La suite d'Histoires du Nord ...

jeudi 14 juillet 2011

journée spéciale parce que nationale



Rare que le 14 juillet soit aussi pluvieux...

Comment croire que l'on soit en été sur la côte ?...

A tendre l'oreille, l'on hésite longtemps avant de savoir si le bruissement au-delà des vitres est une longue averse ou juste le vent qui secoue les ramures...

Si hier, de notre antre, nous n'avons pas entendu les "flons-flons" des bals de pompiers... Si l' on en fait encore ici des bals de pompiers, ce qui reste à prouver...

Par contre, les "pimpons", nous n'en manquâmes pas, nous manquions de distraction, nous en eûmes à foison, presque à satiété...


Et ce soir, alors que le calme vespéral, d'une chape de silence, couvrait enfin la ville, les détonations des feux d'artifice... Pendant qinq bonnes minutes, les voilà accompagnées des cris des oiseaux qui se sauvent devant le déluge de lumière et d'explosions... Puis comme une préparation d'artillerie au loin, rappelant les sons de Bagdad et de la première guerre du Golfe, la première que l'on pouvait suivre à la télé en direct...

Pensées pour mon père qui est parti au premier janvier et dont nous fêtions hier le premier anniversaire sans lui, pour ses amitiés liées sur le terrain ici mais aussi au Liban et en Croatie, alors que ça explosait de toutes parts là-bas... Pensées pour ses amis restés en zones qui officiellement ne sont plus de guerre mais entre mines, milices, attentats comme pour ses frères chrétiens du Liban, isolement des enfants nés dans les camps de Prisonniers au nord de la Croatie, oubliés par les touristes qui préfèrent les charmes de la douce brise sur le sable de l'Adriatique...

Pensées pour mes amis et ceux qui me témoignent estime et amitié, qui prodiguent encouragements et conseils, parfois consolations... mais toujours avec des sourires et des mots qui touchent...

Pensées pour mes filles prises dans une guerre familiale qui ne les concerne pas...


Pensées surtout pour ma compagne, douce dans la vie et forte dans l'épreuve et qui subit ces derniers temps des avanies que bien de femmes supporteraient... Pas toujours avec stoïcisme ni flegme, mais toujours avec détermination. Qu'Odin veille toujours sur elle...


Vous l'avez constaté, HdN2 a subi un net, très net ralentissement pour des causes indépendantes de notre volonté mais qui pèsent bien sur la vie de chaque jour... nous allons tenter de refaire vivre un peu ces pages car je sais que certains habitués doivent s'ennuyer à ne plus trouver ici de nouveauté ou de documents libres... Lassitude, fatigue, maladie et impondérables ne sont pas toujours des compagnes idéales. Encore toutes nos excuses renouvelées sincèrement, j'espère pouvoir vous offrir sous peu une nouvelle rations d'images et d'articles dont je sais que certains restent friands et souvent sur leur faim...


Reste aussi une pensée pour nos hommes tombés au Champ d'Honneur... Que ce soit broyé par le travail, il n'y a pas que le Premier mai pour eux, mais aussi pour ceux, en pleine jeunesse ou non, fauchés par les balles dans des guerres que nous suivons entre dessert et café, d'un oeil distrait et cerveaux fatigués... J'aurai aimé que la télé d'Etat rediffuse La Marseillaise, je suis retombé dessus cette semaine et je l'ai revu d'un autre oeil...

J'aurai aimé qu'entre régiments et blindés, l'on fasse aussi défiler les enfants des Ecoles, les jeunes sur qui, après tout, repose le lourd avenir de la nation, ils seront si peu nombreux face à nous les Vieux, qui vivons souvent de plus en plus vieux.... Les Anciens Combattants, parce que le sacrifice de la jeunesse, les blessures des corps et des âmes, ce n'est pas seulement devant les Monuments aux Morts que l'on doit les voir, ces cérémonies là n'ont pas le droit à la diffusion en Live... Ils ont défendu la Nation, toute, entière et indivisible, souvent même sans être né sur le sol de la Patrie... Aux Harkis et autres supplétifs abandonnés par un pouvoir oublieux de ses promesses (mais retorquerez vous, c'est le fait politique général, sous toutes les Républiques, sous tous les régimes...), manquaient aussi les Corps de la République: les corps constitués, sénateurs, députés, chefs des entreprises d'etat qui, élus ou non régissent votre vie, notre vie... Et ceux qui souvent sont les derniers représentants de la République dans certaines campagnes, dans certains quartiers, trace tangible d'un dernier lien entre les gens qui veulent ou tentent de vivre ensemble malgré tout, malgré la crise, malgré les peurs comme les infirmières et toubibs hospitaliers qui ont de moins en moins de moyens, travailleurs sociaux, profs et surtout la masse des sans grades, des sans voix, des sans espoirs...

Mais surtout en apprenant ce soir la perte d'un Fusilier-marin en Afghanistan, qui s'éjoutent aux derniers cercueils que l'on va encore rapatrier cette semaine, ce sont surtout les mères de ceux qui ont laissé leur peau au loin, leurs mères, leurs veuves et leurs orphelins qui devraient être applaudis pour la perte d'une vie, celle d'un avenir aussi...


Alors le 14 juillet, fête de la Nation ou seulement défilé et Garden-Party? Je n'ai pas reconnu tout à fait la Nation ce matin, je vois peut-être trop les côtés sombres ces derniers jours...

3 commentaires:

  1. C'est bon de trouver de beaux textes sur ton blog l'ami, bon courage à toi.
    Amitié
    Jean-Luc

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  2. C'est sombre mais très réaliste et émouvant.
    J' espère qu'histoires du Nord me réservera de bonnes surprises à mon retour .
    Adel

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  3. Un très beau texte à coeur de tripes - entre zones -là où les pixels font des modes en noir et blanc, non pas une gamme en grisaille, mais un vif feu d´artifice de toutes couleurs - celles de l´arc-en ciel de l´humanité ! Merci - Francois !

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