La suite d'Histoires du Nord ...

vendredi 30 septembre 2011

souvenirs de la basse-Deûle

Aujourd'hui, ces maisons (photographiées avant 1923) ne se mirent plus dans les eaux de la basse-Deûle, elles bordent aujourd'hui l'avenue du Peuple Belge et retrouvent peu à peu leurs couleurs originelles.

une architecture oubliée

Les vicissitudes de l'histoire, les outrages des guerres ont fait disparaitre une immense partie du patrimoine architecturales des terres septentrionales. Parfois, est il encore possible d'en trouver une trace ténue dans les ouvrages anciens tels ceux de Fernand Beaucamp (1923)


Valenciennes, rue de Mons
Valenciennes, grand place


Cambrai, rue de Noyon


lundi 26 septembre 2011

HOMMAGE A RENE MOUCHOTTE POUR SON RETOUR EN TERRE DE FRANCE



La dernière note de musique vient de s’éteindre dans la cour du Ministère de l’Air. Le drapeau a pris sa place dans la vitrine où il attendra une nouvelle prise d’Armes. La cérémonie traditionnelle en l’honneur de Guynemer est terminée. Une fois de plus, l’Armée de l’Air, fidèle au souvenir, a écouté religieusement la citation magnifique du grand As de la guerre 1914-18.


Pendant que s’égrenaient les mots : « héros légendaire disparu en plein ciel de gloire »… je pensais à ceux qui avaient, pendant les années noires, maintenu quand même la tradition. Je les revoyais, un semblable matin, sur le sable déjà brûlant du désert, au Sahara ou en Lybie, dans la végétation luxuriante de l’équateur, comme dans ces décors de bouleaux qui rompent seuls l’immense monotonie de la Russie Blanche.


Mais je revoyais surtout un coin de la traditionnelle Angleterre, dans un cadre de vieux parc, des bâtiments auxquels la vigne-vierge donne une allure d’ancienne et seigneuriale demeure, s’érigent sur un champ d’aviation si vert qu’il ressemble à un terrain de golf : c’est Biggin-Hill, célèbre aérodrome de guerre de 1940 à 1944.


Des Spitfires y sont alignés. Le Groupe « Alsace » est rassemblé et devant ces quelques soldats, son chef, aussi admiré qu’aimé par eux, un grand et beau jeune homme brun, lit la citation de Guynemer, tandis que le soleil commence à percer légèrement le brouillard matinal. C’est Mouchotte, l’un des meilleurs chasseurs des Forces Aériennes Françaises Libres, celui qui remporta la millième victoire de l’aérodrome, en collaboration avec l’un de ses camarades canadiens (c’était même un Canadien français). Il n’avait que quatre avions abattus à son palmarès. C’est qu’il avait passé de nombreux mois, depuis 1940 jusqu’au début de 1942, à assumer le rôle ingrat de la surveillance en mer. Il n’y avait là que peu d’occasions de rencontrer des avions ennemis. L’attaque des bateaux « Flaks » faisait partie de cette mission, opération extrêmement dangereuse, ce qui ne l’empêcha pas d’en détruire une bonne douzaine.


Mais la vraie grandeur de Mouchotte est ailleurs. Il faut considérer que la dernière guerre fut très différente de celle où nos aînés ont si brillamment illustré les ailes françaises. Un Commandant de groupe avait la charge d’un élément d’un énorme dispositif qui, s’amplifiant d’année en année, finit par comprendre des centaines de chasseurs, quelquefois 700 à 800, répartis en plusieurs étages dans le ciel. Et, lorsque l’ordonnance de la formation se rompait pour se transformer en « dog-fight » pendant les brefs instants où les avions à cocardes se mélangeaient avec leurs adversaires à croix gammée, le chef devait d’abord songer à regrouper son équipe. Or, Mouchotte était un chef. J’ai pu le juger par moi-même. Il venait me voir très souvent à l’Etat-Major. Presque chaque semaine, profitant de son « day-off », il me faisait une visite, soit pour me soumettre des propositions concernant son personnel, soit pour discuter de quelque point d’organisation et de tactique. En l’écoutant, je me retrouvais à la tête de mon Groupe, période dont je n’étais d’ailleurs pas si éloigné puisque j’ai commencé la guerre à ce poste. Nous avions été frappés tous les deux par le livre de Kessel « l’Equipage » et je l’encourageais à persister dans cette méthode de commandement qui consiste à être le chef par l’exemple plus que par les galons. Il y excellait et fut sans contredit le commandant de groupe le plus aimé de son personnel.


