La suite d'Histoires du Nord ...

dimanche 27 février 2011

des nouvelles de l'Institut de la Langue Régionale Flamande

Nieuws - Actualités

Den netoordenboek gaet voorwaert

Mee den "vlaemsch/fransch" deel van 1400 oorden, je gaet nuuw een "fransch/vlaemsch" deel kunnen vinden van 850 oorden in nuuzen netoordenboek.
En 't zyn 100 spreuken meer !
Naeste maend, je gaet nog meer oorden vinden

Le dictionnaire numérique s'enrichit

En plus de la partie "flamand-français" et de ses 1400 entrées, vous trouverez maintenant une partie "français-flamand" qui comprend déja 850 entrées.
Et 100 expressions en plus !
Rendez vous au mois prochain pour une version encore plus complète


samedi 26 février 2011

wallpaper 1440*900 : Verhuell à découvert

hiver durable

Abbaye-prison de Loos : les bâtiments seront préservés

Voilà un dossier qui empoisonnait le préfet depuis quelques mois... La prison de Loos va se vider de ses détenus à partir de juin, direction Annoeullin, au sud de Lille. La suite, ce devait être la démolition des bâtiments loossois, qui longent l'A25 à la sortie de Lille et la reconstruction sur site d'un nouvel établissement pénitentiaire de 700 places. ...

Seulement, la prison de Loos, c'est évidemment la maison d'arrêt, que l'on ne peut pas manquer quand on passe sur l'autoroute. Mais c'est aussi, à gauche, le centre de détention... aménagé dès 1820 dans une ancienne abbaye. Et pas n'importe laquelle, un monastère cistercien fondé en 1146 où des moines prièrent jusqu'à la Révolution française.

Aussi, quand dans la torpeur de l'été dernier, l'annonce de la démolition du site est faite, des défenseurs du patrimoine régional, mais aussi des élus locaux montent au créneau. « On est sûr que le bâtiment est architecturalement intéressant et le site somptueux car il doit receler des vestiges », explique ainsi, fin janvier, un bénévole de Renaissance du Lille ancien, l'association qui a donné tant de fil à retordre à Martine Aubry dans le dossier Grimonprez-Jooris.

Un projet adapté

Autant dire que l'administration pénitentiaire, qui a très peu communiqué sur le sujet, s'est vite aperçue que son projet de démolition-construction pourrait faire l'objet de recours et de procédures judiciaires. Il y a quelques semaines, le préfet Bérard a donc pris les choses en main et hier après-midi, d'un simple communiqué, le ministère de la Justice a annoncé que dans une volonté de concilier « valorisation des lieux de mémoire patrimoniale et carcérale de Loos » et « indispensable reconstruction sur place d'un nouvel établissement », il avait été décidé d'adapter le futur projet. Les bâtiments du XVIIIe siècle, vestiges de l'ancienne abbaye, seront conservés « dans leur intégralité »

in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 26 février 2011

jeudi 24 février 2011

Gui de Dampierre, le dernier Comte libre

A Dunkerque, une rue porte son nom depuis 1814… Gui de Dampierre fut le dernier des Comtes de Flandres encore indépendants du voisin français.

De toutes les régions d’Europe, deux sont en avance : l’Italie du Nord et … la Flandre. C’est qu’elle a des terres généralement fertiles, des paysans entreprenants et des bourgeois entrepreneurs et audacieux qui, en ville, ouvrent de nombreux ateliers. Pour des villes comme Hondschoote ou Bruges, pour les ports comme Dunkerque, le commerce est vital… Les Comtes comprennent parfaitement la situation de la Flandre, idéalement placée sur les grandes voies commerciales.

