, le soleil ne se couchait pas sur les terres de Charles Quint…

Surtout, ils bénéficient de cet esprit protestant qui ne dédaigne pas les questions d’argent

Car tout le monde en profite, et plus encore la couronne d’Espagne qui reçoit des entrées fiscales conséquentes.

Néanmoins, il faut financer l’entreprise et donc s’adresser aux banquiers italiens installés aux Pays-Bas. Quoi de plus logique, quand on sait les liens entre Pays-Bas et Italie et ce depuis le Moyen-âge. Les Italiens du Nord qui se sont spécialisés dans les opérations de c

hange, les lettres de crédit et le prêt sont aux premières loges aux Pays-Bas. Les Lombards, leurs institutions, sont célèbres, et ils représentent une puissance indéniable car présents tout au long de la dorsale européenne, qui part de l’Angleterre, passe par l’Europe du Nord et aboutit au Nord de l’Italie : le chemin des échanges Nord-Sud est jalonné de ces banques, rythmé par les foires (en Flandre, en Champagne) et préfigure déjà l’Europe industrielle du XIXe siècle.


Maîtres du crédit, ils sont aussi maîtres des taux d’intérêts et donc pèsent réellement sur l’économie tout en torturant assez l’éthique et la théologie pour faire de bonnes affaires… Restent aussi le recours aux prêteurs sur gage particuliers sur lesquels l’Etat peine à exercer un contrôle. Un édit de 1600 réduit les intérêts qu’ils exigent de 32,5 % à 21,6 %. Les Archiducs de reconnaître que la loi est impuissante à réprimer leurs exactions car qui recourt aux prêteurs sur gage, si ce n’est le petit peuple qui ne peut demander de prêt au Lombard, et qui possède par chance un peu de bien… petits objets pour petites sommes mais gros intérêts ?

Dans des temps difficiles, il faut convenir qu’une telle injustice sociale ne peut qu’aviver les feux de la révolte. L’esprit Protestant ne tardera pas à se muer en libéralisme, qui souvent lorsqu’il est exacerbé qui veut que celui qui n’a pas réussi ne fait qu’en supporter les conséquences. Nous n’en sommes pas encore là sous les Archiducs… Néanmoins, dans l’esprit de reconquête des âmes et des cœurs de la Contre-réforme, ne pas tenter d’empêcher l’écart se creuser entre les catégories sociales ne serait que se préparer à de nouvelles tensions…

Le Mont-de piété apparaît alors comme une solution acceptable car contrôlée par l’Etat et, par essence, stable et fiable. Les Archiducs conviennent de choisir le plan de Cobergher.

L’idée vient d’Italie : en 1642, un moine récollet Barnabé de Terni, convainc les familles riches de Pérouse de créer un fonds pour des prêts sur gage afin de combattre les usuriers qui pratiquent des taux allant jusque 130% !

Néanmoins, si la bulle pontificale de Léon X en 1515 autorisait les Monts-de-Piété, si le concile de Latran permettait de recevoir des emprunteurs, ils demandèrent encore à leurs évêques de confirmer que les intérêts n’étaient pas contre-indiqués.

Par lettres patentes du 9 janvier 1618, les Archiducs nomment Cobergher surintendant général des Monts de Piété et est chargé de créer ces établissement dans chaque ville où se trouve une table de prêt. Il lui incombe aussi de nommer les personnels. Cependant, la charge n’est pas bénévole : sa femme, ses enfants et lui bénéficient des honneurs, libertés, franchises, immunités et exemptions dont bénéficient les ministres et gens de la Cour… Franchises et exemptions qu’il obtient pour son personnel…

En janvier 1619, un nouveau pas est franchi en exemptant les Monts de piété de toutes charges, la fiscalité semblant être un frein non négligeable à leur activité.

