La suite d'Histoires du Nord ...

mercredi 25 mai 2011

Baudouin Bras-de-Fer, premier d'une longue lignée


On ignore la date de naissance de Baudouin Ier de Flandres. Celui qui a gagné le surnom de «Bras-de-fer» pour ses redoutables qualités guerrières est le comte du «Pagus Flandrensis», une petite circonscription côtière coincée entre mer et marais côtiers où il mène la lutte contre les Normands qui dévastent ses terres depuis les premières années du IXe siècle. Tout au plus est-il décrit comme de grande stature et agile à cheval, un guerrier accompli.

Vers 862, alors qu’il séjourne à la cour royale alors installée à Senlis, il enlève Judith, la fille du Roi Charles le Chauve. La demoiselle n’a pas encore vingt ans et pourtant elle est déjà veuve de deux rois anglo-saxons, Ethewulf de Wessex, puis son fils Ethelbald. Prenant prétexte de la coutume germanique du rapt, il enlève l’héritière royale. Il a certainement bénéficié de l’aide du frère de cette dernière, le futur roi Louis le Bègue. A-t-elle suivi Baudouin de son plein gré ? Certainement… En effet, l’enlèvement, certains disent le «viol», place le roi devant le fait accompli. Le couple s’unit secrètement par les liens du mariage, provoquant la fureur royale. Ils sont forcés de se cacher tandis que Louis le Bègue trouve la protection d’un prince plus puissant, très vraisemblablement en Bretagne, où l’autorité royale est à peine reconnue. A Soissons, un synode épiscopal les excommunie. Hors de la communauté chrétienne, ils sont privés des secours de la foi comme des hommes. Qu’importent, les époux se rendent près du pape pour plaider leur cause. Le Pontife intercède auprès de Charles qui accepte de ratifier le mariage en 862 ou 863. Non seulement Baudouin devient gendre royal mais en plus, on agrandit un peu le territoire que le roi lui confie. Encore fonctionnaire royal, Baudouin Ier s’assure que son emploi devienne héréditaire. La dynastie comtale flamande est enfin fondée. Et ‘a désormais de cesse d’être de plus en plus puissante. Défenseur acharné de son comté, il fortifie Arras, Gand et Bruges dont il fait sa capitale ainsi qu’un couvent à Furnes qui reçoit les reliques de Sainte-Walburge. Baudouin décède en 879 à l’abbaye Saint-Bertin, à Saint-Omer, où il a pris l’habit. Son corps y est déposé alors que son cœur et ses entrailles sont confiées à l’église Saint-Pierre de Gand.


dimanche 22 mai 2011

wallpaper 1440*900 : le crépuscule du héros

abandon

passage...


Les uns y verraient une construction arachnéenne, d'autres y dessineraient des pentacles, quoiqu'il en soit, un passage couvert, à Dunkerque, c'est souvent bien utile...

berges tranquilles

promotion commerciale

Voilà que les annonces et autres accrochent envahissent les écrans de pub à la télévision et fleurissent sur les devantures des magasins. Nul ne peut y échapper, la fête des mères, c'est bientôt, le 29 mai prochain... On ne pourra pas dire que vous n'étiez pas au courant... Seulement voilà, certaines vitrines profitent de l'aubaine festive... Mais à qui s'adresse-t-elle ? Franchement, quel enfant (quelque soit l'âge) oserait aller acheter de la lingerie fine pour sa chère maman... Des roses blanches, un parfum, pourquoi pas même un collier de nouilles à la rigueur... On frémit d'oser imaginer la scène !

N'aurait il pas été plus judicieux pour ce magasin de frous-frous et autres dentelles de modifier son slogan par "fête des futures mères" ?

double vision

wallpaper 1440*900 : pour Erato...

accueil glaçant

fantôme


D'un coup, une enseigne tombée dans l'oubli resurgit au moment d'un ravalement de façade d'un vieux quartier de Dunkerque.

Souvenir du Grand Siècle dunkerquois

souvenirs désuets

vendredi 20 mai 2011

Quand l’amour devient calvaire

Godelieve nait vers 1049 à Wierre-Effroy, dans le Boulonnais. Son père est le seigneur des lieux. Sur la foi de sa réputation, Bertholf de Ghistelles, un jeune seigneur flamand, la désire pour épouse. Il se rend à Wierre, fait sa demande bien que le père de Godelieve ait déjà accepté qu’elle prenne le voile. Bertholf obtient pourtant le consentement de la jouvencelle par l’intervention du Comte de Flandre. Ne voulant déplaire à ses parents, elle épouse Bertholf, en 1067, à l’âge de 18 ans. La vie de la jeune châtelaine est morne car sa belle-mère la hait et son mari a décidé de la faire disparaître : sa mère ayant rejeté l’épouse dès la première entrevue, son amour pour elle s’est éteint aussitôt ! Godelieve passe sa vie entre vexations et insultes de sa belle-mère et indifférence du mari. S’absentant, il laisse Godelieve entre les mains de sa mère : elle l’injurie, l’oblige à rendre ses bijoux et la jette dans une geôle. A son passage, les domestiques doivent l’insulter. On l’envoie dans les champs chasser les corneilles. L’époux, quant à lui, se répand en calomnies sur son épouse dans toutes les villes où il passe… Tant et si bien qu’une femme compatissante vient la convaincre de retourner chez ses parents.