Une émancipation tardive

Né vers 1226, Gui de Dampierre est proclamé Comte de Flandre en 1253 par sa mère, Marguerite de Constantinople, mais il n’exerce réellement le pouvoir qu’à l’abdication de cette dernière en 1279. Durant tout ce temps, il apprend le dur exercice du pouvoir en suivant les ordres de « Marguerite la Noire »… Durant sa jeunesse, sa famille combat sans cesse les visées de la famille d’Avesnes pour la succession aux Comtés de Flandre et de Hainaut. Les deux familles se vouent une haine tenace mais acceptent le compromis élaboré par Saint-Louis en 1256. Gui a déjà été emprisonné pendant trois ans dans les geôles zélandaises après la bataille de Westkapelle sur l’ancienne île de Walcheren, captivité que la paix n’efface pas… Il lui faut gagner en puissance par la possession de nouvelles terres : en 1263, Gui rachète à Baudouin II de Courtenay les droits qu’il a sur le marquisat de Namur mais il entre en conflit avec Henri V de Luxembourg qui a conquis le fief convoité par le Flamand. La guerre commence mais les deux hommes se réconcilient. Le traité de paix qu’ils concluent est scellé par le mariage de Gui à la fille d’Henri, lequel renonce alors à ses droits sur Namur. Mais la Flandre n’est pas le monde, les temps sont difficiles pour la Chrétienté. Les Croisés ont perdu Jérusalem depuis longtemps et l’idéal des Croisades est un pieux souvenir… Saint-Louis ne peut que vouloir reprendre la ville trois fois sainte : ce qu’il a entrepris en Terre Sainte à la précédente croisade n’est plus… Il décide donc une dernière expédition ultramarine. Sa flotte mouille devant Tunis. Il met le siège devant la ville. Les Croisés subissent les assauts de la peste. Le Saint-Roi des Français s’éteint avant de revoir Jérusalem, la Croisade est morte sous le soleil tunisien… Gui de Dampierre peut revenir en Flandre…

Le Lys contre le Lion

Comme Comte, il privilégie le commerce de la laine avec l’Angleterre afin de garantir l’économie des villes drapières. Cherchant à contrôler les finances locales, il se heurte aux échevinages trop jaloux de leur pouvoir et qui prennent appui sur le Roi de France qui lorgne sur ces terres voisines, si riches et si peuplées. Le petit peuple prend position pour le Comte de Flandre, gardien de leurs intérêts. Les rois de France s’invitent dans la politique flamande quand, en 1297, Gui tente de marier sa fille Philippine à Edouard, héritier de la couronne d’Angleterre… Quel fantastique ensemble politique cela ferait ! C’en est trop pour le bouillant Philippe le Bel, son suzerain, qui entre alors en Flandre, place des garnisons dans les villes où il passe, se bat à Furnes et occupe le pays ! Gui, rebelle à ses engagements vassaliques, est emprisonné après s’être rendu avec deux de ses fils et cinquante chevaliers. C’est sans compter sur la colère du peuple qui gronde ! Au matin du vendredi 18 mai 1302, les matines de Bruges sont sanglantes : toute personne suspectée d’être partisan du Lys de France est massacrée par les fidèles du Comte. Il faut affronter l’armée royale. Trop confiants face à la piétaille flamande, les chevaliers de Philippe le Bel sont massacrés par les milices communales à la bataille de Courtrai le 11 juillet 1302. Ultime affront, les éperons d’or de la fine fleur de la chevalerie française sont alors pendus au plafond de l’Eglise Notre-Dame de Courtrai. Philippe le Bel tient sa revanche ! En 1304, ses navires défont d’abord la flotte de Gui au sud de la Hollande puis ses chevaliers écrasent les Flamands à la bataille de Mons-en-Pévèle le 18 août, sous une chaleur caniculaire… Gui de Dampierre a, depuis sa libération, confié le Comté à son fils Robert mais il est impuissant : les Français ont déjà pris le contrôle des Flandres… pour un temps ! Quant à Gui, il se constitue à nouveau prisonnier et meurt en captivité à Compiègne l’année suivante. Gui , l’âme de la lutte acharnée contre l’Ogre français, ne put garder la Flandre hors d’atteinte de son voisin.

vendredi 18 février 2011

courbes accrocheuses

indiscrète fenêtre

brève rencontre

toujours d'actualité !

Vu sur la lunette arrière d'une voiture stationnée là où, benoîtement, l'auteur de ces lignes grillait une petite cigarette, tranquillement dans le froid... et se dire que, bien que défraîchi, bien que les couleurs n'étaient plus qu'un souvenir, le message restait diablement d'actualité...

wallpaper 1440*900 : speed !

Il parlait de liberté, de démocratie…

Au bout de la place Calonne, rue Lavoisier, se trouve un minuscule square rue Lavoisier. Sur ces quelques mètres-carrés, quelques bancs, des arbres et une stèle… que l’on finit par ne plus remarquer. Elle rappelle que la démocratie n’est pas une idée universelle… Au moment où se joue le destin politique du Moyen-Orient, le souvenir du Père Popieluszko doit interpeller ceux qui oublient combien la Liberté est précieuse et souvent chèrement payée quand on en est privé.


