La suite d'Histoires du Nord ...

samedi 29 janvier 2011

Traditionnelle cérémonie des voeux pour l'Amicale des anciens du 43e RI

Les anciens du 43e Régiment d'infanterie et leur président ont présenté leurs voeux à tous les adhérents et aux nombreux représentants des autorités militaires et civiles de la métropole.

Placé sous l'autorité du lieutenant colonel Philippe Bialais, le 43e RI englobe désormais l'ensemble des armes de la région et prend l'appellation de Groupement de soutien de la base de défense de Lille. « Une véritable révolution », commente Marcel Deraedt, le président de l'Amicale des anciens.

Toujours très active (manifestations patriotiques, forums, bourses militaires...), l'Amicale fêtera son cent huitième anniversaire le 9 octobre prochain et tiendra son assemblée générale le 10 avril à 10 h 30, à la salle Malmaison au quartier Saint-Ruth (entrée rue de la Porte-d'Ypres).

Partenaire de l'association Il était une fois le Pas-de-Calais libéré, l'Amicale des anciens sera présente sur le site de Souchez du 2 au 4 septembre et également à la Tour du Moulin de Bruille-Saint-Amand pour commémorer les combats de Mai 1940 (la date reste encore à déterminer). •

Amicale des anciens du 43e RI, parc à Boulets, 42, rue du Magasin.

06 19 53 64 04.

www.43ri.com

in LA VOIX DU NORD, édition de Lille du 29 janvier 2011

Les Moëres : Les frères Herwyn ont servi la commune avant de donner leur nom à une rue

Avec son frère Philippe-Jacques, Pierre-Antoine Herwyn a oeuvré,
au XVIII e siècle, au desséchement des Moëres.

Si l'histoire du village et ses multiples inondations et assèchements est bien connue, certains noms que portent les rues sont peu connus. Lors de l'ouverture de l'un des nouveaux lotissements, le conseil municipal avait donné à une voirie, le nom des frères Herwyn, Philippe-Jacques et Pierre-Antoine. Qui sont-ils ?

Ils sont tous deux natifs d'Hondschoote d'où leur père était bourgmestre (maire). Philippe-Jacques (1750-1836) occupait la fonction de député au corps législatif. Il a reçu le titre de baron et celui de la légion d'honneur. Pierre-Antoine (1753-1824) a été nommé député des États généraux, puis chef de bataillon de la garde nationale et commissaire de guerre. Il a également été nommé officier de la Légion d'honneur et a reçu le titre de comte.

La vie publique a accaparé une grande partie des activités de ces deux frères. Mais alors que Les Moëres étaient restées près d'un siècle sous l'eau, en 1780, ils avaient relevé le défi d'entreprendre son quatrième desséchement. Par bail signé en 1781, ils occupaient, en qualité de fermiers, les 1 000 mesures aux Moëres belges. En charge du desséchement, le sieur Henri Vandermey, inexpérimenté dans cette oeuvre, leur avait donné bail des 1 700 mesures restantes en 1787.

En 1793, il rétrocéda également toute la partie de la Moëre française. Ayant ainsi la direction entière du desséchement, ce n'est pas sous les meilleurs auspices que les Herwyn ont entrepris leur oeuvre. Absolument pas découragés par les ravages successifs et au prix d'un grand investissement de leurs deniers personnels, ils ont habilement conduit le desséchement couronné de succès (construction d'écluse, moulins, recreusement de canaux, rehaussement de digues etc.).

Responsables du desséchement

Le bail des terres des Moëres accordé à la société Herwyn étant arrivé à expiration, le territoire a été vendu et partagé en un certain nombre de propriétaires.

