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samedi 15 octobre 2011

Une léproserie à Bourbourg, près de Dunkerque

IN Dr D. Al ZAMBACO PACHA – La Lèpre à travers les siècles et les contrées – Masson & Cie, Paris, 1914


« Dans un mémoire publié dans les Annales du Comité Flamand de France, tome VIII, en 1866, intitulé Maison de lépreux lez-Bourbourg près de Dunkerque, par E. de Coussemaker, correspondant de l’Institut (imprimerie Lefebre-Ducrocq), l’auteur prouve que l’introduction de la lèpre en Occident ne date pas des croisades, comme on l’a dit et répété ; mais qu’elle y existait déjà avant le VIIIe siècle. Seulement on ne s’en préoccupait pas beaucoup et l’attention ne fut attirée que lors de sa grande recrudescence, au commencement des croisades, lorsqu’elle s’est présentée à l’état de fléau avec des caractères horribles, occasionnant d’affreux ravages.


Ici, je répéterai ce que j’ai dit, soutenu bien des fois et bien prouvé que les chevaliers preux étaient moins lépreux que syphilitiques, et que tous les méfaits de la grosse vérole ont été mis injustement sur le compte de la lèpre. Et je rappellerai toujours cette démonstration péremptoire que dans les cimetières réservés exclusivement aux lépreux isolés et séquestrés, on trouve sur les os des lésions indubitables de syphilis (Virchow, Broca, Lancereaux, Zambaco).


Quoi qu’il en soit une importante léproserie, placée sous le vocable de Saint-Nicolas ou maison des Ladres de Saint-Nicolas, existait à Bourbourg, arrondissement de Dunkerque, à un kilomètre de la ville. Elle fut fondée au commencement du XIIe siècle.


Le pape Eugène III approuva, par une bulle datée de 1145, la faveur d’y célébrer le service divin et d’ensevelir dans le cimetière y attenant.


Les bulles des papes Adrien, Luce et d’Urbain III, virent plus tard confirmer celle d’Eugène. Les premiers religieux furent de l’ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem. Cet établissement eut, successivement, plusieurs donations. Le revenu de la léproserie atteint la somme de 1.193 livres. Dans cet établissement on accueillait aussi des non-bourgeois et des étrangers ; mais exceptionnellement et temporairement. En principe, il fallait jouir du droit de bourgeoisie. Celui qui était déclaré lépreux devait entrer à la léproserie, il était privé de ses biens que ses parents se partageaient.


Lorsque la lèpre commença à diminuer, les revenus de la maison furent consacrés à soulager d’autres infirmités et même à distribuer comme secours aux malades extérieurs.


Les choses allaient ainsi, lorsque le roi Louis XIV, par édit de décembre 1672, donna l’administration générale de toutes les maladreries, léproseries, hôpitaux, hôtels-Dieu, etc., aux chevaliers de Notre-Dame du Carmel et de Saint-Lazare de Jérusalem. Plus tard, sur les plaintes et réclamations des habitants de Bourbourg la possession et jouissance de l’établissement furent rendues à la ville (arrêt du conseil de Roy en septembre 1693). Le service sanitaire était rempli par un médecin et un chirurgien, tant lorsque c’était une léproserie que quand l’établissement fut transformé en hôpital ordinaire. »

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