Né dans une famille modeste de paysans, Jerzy Popieluszko est ordonné prêtre en 1972, à l’âge de 25 ans. En octobre 1978, l’archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, est élu pape sous le nom de Jean-Paul II. Premier Pape venu du Bloc de l’Est, c’est un signe d’espoir pour les Polonais où l’Eglise catholique est la principale force d’opposition politique jusqu’à la naissance du syndicat Solidarnosc. Fondé dans l’illégalité par Lech Walesa, Jerzy Popieluszko en devient l’aumônier. En 1980, les chantiers navals de Gdansk se mettent en grève. L’état d’urgence est proclamé le 13 décembre 1981 sur ordre de Moscou. Plus aucun rassemblement n’est autorisé hormis les messes et Solidarnosc est hors la loi.


Le Père Popieluszko prononce de vibrantes homélies condamnant la dictature durant ses messes qui attirent des centaines de fidèles. La police politique cherche à provoquer les fidèles pour trouver motif à condamner le prêtre. En 1983, celui-ci est arrêté puis relâché grâce à la pression de l’Eglise. Il échappe l’année suivante à un accident de voiture destiné à le tuer. Le 19 octobre 1984, il est enlevé par la police mais son chauffeur s’échappe et alerte la population. Séquestré, le prêtre est torturé à mort, son corps lesté est jeté dans un réservoir d’eau de la Vistule. Il n’est découvert que plusieurs jours plus tard. Ses assassins sont condamnés à de lourdes de peines pour dédouaner le gouvernement mais en 1987, ils bénéficient de généreuses remises de peines. Plus de 500.000 personnes assistent à ses funérailles. L’homme qui parlait de liberté, de démocratie et de droits de l’Homme a contribué à l’affaiblissement du communisme totalitaire en Europe de l’Est. En 1997, le Pape Jean-Paul II ouvre son procès en béatification en tant que martyre de la foi. Le Père Popieluszko est proclamé bienheureux en 2010. Quant à Dunkerque, la stèle élevée près de la place Calonne rappelle que le sacrifice, décidé ou infligé, n’est pas qu’une affaire de foi, il est aussi l’ultime expression de la conviction.



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mardi 15 février 2011

trésors cachés



Terminus-nuit

reflet...

tempus fugit...

en ligne : un dictionnaire numérique flamand/français

Een vlaemsch/fransch netoordenboek

Je gaet nuuw een oordenboek kunnen vinden op 't nethuuseke van d'Akademie voor Nuuze Vlaemsche Taele.
'T werk van den werkgroep "Akademie" is edaen mit d'helpe van den boek van Jean Louis Marteel en van den oordenboek Fagoo-Sansen-Simon. D'Akademie gaet voorwaert mee zyn oordenboek al schryven d'oorden mee de nieuwe spellinge die beschikt ewist het van de members van dien werkgroep.
'T zyn al 1200 vlaemsch/fransch oorden en 500 spreuken. Elk maend een nieuwen deel gaet op 't nethuuseke eleid zyn toet dat me gaen 10.000 oorden en bekan 4.000 spreuken hen. Me gaen oek een fransch/vlaemsch deel leggen op 't nethuuseke binste kortemaend. Ton, me gaen twee keer zo veele oorden hen.
Den werkgroep "Bewaering van de Taele" werkt oek elk maend, mit een stik of twaelve members dien ossan vlaemsch eklapt hen, om mei te doen om oorden te kunnen vinden voor den oordenboek.
Den oordenboek gaet ton edrukt zyn mee 10.000 vlaemschen oorden. De kosters en de leerlingen, en alle de menschen dien in 't vlaemsch schryven, beiden achter een zulken boek. Azoo, ze gaen den boek kunnen krygen, een bitje op een keer en zounder te betaelen.
En nuuw, klykt maer !