Ceux-ci au travers d'un règlement d'administration voté le 6 février 1822 ont formé une association de propriétaires toujours existante aujourd'hui et qui porte le nom d'Administration pour le desséchement de Les Moëres. Le fait d'avoir été à l'initiative de la mise en valeur d'un polder, confère à son précurseur (Cobergher) quelques lettres de noblesse et occulte, parfois involontairement, tout le travail effectué en aval. En attribuant à une rue le nom d'Herwyn, la municipalité rétablit tout l'honneur de cette famille qui a su dépenser sans compter pour l'existence du village. •

in LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du 29 janvier 2011

vendredi 28 janvier 2011

douloureuses réminiscences


La poudrière Turenne de la citadelle de Lille bruisse encore du désespoir des sacrifices barbares.

reine des citadelles

souvenir d'heures sombres à Lille

la Reine des citadelles ne s'offre pas au premier venu

Il faut savoir la conquérir, la belle étoile de Lille, elle qui n'a jamais été enlevée par l'ennemi...

conversation de géants...

châteaux d'industrie


La révolution industrielle eut ses châteaux et ses cathédrales de sueur, à Wambrechies comme Lille, Roubaix ou Dunkerque, les hauts murs des fabriques résonnent encore des efforts des ouvriers...

abandon

soleil trompeur

soir d'été

Le soleil, perdant en puissance le soir venant, tente encore de jouer avec les formes des immeubles du bord de mer, les dards lumineux essaient vainement de faire naître des vagues de lumière sur les balcons désertés...

tempus fugit

repos vespéral

Traditions

A Bruxelles comme ailleurs, les traditions sont tenaces et les artisans agiles...

construire sur le sable

Le prêt sur gage de Cobergher au XVIIe siècle, toujours d'actualité ?


| BERGUES |

Demain, l'héritage de Wenceslas Cobergher et le mode économique solidaire qu'il a mis en place feront l'objet d'un entretien avec Philippe-André Royer, docteur en sciences sociales, et François Hanscotte, docteur en histoire.

Alors que le surendettement touche de plus en plus de personnes, les intervenants inviteront le public à repenser le crédit en montrant toute l'actualité de l'oeuvre de Cobergher.

Ce touche-à-tout, peintre, architecte, ingénieur, financier... a surtout marqué son époque comme acteur social. « Il était un humaniste, il s'intéressait à tous et à tout. Il prenait déjà en compte la confrontation entre le peuple et la bourgeoisie. Quand les archiducs de Flandre ont demandé à Cobergher d'éliminer la misère, celui-ci ne s'est pas dérobé », indique François Hanscotte. L'historien poursuit : « Pour obtenir du crédit, les pauvres Flamands ne pouvaient s'adresser qu'aux banquiers italiens et subir leurs taux exorbitants. Ce n'est pas sans rappeler certaines pratiques modernes comme le crédit revolving. »

Cobergher mit alors en place quinze Monts-de-piété, dont celui de Bergues. Les paysans flamands obtinrent l'appui de leurs nobles qui, ni Français ou Italien, mirent la main à la pâte sans pour autant compromettre leur statut. Se basant sur le prêt sur gage, les Monts-de-piété assuraient des taux plus intéressants pour les emprunteurs. Les biens gagés étaient stockés dans les étages. Ce système fonctionna à Bergues jusqu'en 1848. Des crédits municipaux, forme moderne du Mont-de-piété, persistent d'ailleurs dans certaines villes.

Actualité sociale

« Si cela n'a pas disparu, c'est bien que c'est nécessaire », constate François Hanscotte. Se faisant l'écho de l'actualité sociale, le passionné d'histoire s'interroge sur la possibilité de créer « un crédit d'urgence sociale pour ceux qui n'ont même pas de biens à gager ». Prêt à taux zéro, microcrédits, création de monnaies complémentaires... Autant de pratiques envisageables et à commenter pour contrecarrer la soif spéculative du monde de la finance.

Les deux orateurs s'arrêtent sur une période historique précise et un personnage marquant de la Flandre afin de « mieux comprendre les mécanismes économiques du moment ». L'objectif de ces échanges, à long terme, est de réussir à innover en poursuivant le travail initié par Cobergher. •

« Entretien public sur l'histoire et la prospective : Cobergher, Monts-de Piété, économies solidaires au 17e siècle et actualité », avec François Hanscotte et Philippe André Royer. Conférence demain, à 19 h, au salon blanc de l'hôtel de ville, organisée par Zénon 3000.

in LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du 28 janvier 2011

mercredi 26 janvier 2011

cache-cache

Des lumières dans la nuit


Deux éclats blancs de 10 secondes percent la nuit, les pinceaux de lumières se voient à 50 milles, environ 50 kilomètres, à la ronde… Le phare du Risban est un précieux guide pour les marins. A l’origine, les lieux accueillaient le fort construit par Vauban, détruit comme le reste des fortifications à la paix d’Utrecht. Un fanal signale le port depuis 1683 mais une tempête en 1825 a raison de lui. Immédiatement, on lui trouve un remplaçant : le Leughenaer assure la relève.


