La suite d'Histoires du Nord ...

jeudi 28 juillet 2011

L'opération Dynamo, le bilan du Général Weygand



Environ 335.000 hommes, dont 115.000 Français avaient été embarqués et sauvés pour les batailles futures. Ce véritable tour de force accompli sous des feux terrestres et aériens de plus en plus violents, malgré une pression de plus en plus étroite, fut le résultat d'une concordance d'efforts auxquels on ne saurait trop rendre hommage. Effort de l'amairauté britabbique pour réunir un nombre surprenant de navires de toutres natures et de tous tonnages et en régler les mouvements sur des routes de mer semées de périls et de difficultés. Participation de la marine française avec des ressources moindres, mais avec un esprit de dévouement et de sacrifice égal. Action intrépide sans cesse renouvelée de la R.A.F. pour protéger embarquements et transports contre les attaques acharnées des bombardiers allemands dont elle parvint à abattre soixante-dix-neuf en une seule journée. Défense de la tête de pont poussée jusqu'à l'héroïsme? Enfin il est juste de camper au premier rang des défenseurs de Dunkerque, les deux marins français qui ont tenu littéralement à bout de bras pendant dix jours ce port en ruines et en flammes, où déferlaient des dizaines de milliers d'hommes, l'amiral Abrial qui porta avec une énergie et une clairvoyance sans égales le poids d'une très lourde responsabilité dans des conditions à tous égards défavorables, l'amiral Platon dont le courage et la ferveur ranimèrent sans cesse l'ardeur et les espoirs des défenseurs.

Grâce à cette solidarité salvatrice qui doit rejeter dans l'oubli les difficultés et les gênes du moment, le pire, la capture d'un coprs de bataille de plus de 400.000 hommes put être évité. L'honneur était sauf.



Il m'avait été impossible malgré mes efforts de reprendre l'initiative des opérations. Malgré les ordres donnés avant comme après ma prise de commandement, à aucun moment le Ier groupe d'armées, ni le IIIe ne s'était trouvé en état de de réunir des forces capables d'une offensive supérieure. Le rythme de l'action adverse service par la supériorité de son aviation et la qualité de son armement, la lenteur de nos transports le leur avait toujours interdit.

C'est que l'avance prise par l'ennemi était trop grande pour être rattrapée. les armées alliées avaient été lancées dans une manoeuvre qui présentait des risques, sans disposer d'une réserve puissante prête à y parer sans aucun retard.


Dunkerque, dont le nom déjà si glorieux sonnera toujours en clair, en raison de l'héroïsme et de la ténacité qui y furent déployés n'est certes pas une victoire, mais seulement la liquiditation la moins malheureuse de ce qui aurait pu être une catastrophe. Lorsque je parlerai de la dernière bataille, je montrerai l'exceptionnelle gravité de ses conséquences.


WEYGAND, de l'Académie française - Mémoires * * * - rappelé au Service, Flammarion éditeur, Paris, 1950

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