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vendredi 11 novembre 2011

la prophylaxie selon le Prince de Ligne (seigneur de Chimay)

in Prince de Ligne (1735-1814), Fragments de l’histoire de ma vie, d’après l’édition de mme de staël, 1809, in, Lettres et pensées, TALLANDIER, collection In-Texte, 1989,



« Un médecin nommé Guilbert de Préval, vint me proposer de faire sur lui-même l’essai d’un préservatif qu’il crut nécessaire à notre société, si je voulais le faire admettre pour en faire l’expérience. Nous le menâmes à la petite maison de Fronsac et d’abord après souper, elle commença. J’avais été chargé de lui procurer les deux pierres de touche de son savoir. C’était tout ce qui était le moins bien portant dans Paris qu’un coureur à moi avait été chercher dans les égouts de la rue Saint-Honoré.


Le docteur avec sa perruque à trois marteaux bien poudrée se met en chemise et commence. La chaleur et peut-être le grand public lui en impose. Il se tournait d’un air piteux devant M. le duc d’Orléans et lui disait : «Monseigneur vous voyez que ce n’est pas ma faute. Je fais tout ce que je peux.» enfin, à force de lui dire: «Remettez-vous, nous vous donnons du temps», il acheva son expérience et prouva par l’examen de sa santé, pendant deux mois, qu’on pouvait en tirer un grand parti.


Ses confrères qui craignirent de perdre une grande branche de leur commerce et les théologiens sous prétexte d’un encouragement que cela donnait aux mauvaises mœurs, le firent rayer du tableau et écrivirent et déclamèrent contre lui et contre nous. »

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