Un dictionnaire numérique flamand/français

Le site internet de l'Institut de la Langue Régionale Flamande vient de s'enrichir d'un nouveau dictionnaire en ligne, téléchargeable gratuitement.
Grâce aux travaux de la commission "Academie" et sur la base du manuel de Jean Louis Marteel et du dictionnaire Fagoo-Sansen-Simon, l'Institut complète progressivement un nouveau dictionnaire répondant aux normes orthographiques validées par les linguistes de l'ILRF.
Il comprend actuellement environ 1200 entrées flamand/français et 500 expressions. Chaque mois une nouvelle version plus dense sera mise en ligne jusqu'à inclure environ 10.000 entrées et près de 4.000 expressions. Une version français/flamand sera également disponible dès la fin du mois de février sur le site. Elle doublera par conséquent le nombre d'entrées.
Le dictionnaire sera enrichi des travaux de la commission "Collectage" qui réunit mensuellement une douzaine de flamandophones.
Une version papier du dictionnaire sera éditée dès que les 10.000 entrées flamandes seront atteintes. Cet ouvrage, très demandé par les enseignants et les élèves des cours de flamand, et aussi par toutes celles et ceux qui créent en flamand sera ainsi accessible progressivement et... gratuitement en version numérique.
Cliquez vite !




mercredi 9 février 2011

Freycinet, le parrain oublié du port de Dunkerque

Si Trystram était le père du nouveau port de Dunkerque, Louis Charles de Saulces de Freycinet en fut le parrain. Ne garder que son nom pour désigner nos quais, c’est oublier qu’il fut une grande figure de la République.

Au service de l’Etat

Né dans une famille protestante de Foix en Ariège en 1828, il entre à l’Ecole Polytechnique en 1846. Au moment où éclate la révolution de 1848, il se révèle ardent Républicain. Ses actions d’éclat attirent l’attention du Gouvernement. De 1848 à 1852, il étudie à l’Ecole des Mines puis il entre à l’Administration des Travaux Publics à Mont-de-Marsan, passe par Chartres puis Bordeaux. Jusqu’en 1862, il est le chef d’exploitation de la Compagnie des chemins de fer du Midi puis il revient au service de l’Etat en menant une mission d’étude en Angleterre en 1863 sur le travail des enfants. Il voyage ensuite dans le reste de l’Europe jusqu’en 1868 pour étudier la prévention des risques industriels et l’amélioration de la protection des travailleurs. A son retour, il publie ses conclusions sur le travail des femmes et des enfants en Angleterre en 1869, que l’Académie des Sciences morales couronne d’un prix…

Au cours de ces missions, il s’est intéressé à la réforme administrative et se retrouve nommé à la « commission de décentralisation » mais la guerre franco-prussienne lui offre de nouvelles perspectives. En 1870, préfet, il est promu dans l’ordre impérial de la Légion d’honneur mais il démissionne. Il rejoint Gambetta à Tours, qui le nomme délégué à la guerre. Le voilà membre du gouvernement de la Défense Nationale en 1870-1871. Le Second Empire est déchu, la République s’impose petit à petit mais elle n’est qu’une suite de compromis et d’opportunités, une kyrielle d’alliances éphémères et de querelles byzantines. Les majorités se font et se défont et les ministères tombent régulièrement. Alors que la République écrit ses lois constitutionnelles, Freycinet dirige une forge et un haut-fourneau achetés dans les Landes en 1872 mais il ne peut quitter la politique : il devient Sénateur de la Seine, un siège qu’il occupe de 1876 à 1920 alors qu’il a été élu dans plusieurs circonscriptions en même temps, la loi autorisant de présenter des candidatures multiples.

Une carrière ministérielle active

De 1877 à 1879, il est ministre des Travaux Publics où il œuvre pour le développement économique de la France. A Dunkerque, c’est convaincu par Trystram qu’il accorde les crédits nécessaires à l’agrandissement et à la modernisation du port. Il multiplie aussi les lignes de chemins de fer pour desservir le plus de territoire possible mais les voies se révèlent souvent de piètre qualité. Qu’importe, les Français bénéficient en plus grand nombre du progrès. Autre grand dossier, il travaille à la modernisation des voies fluviales en établissant notamment une nouvelle norme pour la taille des écluses (donc des péniches) à laquelle on a donné son nom.

