La suite d'Histoires du Nord ...

samedi 17 décembre 2011

Quand Louis-Napoléon Bonaparte sollicitait les suffrages du Nord (1848)

Louis-Napoléon Bonaparte candidat à l’Assemblée nationale pour le département du Nord


Après avoir donné sa démission de Représentant du Peuple pour confondre les calomniateurs, lorsque son nom servait de prétexte à des troubles dans la capitale et était perfidement exploité à la tribune, ainsi que dans la presse, par des hommes de coteries qui voulaient le compromettre en s’abritant derrière lui, le citoyen Louis-Napoléon BONAPARTE croit le moment venu de mettre fin à son long exil (qu’il a volontairement et généreusement prolongé de six mois pour se rendre au désir du gouvernement provisoire) et se met sur les rangs pour les prochaines élections à l’Assemblée nationale où il serait fier de siéger. Il fallait être inspiré par une égoïste peur et par une perfide injustice pour oser accuser le citoyen Louis-napoléon de conspirer contre la République, car il n’a cessé toute sa vie, dans ses écrits comme dans ses actes, de soutenir avec persévérance et courage le grand principe de la souveraineté du Peuple, et ce n’est pas lui qui voudrait porter atteinte à ce palladium de l’avenir de la France. Qu’on relise les lettres remarquables écrites par le citoyen Louis-Napoléon dans plusieurs circonstances de sa vie politique depuis 1830 et après la révolution de 1848, on, y trouvera les sentiments du plus pur patriotisme, du dévouement le plus noble, en un mot toutes les vertus républicaines qui caractérisent tous les membres de l’illustre famille des BONAPARTE dont la France révolutionnaire est fière à juste titre.


Dans sa lettre de remerciements aux électeurs des cinq départements qui l’avaient élu avant les déplorables journées de juin, le citoyen Louis-Napoléon disait : « Cette marque de sympathie, d’autant plus flatteuse que je ne l’avais point sollicitée, est venue me trouver au moment où je regrettais de rester inactif, alors que la patrie a besoin du concours de tous ses enfants pour sortir des circonstances difficiles où elle se trouve placée. Votre confiance m’impose des devoirs que je saurai remplir. Je joindrai mes efforts à ceux de mes collègues pour rétablir l’ordre, le crédit, le travail, pour assurer la paix, pour consolider nos institutions démocratiques et concilier entre eux des intérêts qui semblent hostiles aujourd’hui, parce qu’ils se soupçonnent et se heurtent au lieu de marcher ensemble vers un but unique, la prospérité et la grandeur du pays ! »


Dans sa lettre de démission au Président de l’Assemblée nationale, le citoyen Louis-Napoléon s’exprimait ainsi :


« Le titre de Représentant du Peuple était à mes yeux une ample réparation pour trente années d’exil et six années de captivité, mais les soupçons injurieux qu’à fait naître mon élection, les troubles dont elle a été le prétexte, l’hostilité du pouvoir, m’imposent le devoir de refuser un honneur que l’on croit avoir été obtenu par l’intrigue. Sans renoncer à l’honneur d’être un jour Représentant du peuple, je crois devoir attendre, pour rentrer dans le sein de la patrie, que ma présence en France ne puisse en aucune manière servir de prétexte aux ennemis de la République. Je veux que mon désintéressement prouve la sincérité de mon patriotisme, je veux que ceux qui m’accusent d’ambition soient bien convaincus de leur erreur. »


La prudente et généreuse conduite du citoyen Louis-Napoléon BONAPARTE, depuis le 24 février, lui a acquis l’estime générale et prouvé sa haute intelligence et son tact parfait. En l’envoyant maintenant prendre part aux importants travaux de l’Assemblée nationale, ce sera rendre un hommage mérité à ses éminentes qualités, à ses sentiments patriotiques, ce sera doter l’Assemblée d’un homme de cœur et d’un esprit élevé, en payant un tribut de sympathique admiration à la mémoire de notre grand et immortel Empereur. Il appartient à la ville de Lille et au département du Nord, où les idées démocratiques ont toujours trouvé un puissant écho, de choisir son représentant, à la place de l’infortuné général Négrier, un homme qui contrairement à la conduite tenue par tous les descendants de race royale ou princière, s’est toujours dégagée des préjugés et des privilèges monarchiques pour proclamer hautement la souveraineté du peuple, le suffrage universel et la République, comme bases fondamentales de toute organisation politique en France.


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Typ. F. BRACKE, à Lille

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