La solution est loin d’être idéale. La tour, assez basse, manque en visibilité et la lanterne n’est pas des plus fiables. Il faut un phare à Dunkerque ! Il est édifié en 1842 et fonctionne l’année suivante. Initialement prévu à la place de la vieille tour bourguignonne, les travaux portuaires obligent les architectes à lui trouver un nouvel emplacement : ce sera donc à 300 mètres de nouvelles jetées, que l’on vient justement d’allonger. Le fonctionnement d’un phare nécessite une attention constante. Il faut veiller à l’alimenter en huile végétale pour que la flamme brille. A partir de 1875, on la remplace par de l’huile minérale pour enfin électrifier la lanterne en 1883.

Pour un gardien de phare, Le Risban est alors un avant-goût de paradis, loin de l’isolement des phares perdus en mer ou plantés sur des îles ou de servir sur un bateau-feu, immobile et isolé en cas de coup dur. Presqu’en centre-ville, comme à Calais, la solitude du gardien de phare apparaît comme plus supportable. La tour cylindrique de 3,90 mètres de diamètre repose sur un bâtiment rectangulaire qui abrite les deux logements et les ateliers. De plus, le phare disposait à l’origine d’un petit jardin. L’ensemble fait tout de même 63 mètres de haut, ce qui en fait le phare le plus haut de sa catégorie.


Un escalier de 276 marches sans halte possible offre l’accès à la lanterne… mais depuis son sommet, c’est une vue sur le large, la vie et les Flandres qui s’offre au regard. Comme le reste du port, le phare a été mis à rude épreuve par les combats de la dernière guerre. Les travaux de restauration commencent dès 1946. Automatisé depuis 1985, il subit une cure de jouvence en 1992 pour finalement être classé Monument Historique à la fin de 2010. La haute tour blanche semble être installée depuis toujours dans le paysage.


Sur un musoir comme une étrave dans la mer

Plus loin, à l’extrémité de la jetée ouest se dresse le feu de Saint-Pol… Haut seulement de 36 mètres, il signale l’entrée du port par deux éclats verts toutes les six secondes. Edifié en 1937-1938 par l’architecte Umbdenstock, il est le seul phare Art déco de nos côtes. Le fut de briques, dont l’émail blanc est parti avec les années, est interrompu par trois coupoles renversées qui servent de pare-soleil aux feux disposés autour du phare pour réguler la circulation. Au dessus d’elle, des corbeaux ressemblant à des mâchicoulis donnent un air de donjon à la partie supérieure, elle même percée de meurtrières.

Umbdendstock à mis un soin particulier à la décoration du sommet. Le dôme de cuivre qui surmonte le feu est décoré d’une frise de métal découpé et des gargouilles noires en têtes de lion complètent le décor. Par les jours de gros temps, il était possible de rejoindre le feu par un souterrain ménagé dans la jetée mais le tunnel a finalement été muré. Dans le musoir, sous le feu, les quartiers des gardiens sont éclairés par des hublots presque au ras des flots. Lieu de travail, le feu n’en reçoit pas quelques attentions particulières, comme la rampe d’escalier qui se termine au sommet par une maquette du phare. Pourtant, lui aussi a failli disparaître du paysage portuaire. En effet, pendant la dernière guerre, il était ceinturé par un blockhaus allemand, les sous-sols convertis en soutes à munitions et des rails avaient été posés sur la jetée pour faciliter les transbordements. Le blockhaus est démantelé à partir de 1946 mais il faut attendre encore huit ans pour que le feu puisse reprendre du service. Automatisé en 1978, il se délabre d’autant plus vite que son chauffage est arrêté. Son remplacement est alors envisagé au milieu des années 90. Le feu échappe finalement à la destruction grâce à l’action de l’association Myosotis. Classé Monument Historique en décembre 1999, il continue de veiller malgré tout sur les allers et venues du port est.

samedi 22 janvier 2011

nocturne

fin d'un monde

Dunkirk night

de passage

mémoire des vieux clichés


Alors que la guerre fait rage à quelques kilomètres de Dunkerque, que les alertes aériennes sont quotidiennes, que les obus pleuvent sur la ville comme le port, rien ne peut empêcher les Dunkerquois de se remonter le moral en contemplant une prise de guerre posée au pied de Jean Bart...

souvenir d'autre guerre...