J’ai vu, hélas ! beaucoup d’unités dont les Commandants devaient être remplacés, parce que le précédent était tombé sous le feu de l’ennemi. Jamais je n’ai constaté une tristesse semblable à celle qui frappait les escadrilles du Groupe « Alsace » le jour où Mouchotte ne revint pas. C’était une véritable désolation. Tous étaient désemparés. Chacun réalisait la perte immense que venait de faire notre aviation de chasse. Ses camarades britanniques parmi lesquels il était le plus populaire des nôtres, étaient eux-mêmes très touchés. Jamais l’on ne vit le mess de Biggin-Hill aussi accablé et sombre qu’en ce soir du 29 août 1943.


Nous restâmes plusieurs jours accrochés à la Radio, espérant que nos amis de la Résistance nous enverraient de France la bonne nouvelle qu’il était sain et sauf, déjà en route vers la frontière d’Espagne. Puis tout notre espoir fut en Genève, pour apprendre qu’il était prisonnier. Hélas ! Rien ne vint…. Comme Guynemer, Mouchotte avait disparu en plein ciel de gloire.


Six ans après l’on vient de retrouver son corps. Nous serons nombreux à l’attendre au jour prochain où il reviendra dormir entre ses parents son dernier sommeil, à Paris sa ville natale qui s’honorerait en honorant, comme nous le ferons alors nous même, celui qui le 28 juin 1940 s’envolait d’Oran, dans des conditions qui font notre admiration. Exemple magnifique qui ne fut pas assez suivi. Les volontaires ne furent pas nombreux, mais leur ardeur au combat compensait la faiblesse de leur nombre.


En ce jour où les aviateurs songeant au destin de Guynemer, élèvent leurs âmes vers leurs morts, je n’hésite point à le dire : celui-ci, que j’ai connu et qui avait toute mon amitié, ce Commandant « René », qui écrivait chaque soir ses impressions intimes sur ses carnets de combattant (ils seront une révélation pour le grand public à qui des mains pieuses les offrent aujourd’hui) demeurera l’une des figures les plus pures parmi ces fils de France qui se sont tant battus.



11 septembre 1949


Général Valin

Ancien Chef d’Etat-Major des F.A.F.L.


Inspecteur Général de l’Armée de l’Air

et si ...



et si ... vous passiez plutôt du temps sur http://histoiresdunord.blogspot.com et http://histoiresdunord2.blogspot.com ?

côté nostalgie : les aventures de Till l'Espiègle

Vieux souvenir de jeunesse, j'ai toujours regretté que cette petite perle du début des années 50 soit boudée par les programmeurs des télévisions alors que l'on supporte d'année en année les mêmes rediffusions, souvent jusqu'à l'indigestion. Il est vrai que si le film est excellent, et - au vrai sens du terme - espiègle, il ne fut pas un succès commercial, le condamnant certainement à l'oubli. Le film, restauré, a gardé quelques imperfections liées au négatif et à la façon dont il a été conservé; cela n'en ajoute que plus de charme, un peu comme un vieil album 33t qui craque sous le diamant... (les moins de 40 ans ne peuvent pas comprendre)... Bref, un bon moment que je ne puis que vous conseiller. L'impression de replonger dans les tableaux des Brueghel ravive les souvenirs, les rondeurs de Carmet amusent toujours autant et Gérard Philippe, parti trop tôt, a cette beauté figée qui fleure bon les années d'espérance des Trente Glorieuses... D'ailleurs, çà me donne envie de relire l'oeuvre de Charles Decoster




pour info: Les Aventures de Till l'Espiègle, édité par TF1 vidéo


la météo annonce une semaine de beau temps...