Il assure plusieurs fois la charge de Président du Conseil… qu’il cumule avec celle de Ministre des Affaires Etrangères en 1879-1880 puis en 1885-1886… Et l’on ne parlait pas alors d’hyperprésidence ! En 1886, il réussit à faire expulser les prétendants au trône de France, interdisant tout espoir de Restauration… Battu à l’élection présidentielle de 1887, il devient le premier civil à être Ministre de la Guerre. Avait-il la même vision que Clemenceau qui disait que la guerre était une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires ? Ici aussi, les réformes sont considérables : il porte le service militaire à trois ans, créé l’état-major général et modernise l’équipement avec le fameux canon de 75 modèle 1897 et le fusil Lebel, malheureusement utilisé pour la première fois sur cible humaine le 1er Mai 1891 à Fourmies, une fusillade qui oblige Freycinet à créer une législation sociale. Accusé d’avoir voulu étouffer le scandale de Panama, il est éloigné du pouvoir mais redevient Ministre de la Guerre au moment de l’affaire Dreyfus où il prend le parti de défendre l’Armée envers et contre tout. Président de la Commission des forces armées au Sénat, il est encore ministre d’état en 1915-1916… A 87 ans, il subjugue le Président Poincaré par son énergie et ses analyses. C’est que l’homme est aussi reconnu pour ses qualités intellectuelles : membre libre de l’Académie des Sciences depuis 1882, il est élu à l’Académie française en 1890. Il décède en 1924, à l’âge de 95 ans, après avoir été l’un des plus ardents artisans du développement économique français.

samedi 5 février 2011

nostalgie

souvenirs

courbes parfaites

charme désuet

Patrimoine régional, l'abbaye-prison sera-t-elle sauvée d'une destruction annoncée ?


Transformé en prison après la Révolution française, le bâtiment doit être détruit pour laisser place à un nouvel établissement pénitentiaire. Mais deux associations, dont la réputée Renaissance du Lille ancien, entendent le sauver. Convaincues de sa richesse patrimoniale, elles ont demandé une instance de classement. Le temps presse.

1. Le projet de l'administration pénitentiaire

La rumeur qui courait depuis quelques semaines a été confirmée au coeur de l'été 2010 par le ministère de la Justice. La prison de Loos - qui comprend un centre de détention et une maison d'arrêt - sera détruite en vue d'une reconstruction sur site à l'échéance 2015. Le projet présenté fait état d'un nouvel établissement de 700 places. La fermeture de la prison loossoise ne chagrine personne tant les conditions de détention y sont mauvaises. En revanche, la destruction du centre de détention suscite quelques réactions. Le bâtiment est une ancienne abbaye du XIIe siècle, reconstruite au XVIIIe... Mais la nouvelle semble s'évaporer dans la torpeur de l'été. Le transfert des premiers détenus débutera en juin 2011.

2. Une demande de classement en cours

Branle-bas de combat à la rentrée. Anne Voituriez, élue d'opposition et membre de l'association Loos pour tous, exhume une demande d'inscription aux Monuments historiques formulée en 2005 par une autre association locale. On apprend que la direction régionale des affaires culturelles a jugé le bâtiment suffisamment intéressant sur le plan patrimonial pour valider le principe d'une demande. L'inscription nécessite le passage du dossier en commission.

L'abbaye-prison n'a pas encore été inscrite à l'ordre du jour, mais la démarche est susceptible de perturber le projet de l'administration. Car toucher à un patrimoine inscrit est compliqué...

3. Le préfet prend le dossier en main...

Un acteur de cette affaire le confie sous le sceau du secret. « C'est tendu, le préfet a pris les rênes du dossier. » La semaine dernière, la préfecture nous confirme qu'une réunion est programmée. Autour du secrétaire général de la préfecture, sont annoncés des représentants de l'administration pénitentiaire, de la DRAC et de la DREAL. La réunion se serait tenue mardi. Rien n'a pour l'instant filtré sur son contenu. Seule certitude : la préfecture a tout intérêt à trouver un compromis. Car les terrains disponibles susceptibles d'accueillir une prison sont rares dans la métropole lilloise. Et le temps presse.

4. Les associations écrivent au ministre

Le temps presse aussi pour les associations mobilisées autour de l'abbaye-prison. En début d'année, l'association Renaissance du Lille ancien (RLA) a rejoint le combat. RLA s'est taillé une belle réputation en quarante ans d'actions. On lui doit notamment l'abandon du projet de stade Grimonprez-Jooris 2.

Pour ses dirigeants, « la seule protection, aujourd'hui, c'est l'opinion publique ». Les associations ont chacune lancé une pétition.

Cette semaine, elles ont demandé une instance de classement au ministre de la Culture. Si elle aboutissait, l'initiative, rare, empêcherait toute démolition ou transformation pendant un an...

Gilles CONTRAIRE

in LA VOIX DU NORD, édition de Lille du 5 février 2011