Les Allemands continuent d'imposer leur joug dédaigneux depuis le balcon de la Grande Garde qu'ils ont investi pour en faire le siège du gouvernement militaire de Lille. A quelques kilomètres de là, les poilus sont dans leurs tranchées...

Quant à l'Echo du Nord, il lui faut supporter la présence de la feuille de propagande du Kaiser...

le dernier chemin

Sainte-Barbe, une martyre explosive

Sainte-Barbe à Saint-Eloi de Dunkerque, souvenir des anciens marins ?

Qu’ont en commun les artificiers, les artilleurs, les géologues, les mineurs et les sapeurs-pompiers ? Ils sont sous la protection de Sainte-Barbe, une des saintes les plus honorées en Flandre comme ailleurs, invoquée contre la foudre et la mort subite.

Son père, Dioscore, est païen et fortuné, Barbe une jeune vierge d’une grande beauté à marier… Par précaution, son père la fait enfermer dans une haute tour afin d’éloigner les prétendants. En son absence, elle fait percer une troisième fenêtre pour représenter la sainte-Trinité et trace des croix sur les murs. Son père demande leur signification. Pour elle, il s’agit du Père, du fils et du Saint-Esprit et la croix le martyre du Christ. Dioscore entre en une fureur noire !

Barbe s’enfuit, il la ramène à la tour en la traitant comme une esclave puis demande à ce qu’elle comparaisse devant Marcien, le gouverneur de la Province, afin qu’elle soit châtiée pour sa conversion. Marcien tente de la faire fléchir mais devant son obstination, prononce la sentence. Les chrétiens sont considérés comme ennemis de l’Empire, ce sera donc la peine capitale ! Elle est flagellée puis jetée au cachot où une intervention divine la guérit de ses plaies.

Le lendemain, elle comparait à nouveau, elle refuse de sacrifier l’encens à l’Empereur. Nouvelle ire de Marcien qui ordonne au bourreau de lui déchirer les flancs avec des peignes de fer, de les brûler avec une torche puis de lui assener de violents coups de marteau sur la tête. Et la jeune fille de prier sans relâche ! Ne pouvant finir à bout de sa foi, le bourreau lui tranche les seins. Elle prie toujours ! Elle est alors dénudée et chassée au fouet dans les rues. Dieu la fait alors couvrir d’un vêtement lumineux pour cacher son corps meurtri. Marcien ordonne que l’on décapite la jeune vierge. Dioscore, toujours présent, s’offre comme exécuteur. Il mène Barbe en dehors de la ville et la décapite sans fléchir. Retournant chez le gouverneur, il est frappé par la foudre, ne laissant de lui que des cendres…

L’histoire de la sainte est empreinte de tant de merveilleux que l’Eglise finit par la remplacer dans le calendrier liturgique par Barbara en 1969. Honorée par les pompiers et les mineurs, elle reste aussi chère au cœur des marins : après tout, ne plaçaient-ils pas les poudres dans la sainte-barbe de leurs vaisseaux ?

vendredi 14 janvier 2011

Verhuell, de la marine batave à l’amirauté française

A Dunkerque, à deux pas du Lycée Jean Bart, rue de l’Est, une ancienne caserne abrite des appartements depuis 1988. Edifiée en 1744, elle porte alors le nom de « caserne des Dragons ». Elle abritait alors une unité de cavalerie. Rapidement, à cause de la proximité d’un théâtre, elle prend le nom de « caserne de la Comédie » pour finalement être baptisée « caserne Verhuell » à partir de 1867. En 1926, la cavalerie cède la place à un magasin de l’Intendance de Terre. La bâtisse est alors restaurée mais un incendie la ravage en 1940. Qu’importe, réquisitionnée par les Allemands, elle devient une annexe des boucheries et boulangerie puis, en 1945, est transformée en annexe des Services de l’Intendance de Lille… Pendant des années, les passants pouvaient encore discerner la trace d’une grande aigle allemande sur le mur de la caserne vide que les travaux des années 80 ont fait disparaître.