A Wierre, personne ne la reconnait. Mauvais traitements et sévices l’ont défigurée. Son père, outragé, s’en plaint auprès du Comte de Flandre qui préfère remettre l’affaire entre les mains de l’Eglise. La séparation est soumise à l’évêque de Tournai mais celui-ci exige que les époux reprennent la vie conjugale. Devant l’injonction épiscopale, Bertholf s’effraie, rejette la faute sur sa mère et s’engage à respecter l’ordre reçu !

Alea jacta est !

Le sort de Godelieve est scellé ! A peine revenue à Ghistelles, elle retrouve sa cellule, les coups, les insultes, les privations… Un an de ce régime ne vient pas à bout de la martyre. Mère et fils décident d’en finir de façon plus radicale. Feignant le repentir parce qu’une maladie le rongerait, Bertholf offre à Godelieve de vivre avec elle comme au premier jour. Comment décrire l’étonnement ? Confiante pourtant, l’idylle dure une semaine puis Bertholf, prétextant un rendez-vous avec une matrone qui doit le guérir - une de ces guérisseuses qu’il promet de lui présenter au plus vite - part pour Bruges, pour détourner les soupçons. Au milieu de la nuit du 5 au 6 octobre 1070, on vient la tirer de son sommeil sous prétexte que la fameuse matrone veut la voir immédiatement ! A peine vêtue, Godelieve descend dans la cour où des hommes l’attrapent et l’étranglent avec une nappe, sans qu’elle ne puisse pousser un cri. Comme le sang coulait des yeux, de la bouche et des narines de l’infortunée Godelieve, ils la jettent dans le puits pour la laver et la couchent dans son lit pour simuler une mort naturelle. Le matin, les domestiques qui découvrent le corps remarquent bien les traces de strangulation et ne sont pas convaincus par l’affliction de Bertholf et de sa terrible mère. Quant au Comte, il ne fait pas grand cas de cette affaire, ayant bien d’autres soucis sur ses terres.

Vers la sainteté

Veuf, Bertholf se remarie mais, faut il y voir la justice divine, il lui nait une fille aveugle. A 9 ans, l’enfant qui avait entendu parler de Godelieve, se prend d’affection pour la disparue, la priant chaque jour. Un matin, elle se lave les yeux avec l’eau du puits dans lequel Godelieve fut trempée et recouvre la vue. Bertholf, mortifié se retire au monastère de Saint-Winoc après avoir été mander le pardon à Rome. Désormais, sa vie n’est plus que mortification.

Sur son lit de mort, les moines découvrirent ses chairs meurtries par la cotte de mailles qu’il portait à même la peau depuis son entrée au monastère. Le cilice est un doux amusement à côté de ce traitement ! Ne doutant plus de son repentir, ils l’enterrèrent couvert de son haubert à l’entrée de l’Eglise. Quelques années plus tard, on l’exhuma. Le corps intact et « l’odeur de sainteté » offrirent à l’abbaye un saint de plus.

Le corps de Godelieve fut levé en août 1088. Découvert lui aussi intact, sa réputation de sainte se répand dans toute la Flandre où plusieurs chapelles ont été dressées à sa dévotion. La sainte représentée une écharpe ou une corde est invoquée par les femmes maltraitées par leurs maris ou par celles qui ont un époux de mauvaise humeur, son eau aurait le pouvoir de guérir les yeux. Elle réunit aussi un pèlerinage le dimanche qui suit le 6 juillet, qui réunit de nombreux croyants à Ghistelles.

indignation colorée


L'espace de libre parole se restreindrait-il que tous les supports soient bons pour s'exprimer ?

crépuscule dunkerquois

jeudi 19 mai 2011

grand régional et rien de plus

Autant devancer vos recherches, Histoires du Nord 2 est et sera le seul site où vous ne trouverez rien sur l'affaire Strauss-Kahn...

samedi 14 mai 2011

souvenir d'une héroïne lilloise



Le monument commémorant le souvenir lillois de Louise de Bettignies, ardente résistante de la Grande Guerre et de l'occupation allemande, reste à l'écart du coeur de ville, près du lycée Pasteur. Quand le raménera-t-on enfin en pleine lumière, près de sa demeure ou de la statue du jeune Léon Trulin ?

mercredi 11 mai 2011

La tragédie de l'Adroit


1940, la « drôle de guerre » prend fin après des mois d’une interminable attente. Les armées allemandes envahissent la France. Dunkerque devient le théâtre d’une tragédie dont la silhouette éventrée de l’Adroit échoué sur le sable de Malo-les-Bains est une des images qui a le plus marqué les mémoires.