... personnellement je n'y crois pas trop...

samedi 24 septembre 2011

réminiscences d'un passé pas si lointain



envie de voyages lointains



relique



vespéral instant



à défaut de bleu au ciel et de rose aux joues



un emplacement de choix

On se demande si finalement le choix de l'emplacement de la sous-prefecture n'est pas si anodin... Après tout, sortant de la gare et empruntant le pont sur le canal aujourd'hui comblé, le voyageur voyait d'abord et en premier le symbole tangible de la République et de son autorité.







des bains dunkerquois presque tout neuf !

Certes, l'actualité n'est plus très fraîche. Cela fait quelques mois que les Bains Jean Bart, les fameux Bains Dunkerquois se sont refaits une beauté. Si l'intérieur reste en friche, l'entrée de ville est enfin remise en valeur... Tous se souviennent de l'état déplorable dans lequels ils étaient il y a quelques années. S'il manque les deux minarets et la grande coupole, par choix, il faut comme même convenir que l'un des ultimes témoins du courant mauresque dans l'architecture du XIXe siècle est magnifique sous le soleil. Ceci dit, les lecteurs qui regardent attentivement la carte météo savent combien ont été rares les belles journées ces derniers mois... Profitant d'un regain de santé, votre dévoué serviteur a finalement pu prendre des photos convenables sans avoir a recoloriser le ciel ou tout passer en N&B.

















originel confesseur



souvenir espagnol

au coeur même de Saint-Eloi

vendredi 23 septembre 2011

Dunkerque méditerranéenne

un peu de peinture, un coup de soleil et la ville du Nord change...

souvenirs de labeur



réminiscence



Dunkerque l'orientale



Avec la rénovation (enfin), quoiqu'incomplète, de la façade des Bains Dunkerquois, et un petit peu de soleil, Dunkerque change d'un coup de physionomie

fontaine, je ne boirais pas de ton eau



Dunkerque et Lille ont en commun d'avoir gardé une fontaine Wallace, la première est tarie, la seconde délivre encore un filet d'eau mais dans les deux cas, les chaînes et les gobelets se sont envolés depuis belle lurette, transformant l'objet d'utilité publique en pretexte esthétique.

Roger Agache, l'archéologue volant, a quitté cette Terre




« Je bois à la santé des vivants, qu'ils en profitent, la vie est si merveilleuse, le vin si bon et nos femmes si belles dans leur blancheur éclatante ». Quand une telle phrase figure en haut d'une nécrologie, c'est que la personne disparue avait de la personnalité ! ... Docteur en histoire de l'art et d'archéologie, correspondant de l'institut de France, auteur de plus de deux cents publications, honoré par le CNRS, grand prix de géographie, Roger Agache était une grande et belle figure de l'archéologie française.
Né à Amiens, basé à Abbeville, l'ex-instituteur a inventé l'archéologie aérienne et publié depuis 1960 des milliers de photographies de traces du passé. Ses prospections ont été menées en Picardie, Normandie et Nord - Pas-de-Calais. En avion ou en ULM - du sol, on voyait frétiller ses vieilles jambes ! -, Roger Agache privilégiait les survols hivernaux pour profiter de l'humidité rémanente des terres nues, mais il a aussi étudié les anomalies des croissances des cultures au printemps ou en été. Les grandes fouilles qui ont suivi ont profondément renouvelé nos connaissances, notamment en ce qui concerne les grandes fermes isolées de la noblesse gauloise et les sanctuaires de cette période. Pour l'époque romaine, le spécialiste a repéré camps, temples, théâtres, thermes, villas aux plans stéréotypés... Des milliers de sites : formidable apport à la connaissance de nos territoires et de notre lointaine histoire !
Malgré ses multiples distinctions, Roger Agache était resté un homme naturel, direct, passionné. C'est un grand humaniste, curieux et malicieux, jamais lassé, qui nous a quittés le 17 septembre dans sa 86e année. • B. V.