Verhuell ?

Charles Henri Verhuell est né en 1764 aux Pays-Bas. Cadet dans un régiment d’infanterie hollandais en 1775, il demande à 11 ans à être au service de mer et devient Garde de la Marine l’année suivante. En 1780, il reçoit le baptême du feu sur la frégate Argo contre des navires britanniques. Au début de 1781, breveté sous-lieutenant de marine, il participe à la bataille du Dogger Bank, toujours sur l’Argo. A l’issue du combat, mis à part le capitaine, Verhuell est le seul officier survivant sur une frégate hors d’usage ! Blessé par l’explosion d’une gargousse, il est récompensé par le grade de lieutenant de vaisseau. Il effectue ensuite une campagne au Nord de l’Angleterre durant laquelle il remplace ses officiers malades. De 1782 à 1785, il croise en Méditerranée et dans les mers du Nord sur un vaisseau de ligne. On le sait intrépide : à la fin de la croisière, avec 80 hommes, il reprend un navire dont l’équipage s’est mutiné ! Promu major, il croise jusqu’en 1789 sur les mers qui bordent l’Europe. En 1791, il continue de naviguer comme capitaine de frégate et reçoit enfin son premier commandement officiel à bord d’une corvette destinée aux Indes Occidentales. Très vite, il est fait capitaine de Vaisseau mais lors du renversement du Stathoudérat en l’an III , il démissionne avec la presque totalité des officiers de marine et entre à la Compagnie Néerlandaise des indes Orientales. Le gouvernement batave le rappelle en l’an XI avec le grade de Contre-amiral pour l’envoyer à Paris coordonner les flottes française et hollandaise.

Aux ordres de l’Empereur

Alors que Napoléon Ier prépare l’invasion de l’Angleterre, il arme une flotte à Flessingue pour amener les troupes de Davout. Il divise sa flotte en trois divisions qu’il mène successivement à Ostende et affronte à chaque fois le blocus anglais. Promu Vice-amiral et officier de la Légion d’Honneur, il devient ministre de la Marine hollandaise mais refuse de prendre son poste tant qu’il n’a pas conduit sa flottille à Calais pour rejoindre les navires français. Francophile convaincu, il accompagne la délégation venue proposer la couronne de Hollande à Louis Bonaparte qui, une fois roi, le nomme maréchal et ambassadeur à Paris.

En 1809, alors qu’il commande les forces hollandaises qui repoussent la tentative anglaise d’invasion de la presqu’ile de Walcheren, il protège vaillamment sa patrie ! Louis Napoléon le créé comte de Sevenaer. En 1810, alors que l’Empire annexe les Pays-Bas, il devient vice-amiral dans la marine française, en charge des mers du Nord et de la Baltique et développe plusieurs chantiers de construction navale : l’Empereur l’élève au rang de Comte de l’Empire en 1811. L’année suivante, il prend le commandement de l’armée navale du Helder et du Texel… Fin 1813, lors de l’invasion de la Hollande, il fait rentrer ses navires à Neuste-Diep, débarque ses hommes et laisse les bateaux à la garde de leurs officiers pour éviter que ne se reproduise la catastrophe du Texel de 1794. Avec les troupes françaises, il se retranche dans deux forts qui protègent la flotte et s’y maintient tout l’hiver 1813-1814 pour ne se rendre qu’à l’abdication de l’Empereur. Il rejoint alors Paris. Louis XVIII le maintient non seulement dans ses grade et titres mais en plus lui accorde la naturalisation. Il ne prend pas part aux Cent-jours mais il apprend plus tard que l’Empereur aurait souhaité qu’il prenne le commandement des deux frégates qui devaient l’emmener aux Etats-Unis malgré le blocus anglais… Le gouvernement provisoire fait avorter le projet en incendiant les navires dans le port de Rochefort. Cela n’empêche nullement le roi de le nommer l’un des quatre grands inspecteurs de la Marine… Admis à la retraite en 1816, il est fait Pair de France trois ans plus tard. Il se consacre à la Franc-maçonnerie dont il devient vite un dignitaire et milite pour l’abolition de l’esclavage. Mort en 1845, ne restent de lui qu’un tombeau au Père Lachaise, un nom sur l’Arc de Triomphe et une caserne à Dunkerque…