Au milieu des années 20, les Ateliers et Chantiers de France de Dunkerque se voient confier la construction du torpilleur car on sait y lancer des navires quasiment prêts à prendre la mer, voire à combattre. Mis sur cale en mai 1926, lancé en avril 1927, il est admis au service actif en octobre 1929. Après diverses affectations, il participe aux premiers rapatriements en juillet 1936 lorsqu’éclate la Guerre d’Espagne et participe vainement au contrôle naval sensé garantir que ce conflit reste strictement espagnol.

Lorsque la guerre avec l’Allemagne éclate, il fait partie de la flottille qui escorte les convois entre Grande-Bretagne et Afrique. La Belgique et les Pays-Bas, inquiets devant la menace d’invasion, demandent que leur sécurité soit renforcée. Il assure donc l’escorte de convois, notamment à Flessingue.

Le 15 mai, il est mitraillé par un avion alors que plusieurs attaques sont lancées sur les navires français et finalement, l’Adroit doit se replier sur Dunkerque. On lui confie l’escorte du pétrolier de 20.000 tonnes Salomé récemment lancé par les Chantiers de France mais la violence des bombardements l’en empêche et il faut se résoudre à saborder le pétrolier.

Le soir du 21 mai, il appareille mais un bombardier lui largue trois bombes. Si les deux premières le frôlent, la troisième le frappe de plein fouet. Elle tombe entre les deux cheminées, noie les chaufferies et le navire, mortellement touché, vient s’échouer sur la plage de Malo un peu après minuit. Le navire est évacué rapidement mais d’autres explosions le secouent : ses munitions et ses grenades sous-marines le transforment en épave quand sept explosions l’éventrent sur le coup de 2h30 du matin.

Quant à son équipage, il est affecté au Fort de Mardyck et est évacué le 30 mai. Ironie du sort, certains de ses marins prennent place sur le Bourrasque, qui est coulé lui aussi.

presque une image du passé


Sans cette tour qui surgit au loin, les quais de Maastricht sembleraient figés dans l'histoire

calme vesperal


Peu de voiture dans le centre de Maastricht: la voirie s'y prête mal... De vastes parkings souterrains sont là pour avaler des quantités astronomiques de voitures pour libérer les rues souvent étroites de l'ancienne ville corsetée de remparts. Ainsi, il est plus simple de prendre le bus, le vélo, apanage traditionnel des Néerlandais, louer un scooter ou plus simplement encore "pedibus cum jambis" afin de jouir des trésors de cette ville où les styles se télécospent...

Le ciel presque au-dessus de la tête

autres temps, autres modes...


Curieux de voir la pérennité des styles. Ostende au XIXe siècle regorgeait de bow-windows comme certaines rues de Malo-les-Bains ou de Rosendael, donnant cette toujours curieuse impression de "déjà-vu".

les bons mélanges

La culture batave est bien celle du brassage et des rencontres les plus improbables. Les terres néerlandaises sont fragiles mais riches, les villes abritent de curieux mélanges entre tradition et modernité, une apparente désinvolture et une tenace volonté de maintenir le pacte social... Entre lenteur et vitesse, c'est un monde parfois étonnant aux touristes qui y séjournent.

loin du gris des industries

Contrairement à ce que d'aucuns pourraient croire, les villes d'Europe du Nord n'ont souvent de gris que le ciel, et encore ! Les architectes et urbanistes redécouvrent que la couleur inondait les villes jusqu'au grand siècle industriel, gris, morne, pollué et austère... et restaurent dans leur apparence ancienne les anciennes demeures.

prélude à un été mosan

à l'ombre des murs

Et d'un coup, au détour d'une rue, le rempart médiéval de Maastricht surgit entre les maisons et les terrasses des cafés.

s'offrir une croisière sur la Meuse



... çà ne vaut pas un clair de lune à Maubeuge... (faut voir)

le développement durable mode limbourgeoise

wallpaper 1440*900 : des chiffres et des lettres

Vous laissant le soin d'exercer votre sagacité à traduire ce médaillon de Saint-Martin pieusement conservé sur le mur d'une demeure ancienne de Maastricht.

plaisirs d'antan


Nombre de façades de Maastricht arborent encore les enseignes passées, mises en valeur et restaurées, comme un gage de fidélité aux valeurs bataves...



la Dinghuis ou la demesure oubliée

Le siège de l'Office de Tourisme de Maastricht est dans cette haute demeure de Maastricht. La Dinghuis continue de veiller sur le quartier, il faut donc se promener les yeux au ciel dans cette ville et se perdre à regarder les hauts murs multiséculaires comme les enseignes à jamais gravées dans la pierre et que personne n'oserait cacher sous une enseigne moderne...



sous les frondaisons

wallpaper 1440*900: forêt urbaine


surprenante découverte que les palmiers du Mosae forum de Maastricht

contrastes mosans





Un ciel sans nuages, d'un bleu profond... L'été s'annonce à Maastricht, ville pieuse à défaut d'être sainte, où églises, basiliques et temples se côtoient dans un espace restreint... Les clochers portent le ciel, parfois en se voyant de loin, comme celui, rouge, de st-Janskerke.