Les intérêts initialement fixés à 15% passent à 12% en 1621 puis en 1634 à 10% pour les établissements de Bruxelles, Anvers et Maline alors que pour les autres, le taux passe à 13% puis revient à 15% en 1648… Charles Cobergher succède à son père en 1630 mais est remis en cause par les créanciers, sans semble-t-il que les autorités de tutelle n’aient jamais suivi la situation, il faut dire à leur décharge que les villes où se sont situés les 15 monts de piété tombent peu à peu dans l’escarcelle française. La gestion est d’autant plus difficile que Louis XIV conquiert successivement Arras, Lille, Douai, Bergues et Valenciennes, refuse de reconnaître l’unité de l’institution et donc la solidarité des 15 monts de piété, ce qui précipite encore un peu le déclin des Monts qui n’en continuent pas moins d’assurer leur tâche dans des conditions de plus en en difficiles, eu égard aux nombreuses guerres qui touchent les Pays-Bas hollandais comme Français…

Il faut néanmoins signaler que le Mont-de-piété de Gand avait en plus une caisse de prêt gratuit, fondée en 1641, indépendante financièrement du Mont de piété mais gérée, par commodité, par ses employés.

Le Mont de Piété cependant ne résout pas toutes les questions du manque de numéraire car si la finalité est de battre en brèche les Lombards comme les prêteurs sur gage qui agissent comme des usuriers, il faut que l’emprunteur ait quelque chose à gager… Et de fait, on trouve une fraction de la population exclue du système, aussi les bourses ou monts de charité, qui consentent des prêts gratuits, comme à Ypres depuis 1534, Bruges depuis 1572 ou encore Lille à partir de 1609.

Autre cas particulier, le Mont-de-piété de Termonde, autorisé par lettres patentes de 1622, était totalement indépendant et sous la garde des échevins de la ville car fondée par un legs privé en 1619, ce qui lui permettait de consentir des taux variant entre 5 et 10 %.

Le Mont-de-piété est-il encore d’actualité ?

Je me réserverai bien de commenter l’activité du prêt sur gage aujourd’hui mais il apparaît qu’avec la crise, ce type d’établissement ne pourra que prospérer.

En effet, la reprise tant annoncée tarde, et nous sommes maintenant habitués aux soubresauts de la crise, aux krachs boursiers et aux bulles spéculatives… Sauf que, malheureusement, quand ces difficultés internationales touchent au budget de la Nation qui demande de plus en plus de rentrées fiscales, ce sont les citoyens qui doivent combler le manque à gagner. Néanmoins, si l’on ajoute à tout cela, les différentes hausses et ajustements saisonniers s’y ajoutant, c’est une réalité de plus en plus banale qui se fait jour : une marge de plus en plus importante de la population voit son niveau de vie baisser, parce que – crise oblige – leurs revenus stagnent. Avec peu ou pas de patrimoine, ils sont donc de plus en plus nombreux à devoir recourir à des crédits.

Les banques, bien entendu, ne sont pas des organismes philanthropiques, les résultats engagent autant la firme que ses actionnaires, aussi il devient de plus en plus difficile de se faire accorder des prêts.

La solution provisoire mais qui le reste longtemps, c’est désormais un crédit revolving, qui se conclue sans même voir une personne physique. Preuve est : à chaque écran publicitaire sur nos télévisions, il y a au moins une publicité pour une banque classique et deux à trois pour des sociétés de crédit… Or les taux prohibitifs qu’ils pratiquent dans le cadre d’un revolving permet d’allonger au delà du raisonnable le remboursement du capital.

Aussi apparaissent régulièrement des publicités pour des agences de restructuration de crédit, qui amène à gonfler le prêt demandé car ils perçoivent des honoraires au passage, n’étant qu’intermédiaires.

Alors quand toutes ces solutions sont épuisées ?

Direction le crédit municipal pour obtenir un prêt sur gage mais se pose alors une question : que faire de ceux qui, par malchance ou revers de fortune, n’ont rien à gager ? Nous entrons dans un système dangereux car le phénomène semble bien se généraliser. Jamais nous n’avons eu autant de publicités pour proposer des prêts…

Le crédit municipal a donc encore un rôle social à jouer mais malheureusement, devra veiller aux cohortes de plus en plus nombreuses d’exclus bancaires qui sont en constant équilibre sur une corde raide et qui ne pourront plus accéder au crédit. Or sans possibilité de faire des projets, que peut faire une personne normale ?

A moins, bien entendu, que vous ne pardonniez au vieux Keynésien que je suis, que l’on redonne vraiment du pouvoir d’achat pour recréer de l’activité, sans exclure aucune population… Que peuvent faire les mandataires de certaines allocations qui les placent ipso facto sous le seuil de pauvreté.

Des pans entiers de la population se paupérisent, il faut éviter qu’en plus le peu que l’on ait pu acquérir par son travail n’aille dormir dans des coffres et autres entrepôts parce que gagés…

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