Obsèques ce jeudi à 14h30 église Saint-Gilles d'Abbeville. Si l'on veut prendre la mesure de son travail, filer vers http://www.archeologie-aerienne.culture.gouv.fr/



in LA VOIX DU NORD, édition régionale du 23 septembre 2011

mercredi 21 septembre 2011

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vendredi 16 septembre 2011

Mémoire sur le choix des attaques qu’on pourroit faire à Lille pour reprendre cette place (1712)

Après la reddition de la ville en 1708, puis celle de la citadelle pourtant vaillamment défendue par Boufflers au point que ses troupes survivantes purent recevoir les honneurs militaires et sortir de la citadelle mèche allumée et balle en bouche, il importait aux poliorcètes de réfléchir à la façon de reprendre cette ville qui est le véritable verrou des Flandres. Revenue dans le giron français à la paix d'Utrecht, ces intentions restèrent lettre morte.


« Ce mémoire a été fait lorsque l’on eut l’intention de reprendre cette ville, peu après 1712, par M. De Valory, directeur des fortifications, Lieutenans Général des Armées du Roy, Gouverneur du Quesnoy.


Le cotté de la porte Notre-Dame, entre l’ouvrage à corne, à droite, et la ligne qui soutient l’inondation à gauche, est un des fronts de cette fortification dont le rempart est le plus découvert, et le moins garni de dehors, n’y ayant que la demi-lune qui couvre la porte, et une fort petite demi-lune, à l’extrémité de la branche gauche dudit ouvrage à corne, en le regardans par le dehors.


Le rempart de tout ce front est mauvais, peu flanqué, et n’a point de capacité : tout ce qui peut le protéger est le revers qu’il reçoit de la branche gauche dudit ouvrage à corne et celui de la partie de la digue qui vient appuyer au apuier au chemin couvert de la place à gauche de la demy lune, et qui se termine par une petite écluse, qui jette les eaux de la haute Deûle dans le fossé de la place, et qui se communique jusqu’à la porte de Fives.


Cette eau du fossé est soutenue par un batardeau appelé le batardeau des Jésuites, traversant au milieu de la Courtine, et par un autre batardeau au bout de la face gauche d’une petite demy lune dans l’interieure de la digue, environnée d’un chemin couvert assez mauvais qu’on apelle la petite inondation, continue dans les prairies basses, entre la digue et le chemin couvert ; on peut laisser les eaux du fossé du front de la porte Notre-Dame de 5 pieds de hauteur en se rendant maistre du chemin couvert de lad ; demy lune, par l’ouverture qu’on fairoit au bout du batardeau qui soutient les eaux de toute cette partie de fossé de place, jusqu’au batardeau des Hibernois.


Cette attaque seroit préférable à toute autre, suposé que l’inondation ne fut pas formée plus haute qu’il ne l’étoit, quand les ennemis ont fait le siège de Lille, mais s’ils prennent le parti de fermer leur écluse, pendant l’hiver ou au commencement du mois de mars, prenons les précautions n écessaires pour n’avoir pas besoin des moulins à eaux dans la ville, dont l’usage consomme beaucoup d’eau. Il ne faut pas douter qu’en six semaines au plus ils ne lèvent l’inondation au dehors de la grande digue dans toute sa hauteur, qui seroit de 3 à 4 pieds plus haut qu’elle ne l’étoit lorsqu’ils ont fait le siège, ce qu’on n’avoit pu executer parce qu’on si étoit pris trop tard, que les eaux n’etoient pas abondantes, que pendans la deffense on a été obligé de les lascher frequamment ; moyennant cette inondation dans la plénitude de ce côté d’attaque seroit impraticable, parce que les eaux rempliroient tout lespace de terrein entre la branche droite de l’ouvrage à corne, dont il a été parlé, et la porte de Notre-Dame, et il est à remarquer que, quand les eaux sont descendues dans les parties basses de cette teste, on ne peut plus les laisser, quand même on entrependroit le travaille de les en vouloir tirer en faisant une coupure dans les terres du coté de la redoute de Canteleu pour jetter les eaux dans la Basse Deûle, qui est un ouvrage long et pénible, et que les ennemis n’ont point entrepris, quoiqu’ils fussent informés de cette possibilité.


