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vendredi 18 novembre 2011

1917 - 1918, Hitler en Flandre

In A. Hitler, Mein Kampf, Nouvelles Editions Latines, Paris, 1934



« A la fin de septembre, ma division occupa, pour la troisième fois, les positions que nous avions enlevées en combattant dans les régiments des jeunes volontaires pour la guerre.


Quel souvenir !


En octobre et en novembre 1914, nous y avions reçu le baptême du feu. Notre régiment était allé au combat comme dans une danse, avec l’amour de la patrie au cœur et la chanson aux lèvres. Le sang le plus précieux s’offrait avec joie, avec la foi de garantir ainsi l’indépendance et la liberté de la patrie.


En juillet 1917, nous foulâmes pour la deuxième fois ce sol devenu sacré pour nous. Car là sommeillaient nos meilleurs camarades, presque des enfants qui, autrefois, avaient couru à la mort pour leur chère patrie, le regard irradié d’enthousiasme !


Nous, les vieux qui marchions avec le régiment, nous nous arrêtâmes avec une pieuse émotion sur ce lieu où l’on avait juré la « fidélité et l’obéissance jusqu’à la mort ».


Ce terrain, que le régiment avait emporté d’assaut il y a trois ans, devait maintenant être défendu dans un dur combat défensif.


Par un feu roulant de trois jours, l’Anglais préparait la grande offensive des Flandres. Alors les esprits des morts semblèrent revenir à la vie, le régiment d’accrocha à la boue vaseuse, se cramponna aux trous et aux entonnoirs isolés, et ne céda point, ne fléchit point. Mais, comme autrefois déjà, il diminua, s’éclaircit sur place, jusqu’à ce qu’enfin l’offensive des Anglais se déchaînait le 31 juillet 1917.


Dans les premiers jours d’août, nous fûmes relevés.


Du régiment, il ne restait plus que quelques compagnies qui revinrent en chancelant vers l’arrière, couvertes d’une croûte de boue, ressemblant plutôt à des fantômes qu’à des hommes. Mais l’Anglais n’avait trouvé, en plus de quelques centaines de trous d’obus, que la mort.


Maintenant, en automne 1918, nous étions pour la troisième fois sur le terrain d’assaut de 1914. Le village de Comines qui nous avait autrefois servi de lieu de repos était devenu maintenant un champ de bataille. A la vérité, bien que le terrain de combat fût resté le même, les hommes avaient changé : désormais, on faisait de la politique dans la troupe. Le poison venu du pays commençait à agir ici comme partout, mais l’allant de jadis, qui venait de la maison, faisait complètement défaut ?


Dans la nuit du 13 au 14 octobre, le tir des obus à gaz des Anglais se déchaîna sur le front sud d’Ypres ; ils y employaient le gaz à croix jaune dont nous ne connaissions pas les effets, tant qu’ils ne se manifestaient pas sur notre propre corps. Je devais les connaître dans cette nuit même. Sur une colline au sud de Werwick, nous nous trouvâmes pris, dès le soir du 13 octobre, durant de longues heures, sous un feu roulant d’obus à gaz. Cela continua toute la nuit avec une plus ou moins grande intensité. Vers minuit, une partie d’entre nous fut évacués, parmi eux quelques-uns disparus pour toujours. Vers le matin, la douleur s’empara de moi, augmentant de quart d’heure en quart d’heure, et, à7 heures du matin, je revins en trébuchant et chancelant vers l’arrière, les yeux en feu, emportant avec moi ma dernière affectation de la guerre.


Quelques heures plus tard, mes yeux se changèrent en charbons ardents et les ténèbres se firent autour de moi.


C’est ainsi que je vins à l’hôpital de Pasewalk, et là, j’eus la douleur d’assister à la révolution. »

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