La suite d'Histoires du Nord ...

mercredi 23 mars 2011

A l'ombre de sainte-Philomène...


Près de Gravelines, sur la route de Saint-Georges-sur-l’Aa, se dresse une curieuse petite chapelle édifiée par des marins en 1841. Dédiée à Sainte-Philomène, elle attire inévitablement le regard par sa forme ronde et son toit d’ardoises, peu commun dans la région. La chapelle, témoin d’une totale dévotion en la sainte est comme un fanal sur la route qui mène à mer. Le seul souci, c’est que la pauvre Philomène, la « petite sainte du curé d’Ars » n’est plus aujourd’hui reconnue par l’Eglise.

Une découverte tardive

En 1802, des fouilles sont entreprises sous l’autorité du Vatican dans la catacombe romaine de Priscille. L’on y découvre la sépulture d’une jeune fille fermée par trois briques portant l’inscription « LUMENA / PAX TE / CUM FI ». Les érudits jugent que deux briques ont été interverties : ils traduisent l’épitaphe par « La Paix soit avec toi, Philomène ». Un nom qui signifie « bien aimée ». Sur la tombe romaine, l’inscription est entourée d’une ancre, symbole d’espérance et de martyre, d’une palme pour le triomphe des martyres, de deux flèches, d’une lance et d’un lys, représentation de la pureté. Il n’en faut pas plus pour supputer que la jeune fille a été persécutée. De là à la canoniser, il n’y a qu’un pas ! A l’examen des restes, l’on constate que la jeune fille est morte à l’âge de 12 ou 15 ans, que le crâne a été fracturé. La fiole de sang desséché posée à son côté plaide en faveur de la thèse de la martyre. En 1805, ses reliques partent à Mugnano, près de Naples, où l’un des prêtres de la paroisse qui l’accueille rédige sa biographie en ne se fondant que sur les signes exposés sur la tombe. Selon lui, l’enfant a été martyrisée sous Dioclétien, et d’ajouter que vierge, elle aurait d’abord été percée de flèches, puis jetée dans le Tibre avant d’être décapitée par le glaive. Un récit hagiographique qui ne repose que sur bien peu d’informations incontestables. En 1827, le pape Léon XII offre à l’église où se trouvent les reliques les trois briques d’argiles scellant la tombe. La dévotion envers elle se développe rapidement, à la faveur de guérisons et autres miracles dont l’un au moins est constaté par le Pape Grégoire XVI. Il fait mener des enquêtes et finit par autoriser le culte de la sainte, d’abord célébrée le 10 août puis le 11 sous Léon XIII.

Sortie du calendrier en catimini…

Depuis le début du XXe siècle, la polémique fait rage dans les milieux autorisés, mettant en cause à la fois la méthode et les « révélations » de certains religieux à l’origine du culte. La vie de la Sainte elle-même ne repose sur rien de vérifiable ! Une sainte « inventée » à la façon romantique, voilà ce que pensent de plus en plus d’historiens et de théologiens, et même si l’infaillibilité pontificale a été engagée dans le procès en canonisation, le doute est bien trop important. Son culte est de plus en plus sujet à caution sauf, peut-être, chez ses paroissiens. En 1961, l’Eglise catholique entreprend de faire le ménage dans le martyrologe romain. C’est le moment de faire le tri entre saints, bienheureux et autres martyres. La Sacrée Congrégation des Rites supprime la fête de Sainte-Philomène du calendrier liturgique car les certitudes sur la sainte sont plutôt ténues. D’ailleurs, rien ne semble indiquer qu’elle soit le corps correspondant à l’inscription. De plus, une brique découverte un peu plus tard change la phrase en « filomena théou », aimée de Dieu… Plus un nom mais un qualificatif. Le doute est d’autant plus fort que lors des inhumations, on n’hésitait pas à bouger les restes, ni à employer les matériaux plus anciens comme les briques qui ferment les niches où sont déposés les défunts. Pour nombre de chercheurs, le corps de Philomène ne remonterait pas au-delà du IVe siècle : pour les premiers chrétiens, il était de bon temps de reposer au milieu des restes des premiers croyants, et ce même si les persécutions s’arrêtent en 313 avec l’édit de Milan.

Si elle n’est plus officiellement fêtée, Philomène continue de faire l’objet d’un culte fervent notamment à Naples, toujours comme sainte-patronne du Rosaire Vivant et des enfants de Marie.

à noter dans vos tablettes... ça se passe à La Panne (B)

dimanche 20 mars 2011

pour les amateurs de noeuds

Dunkerque 26 & 27 mars
11éme Journées européennes des amateurs de noeuds

Au Musée portuaire de Dunkerque, les 26 et 27 mars prochain, se rassembleront, venus de toute l'Europe, des passionnés de matelotage : art du matelot qui concerne tous les travaux exécutés avec des cordages : noeuds, épissure, amarrage.
L'International Guild of Knot Tyers (IGKT) ou Guilde internationale des noueurs est une association regroupant des passionnés de noeuds en tous genres. Elle a pour but l'étude, la pratique et la transmission de l'art des noeuds ; elle compte plus de 1000 membres à travers le monde et environ 80 dans l'Hexagone.
La section française de l'IGKT a choisi Dunkerque et a fait appel à la FRCPM pour organiser ses journées européennes et son assemblée générale annuelle. Les 26 et 27 mars, l'IGKT France sera accueillie par le Musée portuaire et présentera les réalisations de ses membres dans l'entrepont de la Duchesse Anne.