Si le front de la porte Notre-Dame se trouvoit d’un trop difficile accès, par les raisons de l’inondation, comme on vient de l’expliquer, on pouroit attaquer l’ouvrage à corne, à la droite de cette porte ; le terrein qui lui est oposé est fort élevé, les approches en sont faciles, et l’on peut battre en même tems tout le rempart jusqu’au pied de cet ouvrage jusqu’à la demy lune de la porte Notre-Dame, et après s’estre rendu maître de cet ouvrage à corne dont le fossé n’est point revestu, et assez étroit, mettre en breèche la face gauche du bastion qui lui est oposé, qui ne se trouveroit plus deffendue par la partie du rempart, qu’on auroit ruiné comme on la dit cy dessus.


Les difficultés de cette attaque sont les revers de canon qui se peuvent placer sur la grande digue qu’on auroit peine à éviter, et le passage du fossé de corps de la place qui est large et assez profond, dans cette endroit, et dont on ne peut tirer les eaux, mais avec le tems et le travail on ne laisse pas de surmonter tous les obstacles.


Le costé de la porte de Fives est encor une attaque possible, néanmoins la contregarde de terre qu’on a fait au devant du bastion de cette teste, le protege puissament ; il faut s’en rendre maître, et y placer interieurement du canon, pour pouvoir battre en brèche le bastion qui se trouve un retranchement naturel dans sa gorge par une vieille enceinte de la fortification, qui subsistoit lorsque Sa Majesté fit le siège de Lille, le front de l’attaque est petit et par conséquent facile à deffendre par une garnison nombreuse, cela n’empecheroit pas qu’on n’en vint à bout, si l’on étoit forcé de prendre ce party.


Le front de la porte Saint-Maurice est encore un coté d’ataque très accessible, le terrain qui lui est contigu est for élevé, et découvre le rempart jusqu’à l’eau, dont l’intérieur est etroit et mal terrassé. Le centre de ces deux bastions est rempli, celui de la gauche d’un fort gros corps de casernes, et celui de la droite d’un cavalier qui n’a jamais été bien achevé et qui est plus nuisible qu’util, en cet endroit, la demy lune qui couvre la porte, est d’une petite capacité, le fossé de ce côté de poligone est assez profond et ne se peut laisser que par le batardeau qui est au bastion de la droite de l’attaque des ennemis ; ainsi on ne pouroit profiter de cet expédient, mais avec des fascines en nombre, il n’y a point de fossé qu’on ne passe quant les deffenses sont ruinées.


