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lundi 7 novembre 2011

un peintre lillois oublié : Ducornet

In Ad. ROTON, Les personnages remarquables du département du Nord, Inspecteur primaire, Officier de l’Instruction publique, 1890


« DUCORNET (Louis-César-Auguste), venu au monde sans bras à Lille en 1806, mort en 1856, a prouvé par son exemple ce que peut une volonté puissante pour suppléer à des imperfections naturelles. Grâce à son application, à sa persévérance, il parvint à manier à l’aide de ses pieds le crayon et le pinceau avec une dextérité qui tenait du prodige. Pour ménager la délicatesse de ses pieds, qu’il transformait en quelque sorte en mains, il s’astreignit à ne marcher que le moins possible ; quand il voulait dessiner ou peindre, son père le portait sur un échafaudage placé en face de son chevalet ; il l’en descendait de même.


Admis à l’école académique de Lille, en 1819, Ducornet y remportait dès l’année suivante une médaille de deuxième classe, un premier prix en 1822 et, sur la recommandation de Gérôme, il était désigné pour venir étudier à Paris, comme titulaire d’une bourse royale de 1.200 francs, augmentée d’une pension de 300 francs que lui faisait la ville de Lille. Ducornet acheva de se fortifier dans l’atelier de Lethière, et d’acquérir un talent qui lui valut la réputation d’un de nos artistes les plus distingués. On le loue beaucoup pour la richesse de son coloris.


Ses œuvres principales sont : Les marchands d’esclaves (1833, au musée d’Arras), Marguerite consultant une fleur pour savoir si elle est aimée de Faust (1834) ; Apparition du Christ à Madeleine (1835) ; Le repos de la sainte Famille en Egypte (1841) ; Saint-Denis prêchant dans les Gaules (1846, à l’église de Saint-Louis en L’Ile) ; Vision de Sainte-Philomène (1846, à l’église de Saint-Riquier, Somme), un de ses meilleurs tableaux ; Le nid de mésanges (1848), Portrait du Général Négrier (1849), au musée de Lille ; La belle Edith (1855, au château de Compiègne). »



Note : De plus, né sans fémurs, il n'avait que quatre orteils par pied et était atteint d'une sorte de nanisme. Bien qu'il n'ait jamais réussi à passer la deuxième étape du prix de Rome (à cause de son handicap), il eut plusieurs médailles à des salons. La critique a souvent été clémente avec lui, la blague étant facile : « ce que Ducornet fait avec ses pieds, d'autres ne peuvent le faire avec leurs mains ». Sa condition le rendant impropre à la marche, il se déplaçait en étant accroché au dos de son père. Malgré ses handicaps, c'était un très bel homme. Il vécut et travailla de 1845 à 1856 environ au 14, rue Visconti à Paris. Son portrait, comme celui du général Négrier sont visibles au Musée des Canonniers sédentaires de Lille



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