hommage fellinien ...

musiques célestes

wallpaper 1440*900 : dévotion mariale

wallpaper 1440*900 : entre ombre et lumière

wallpaper 1440*900 : temps de carême

fenêtres pour le Ciel

wallpaper 1440*900 : une question de lumière

Profitant de l'ouverture de l'église Notre-Dame à Rosendael, chose rare en ces temps de déchristianisation qui vident et ferment les sanctuaires, on entre dans la pénombre pour être inondé d'une incroyable lumière bleue. L'on se sent envahi par le calme et le silence des lieux hantés par le souvenir des foules, et les souvenirs d'ailleurs de remonter, rappelant de vieilles réminiscences de la basilique de Pontmain, au fin fond de la Mayenne.

hommage à Kandinski ?

wallpaper 1440*900 : le repos du greffier

... pour celui du guerrier, on verra plus tard !

wallpaper 1440*900 : souvenir d'escapades

wallpaper 1440*900 : le développement durable s'enracine

wallpaper 1440*900 : barricades ...

wallpaper 1440*900 : usure assurément...

wallpaper 1440*900 : Rosendaël d'hier ou d'aujourd'hui ?

wallpaper 1440*900 : passé dunkerquois recomposé

samedi 19 mars 2011

en passant par l'Excentric


Une journée ensoleillée, enfin, permettant quelques pas dehors. Journée fraîche mais où la joie de retrouver des cieux céruléens et l'éclat du soleil dans les fenêtres grandes ouvertes suffit au bonheur après tant de semaines de grisaille... A quelques rues, on remonte le temps dans le quartier Excentric, à Rosendaël, constructions d'après-guerre qui ont gardé un certain cachet malgré les outrages du temps et de la vie urbaine...






abandon

wallpaper 1440*900 : mécanique céleste à Warhem

après "fenêtre sur cour"... portes sur rue

wallpaper 1440*900 : apprenti prédateur

wallpaper 1440*900 : vague de foi


La modernité apporte parfois des formes intrigantes comme l'église sainte-Bernadette de Dunkerque qui fait figure de vague figée vers le ciel

vendredi 11 mars 2011

Pascal Leroux fait entrer le carnaval dunkerquois à l'office de tourisme de St-Pol-sur-mer


| SAINT-POL-SUR-MER |

L'office de tourisme se met à l'heure du carnaval en présentant, jusqu'à mardi, des oeuvres de Pascal Leroux, au premier étage du beffroi. «Je suis artiste à mes heures perdues. Je peins depuis mon enfance et j'ai toujours aimé ça», explique le peintre. autodidacte.

Pascal Leroux a touché à toutes les techniques de la peinture avant d'élargir son champ d'expression vers d'autres supports que la toile. Carnavaleux dans l'âme depuis l'enfance, il allie ses deux grandes passions pour traduire dans ses tableaux la chaleur, les couleurs et l'ambiance du carnaval dunkerquois. «Le carnaval n'est pas mon seul sujet de peinture, nuance-t-il. Je suis également marin de profession et la mer est aussi un de mes thèmes privilégiés d'expression.» L'artiste ne se contente pas de peindre sur la toile. Il décline également son art sur des supports du quotidien : mugs, tee-shirts, porte-clefs, sets, etc.

Créateur de la marque Les P'tits Bout'ches, ses figurines font elles aussi fureur. •

Exposition Pascal Leroux, jusqu'à mardi, à l'office de tourisme, place du Chevalier-de-Saint-Pol. Visible du mardi au vendredi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h ; samedi et dimanche, de 10 h à 12 h. Entrée libre.

in LA VOIX DU NORD, édition de Dunkerque du 11 mars 2011

mardi 8 mars 2011

souvenir d'une autre guerre à Arnèke

Loin du centre du village, le cimetière militaire d'Arnèke est un havre de paix, perdu dans les champs, longé par une route déserte... Terre anglaise comme tous ces jardins de pierre, on y retrouve aussi les tombes de soldats français ainsi que quelques Allemands, enterrés côte à côte, sacrifiés dans les combats de 1917 et 1918... Ennemis par la volonté des Etats, unis dans la mort au champ d'honneur...



clochers des Flandres: la hallekerke de Warhem, telle un vaisseau posé à terre





dans le sancta sanctorum de Warhem

Rares sont les églises accessibles en Flandre hors des heures des offices ou des visites guidées... C'est que la loi de 1905 a alourdi les finances des communes en leur donnant les églises et autres sanctuaires édifiés avant la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat... Affecter du personnel n'est possible que dans les grandes villes, et encore... Et les vols de ces dernières années ne plaident pas en faveur d'un accès libre aux sites... Alors comment remercier ce monsieur qui m'a ouvert les portes de l'église de Warhem hier après-midi alors qu'il attendait quelqu'un de la Fondation du Patrimoine pour trouver les subsisdes nécessaires à des travaux devenus urgents... Car Warhem ne fait pas exception, nos églises souffrent de notre climat, du temps qui passe et de la désaffection de certains pouvoirs publics en tant que patrimoine... Je vous laisse donc quelques clichés de cette hallerkerke qui vait assurément que l'on s'y arrête quelques instants...