Le circuit du reste de la place à droite de la porte Saint-Maurice jusqu’à la basse Deûle, et dans la basse Deûle à la porte de Saint-André, sont des parties plus régulièrement fortifiées, quoiqu’avec des deffauts, mais qu’il ne seroit pas conseillable d’attaquer préférablement aux autres endroits, dont il a été parlé, d’autant plus que les raisons qui ont déterminé les ennemis sur le choix de leur ataque, par rapport à Menin d’où ils tiroient leurs munitions, sont les mêmes qu’on auroit pour estre plus à portée de recevoir celle qu’on auroit à tirer de Tournay et de Douay, si l’inondation de la haute Deûle n’estoit pas portée dans son élévation, et qu’on put semparer de la grande digue et s’y établir ; on croit que l’ataque de la porte Notre-Dame seroit préférable aux autres, sy au contraire dette partie se rendoit inaccessible, on juge qu’il conviendroit de s’attacher à la porte Saint-Maurice sy les ennemis ne font rien sur ce front pour en augmenter puissament la deffence, comme de leurs deux contregardes pour couvrir entierement les deux bastions de ce poligone, auquel l’ataque que la porte de Fives ou celle de l’ouvrage à corne à droite de la porte Notre-Dame, seroient préférable et à peu près de la même deffence ; on croit qu’il est à prppos de dire que pour ne le point mécontenter sur le tems de la durée du siège de Lille, il pouroit aller à 35 ou 40 jours de tranchée ouverte, et à peu près le même tems pour la réduction de la citadelle, suposé que l’on ne manque de rien et que l’artillerie soit assez nombreuse et bien servie pour diligenter la besogne comme il faut en pareilles occasions. »


In Bulletin de la Commission Historique du département du Nord, tome XXXIII, Lille, 1930

Mémoire sur les mesures à prendre pour secourir Lille en cas de siège (1708)

Alors que le Prince eugène de Savoie et Marlborough sillonnent les Flandres et approchent de Lille, les stratèges français, à l'origine de la construction de la citadelle de Lille (avec vauban et ses architectes) ainsi que de la nouvelle enceinte de la ville, venant remplacer la muraille espagnole de faible valeur, réfléchissent à la façon de secourir la ville devenue française en 1667, puisqu'ils en connaissent autant les forces que les faiblesses.





« La circumvallation d’une place se fait ordinairement à la distance de douze à quinze cens toises pour la liberté du campement, en laissant un intervalle entre la ville et le camp assez spatieux pour y manœuvrer des troupes.


Cela posé, l’ennemy peut établir sa ligne et ses quartiers autour de la place de l’abbaye de Lo[1], sur la haute Deûle et même plus près de la place : à la cense du Moulin de Labrichaux, distant d’une lieue sur le chemin Darras.


Aux environs de la cense d’Engruin ou du village de Ronchin sur le chemin d’Orchies ; à Lezennes sur le chemin du pont à Bouvinnes.


A Helemmes sur le chemin de Tournay au petit Wasquehal, distant de plus d’une lieue sur la Marcq et au village de Marcq, sur la rivière du même nom ; il fera plusieurs ponts sur cette rivière pour communiquer à ceux qu’il établira sur la basse Deûle entre l’Abbaye de Marquette et Wambrechies, à la cense de Cliquenoy laissant un petit ruisseau au devant de la ligne, à Lambersart vis-à-vis de la citadelle entre la haute et la basse Deûle et de là aux ponts qu’il aura établi sur la haute Deûle, à l’Abbaye de Lo ou plus près de la Place, s’il le juge à propos. Le pays est si couvert et si traversé de marais et de fossés depuis Wasquehal sur la Marcq, jusques à la haute Deûle, en traversant la basse Deûle, au dessous de Marquette qu’il n’est pas praticable de tenter un secours par tout ce costé de pays, qu’avec des difficultés qui ne sçauroient faire espérer un bon succès, mais on peut donner de la jalousie par ces endroits pour faire divertion à l’ennemy et profiter de son manque d’attention, s’il négligeoit trop ce costé de circumvallation.


Le chemin le plus ouvert pour marcher à l’ennemy se réduit entre le grand chemin de Tournay, au pont à Tressin, et le grand chemin Darras et au village de Seclin.