mardi 11 janvier 2011

Les fouilles du Camp de Boulogne à Etaples ont livré leurs secrets

L'équipe qui menait des fouilles archéologiques sur le site de la future ZAC des Prés à Étaples a levé le camp depuis le 17 décembre. Une vingtaine de personnes auront ainsi minutieusement scruté les sols de la zone pendant cinq mois, à la recherche de quelques tranches d'histoire étaploise. Et même s'il reste encore de longs mois d'expertises et d'études à mener sur la profusion d'objets anciens découverts, Frédéric Lemaire, l'archéologue de l'INRAP (Institut national de recherches archéologiques) en charge du chantier, livre déjà ses premières découvertes.

Un camp napoléonien complet

" Depuis 2003, nous menons ce type de recherches sur Étaples et au-delà de la connaissance des vestiges, nous menons tout un travail d'études croisées avec les archives écrites et celles du sol », explique-t-il. Des documents qui lui permettent aujourd'hui de confirmer la présence, « sur trois hectares, d'un camp napoléonien complet sur lequel 1 500 hommes du 6e régiment d'infanterie légère de la Grande Armée ont stationné pendant deux ans, d'octobre 1803 à août 1805, alors que Napoléon envisageait d'envahir l'Angleterre ", détaille-t-il.

Sur les six autres hectares fouillés, les découvertes aussi se sont révélées fructueuses, puisqu'elles ont permis de mettre à jour un établissement de la fin de l'époque gauloise, début romaine, ainsi qu'une enceinte fossoyée datant de la fin de l'ère néolithique, période de la préhistoire. « Cette enceinte, un cercle parfait de 60 mètres de diamètre et de 2 mètres de profondeur, pourrait aussi bien avoir eu une vocation funéraire, que domestique ou d'un site fortifié. Elle se situe sur les hauteurs de la ville et offre un panorama sur tout l'estuaire, à l'époque encore en eau », poursuit l'archéologue.

Outre ces trois sites, des installations allemandes de la Seconde Guerre mondiale ont également été découvertes : cinq blockhaus et des réseaux de tranchées rejoignant des positions d'artillerie.

Au total, ce sont « des centaines d'objets, se rapportant au quotidien des hommes de troupes, qui ont été trouvés, des uniformes, des pipes, des clés de montres, des boutons, des monnaies, des vaisselles métalliques, en céramique ou en verre, des inscriptions, des graffitis... ». Pour l'heure stockés dans les locaux de l'INRAP, le temps que soient faits l'inventaire et les documents archéologiques, ce sont ensuite les services de l'État qui auront à les attribuer aux éventuels musées nationaux. « Pour ce qui est des vestiges immobiliers, contrairement aux mobiliers qui sont conservés, ils seront détruits pour libérer les terrains et permettre les constructions. Nous avons pris des photos et des notes précises, mais c'est la contrainte de tout travail d'archéologie préventive. » Les résultats complets de ces fouilles pourraient faire l'objet d'une exposition au Château de Vincennes, où se trouvent toutes les archives militaires françaises, au cours de l'année 2012.

ÉLODIE ADJOUDJ

in LA VOIX DU NORD, édition de Boulogne-sur-mer du 9 janvier 2011

lundi 10 janvier 2011

en passant par la Zélande


Le beffroi à bulbe de Veere accueille le promeneur qui trouve là un idéal point de repère dans ce pays d'eaux et de basses terres.

par la petite porte

Le port de Veere, à l'abri de quelques reliques de remparts, bordé par la Campveersch Tooren, est protégé de la mer par une simple jetée de pilotis où viennent se poser les oiseaux marins, où seul le clapotis de la mer de Veere vient troubler le repos.

souvenir encombrant


Sur le mur de la Campveersch Tooren de Veere, une côte de baleine trône solidement retenue par des chaînes. Elle rappelle le souvenir des anciens baleiniers du port zélandais, activité depuis longtemps tombée dans les limbes de l'Histoire.