La suite d'Histoires du Nord ...

jeudi 21 avril 2011

Ostende, la « Reine des plages »


A l’extrémité orientale d’une petite île émergeant à peine des flots, Ostende, petit village exposé aux forces de la nature, est devenu un haut lieu de villégiature dès la naissance de l’Etat belge. Si le village est mentionné en 814, l’on a peu de renseignements sur ses premiers siècles d’existence. Au XIIIe siècle, il est élevé au rang de ville par Marguerite de Constantinople. Comme nombre d’agglomérations du littoral, ses habitants sont confrontés aux assauts de la mer. S’ils construisent le port au milieu du XVe siècle, ses habitants sont contraints de déplacer la ville, quelques décennies plus tard, un peu plus au sud pour l’abriter derrière une digue. Ostende fait alors sa fortune avec la pêche au hareng. Les siècles passent… Ostende est souvent malmenée par les guerres. En 1489, elle est pillée par les troupes de Maximilien Ier d’Autriche. Lors du soulèvement des Pays-Bas, pendant la guerre de 80 ans, les Protestants s’enferment dans la ville, rasent une partie des dunes. La mer s’engouffre alors dans la brèche, à l’emplacement de l’entrée actuelle du port. De 1601 à 1604, elle est assiégée par les Espagnols. Les Gueux, obligés de capituler, rendent une ville ruinée qui ne subsiste par la suite que grâce à la guerre de course. En 1722, la maison d’Autriche créé la Compagnie d’Ostende, qui obtient le monopole du commerce dans les Indes orientales et occidentales. Elle se spécialise très vite dans les denrées rares et les épices d’Extrême-Orient. Puissante, elle est néanmoins dissoute sept ans plus tard, pour empêcher un conflit avec l’Angleterre et les Provinces-Unies. Le port devient la préoccupation essentielle des Ostendais qui entretiennent un commerce important avec les Anglais. Leurs efforts sont ruinés par le blocus continental décrété en 1806 par Napoléon Ier afin de détruire l’économie anglaise.

Une destinée anglaise.

La bonne société britannique invente la mode des bains de mer à la fin du XVIIIe siècle. En 1784, un aubergiste anglais obtient le droit de bâtir un petit pavillon où les baigneurs viennent acheter quelques rafraichissements. Le tourisme balnéaire est né : les Anglais qui viennent visiter le champ de bataille de Waterloo aiment s’arrêter dans la petite bourgade où certains notables font construire des villas. Dès 1834, la famille royale prend ses quartiers dans la petite ville flamande. Le roi Léopold Ier séjourne régulièrement dans une demeure de maître. La reine Louise-Marie y rend le dernier soupir… Dans de telles conditions, Ostende est LE lieu où il faut être pour tout noble ou grand bourgeois qui se respecte. En 1839, Ostende est reliée par le chemin de fer à la capitale. De plus, une ligne de ferry, la malle, est mise en place pour rallier Douvres dès 1846. La ville est la mode : en 1850, le premier casino-kursaal est construit, en bois, pour être facilement démonté en cas de guerre. Pourtant Ostende est démilitarisée en 1865. Une fois les fortifications rasées, la ville peut entamer son expansion.

L’intérêt royal ne se dément pas. Léopold II y installe sa résidence d’été en 1874 en construisant le chalet royal. Son influence sur les architectes et urbanistes est réelle… Quant aux Anglais, ils sont « chez eux » : en 1883, le Grand Prix d’Ostende se tient dans le nouvel hippodrome que l’on baptise du nom de Wellington, le vainqueur de Waterloo. A partir de 1895, c’est l’Anglais North, le « roi des nitrates », qui mène à bien un nouveau projet d’aménagement du côté de Mariakerke et obtient en même temps une concession de chemin de fer vicinal entre la ville et Middelkerke… En 1896, l’église saint-Pierre-et-saint-Paul se consume dans un incendie. Qu’importe, elle est rebâtie dans un très beau style néogothique à partir de 1901 pour être inaugurée en 1905. La ville cherche son caractère propre… entre villas à l’anglaise, maisons de maîtres, vieilles demeures à pas de moineau et église aux dentelles de pierre…Ostende subit d’effroyables destructions pendant la première guerre mondiale, car c’est désormais un port de guerre allemand dont les sous-marins font des ravages et la banlieue n’est pas plus épargnée à cause des canons lourds que le Kaiser a fait installer. La tentative anglaise pour bloquer le port reste là dans toutes les mémoires. Après la Grande Guerre, Ostende bénéficie des congés payés et attire sans cesse plus de monde. Aux demeures bourgeoises qui ont survécu aux guerres, on donne pour voisins de hauts immeubles puis des géants de verre. La ville reste un but privilégié de promenade, avec sa longue plage de sable fin mais laisse un goût bizarre aux amateurs d’architecture par le mélange des styles et des époques…

1 commentaire:

  1. C'est ce mélange d'architectures qui fait le charme de cette ville.Mais Ostende , reste une ville incontournable des escapades belges.(et pourquoi pas en tram). L'esprit maritime y est encore très présent, en témoigne "Ostende voor Anker".
    Un rendez vous à ne pas manquer!
    Adel

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