Cette distance qui est près de trois lieues peut donner la liberté de faire tels mouvements qu’on jugera à propos pour se porter sur l’ennemy, supposé qu’il demeure enfermé dans ses lignes de circumvallation qui n’aura pas moins de six lieues de circuit, peut estre l’ennemy prendra t’il le party de couper seulement tous les chemins qui arrivent à son camp, de faire des abbatis de bois, fortifier quelques postes principaux, se faire des communications aisées pour se porter facilement sur toutes les avenues et y faire teste, si on vouloit l’approcher par le pays fouré, et se porter en avant sur les bords de la Marcq : pour en deffendre le passage depuis le pont de Tressin, sur le chemin de Tournay, jusques au pont à Marcq, sur celuy de Douay, la rivière de la Marcq n’a point d’eau en cet endroit pendant l’esté, ny même une lieue au dessous du costé du pont à Tressin, cela se réduit à un fossé qui ne sçauroit arrester de l’infanterie, et que la cavalerie peut passer avec un peu de travail.


Le lit de la Marcq se perd en s’éloignant du dit Pont à Marcq, dans le voisinage de Mons-en-pévèle, à la source d’une l’une des branches de la marcq et en longeant sur la gauche on peut arriver à la hauteur de Seclin et même par delà, les marais qui sont en cet endroit estant secs et praticables en esté ?



Voilà le chemin le plus ouvert qu’on puisse tenir pour secourir la Place de vive force.



On doit supposer que l’ennemy ayant pris ses précautions pour se garantir de tous les événements par les autres parties du circuit de la Place rassemblera toutes ses forces pour se porter en avant du costé où il sera plus aisé de l’attaquer.


On pourroit en ce cas profitter du vuide qu’il auroit fait de ses quartiers entre la haute et la basse Deûle pour jetter brusquement un corps de trouppes dans la Place, capable d’attaquer et de détruire totallement sa tranchée et s’emparer, s’il estoit capable, de son artillerie. Le plus apparent moyen de secourir Lille seroit de ne pas laisser le temps à l’ennemy de faire ses établissemens et de l’attaquer, s’il le pouvoit, deux ou trois jours après qu’il auroit entièrement investy la Place.


La carte géographique du Diocèse de Tournay marque précisément tous les lieux énoncés dans ce mémoire et est assez juste pour s’y conformer »




In Bulletin de la Commission Historique du département du Nord, tome XXXIII, Lille, 1930
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[1] Loos

nostalgie



L'auteur de ces lignes reconnait être souvent gagné par la nostalgie quand, retrouvant ses clichés d'il y a quelques années, laisse vagabonder ses souvenirs et se rappelle avec un brin de nostalgie ses visites dans le quartier de la cathédrale, avant que ses rues ne deviennent commerçantes et accueillantes, quand c'était encore un quartier populaire au sens strict du terme.

tempus fugit



Pour faire plaisir à "Adel" qui suit les posts et les commente régulièrement, ce qui n'est pas sans me procurer grand plaisir, encore une citation latine et un peu d'histoire puisque la vénérable horloge de la Grand Garde de Lille reste fidèle au poste... Il serait temps, Adel, que nous fassions un jour connaissance... A l'occasion, envoyez moi un mail...

pérennité

La construction entamée après la crise de 1848 de la basilique de Lille, érigée en cathédrale en 1913, achevée à la fin du XXe siècle, sans aller jusqu'à terminer le projet initial, le vaisseau de pierre (et de béton) de Notre-Dame de la Treille semble avoir toujours été au coeur du vieux Lille.

une foi haute en couleur rue au Peterinck



en souvenir d'une guerre oubliée








A Lille, tout au bout de la façade de l'esplanade, près du quartier des casernes, se dressait se socle de la statue du Général Négrier, laissé vide depuis la Grande Guerre... Depuis quelques années, la place a été reprise par un hommage au 48e Régiment de Mobiles du Nord, honoré à l'ordre du jour par Faidherbe.. dans une guerre que l'on évoque guère plus dans les cours d'histoire alors qu'elle fut principale cause de la naissance de la IIIe République... Sic mundi Gloria transit.

la lumière jaillira ... pour certains seulement



Lille ou le lent glissement d'un millénaire à l'autre