La suite d'Histoires du Nord ...

vendredi 1 juin 2012

solutions anciennes pour des questions d'avenir

On le sait depuis quelques années, le tout routier ou autoroutier est un modèle devenu obsolète qui a montré ses limites ces vingt dernières années.

La voiture, signe évident d'installation sociale, occupe une place centrale dans nos sociétés: il faut avoir SA voiture, que le conducteur généralement bichonne et arbore une fierté légitime en fonction de la valeur du véhicule. Or plusieurs problèmes se posent ces deux dernières décennies qui obligent à rechercher des solutions alternatives au tout-voiture...

- le covoiturage, certes idée intéressante mais qui ne résoudra pas toutes les questions d'engorgement des réseaux routiers, des points de passage dangereux et des contournements de villes, à la manière du ring belge, mais qui repousse encore plus loin les limites urbaines au détriment de l'espace agricole ou naturel... ceci dit, la perspective de passer une demi-heure, voire plus à traverser une petite ville comme Hazebrouck ne remet en rien en cause certaines décisions.

- la voiture électrique (de petite taille pour les déplacements en ville)... oui mais autonomie et sécurité des batteries (remise en cause par certains médias), la petite taille de la plupart des modèles qui font plus penser à des voiturettes sans permis qu'à de vraies voitures ne peut pas s'adresser à un éventail large de clients potentiels, d'autant plus que le prix reste des plus prohibitifs. Quant au tout électrique pour les "routières", on semble encore loin de la solution définitive et satisfaisante pour tous...

- le transport par camion : nous nous sommes habitués finalement à ces norias de poids-lourds sur nos routes et autoroutes. Bien qu'ils soient théoriquement interdits de circuler le dimanche, on n'est jamais sans croiser des trente-huit tonnes étrangers sur l'asphalte. Or, et on le sait, si le camionnage est plus souple (du point d'enlèvement au point de livraison), l'usage intensif des camions porte préjudice pour la pollution qui en découle comme pour l'état des routes car il est évident qu'un train de roulement de poids lourd provoque plus d'usure que plusieurs dizaines de voitures.

Quant au transport de passagers, il faut faire la promotion des transports en commun mais lesquels?

- Le bus, bien intéressant mais qui à certaines heures, circulent à vide et encombrent tout autant qu'en étant pleins... 

- Le tram plutôt que le métro (terriblement cher à tous égards et qui ne convient pas à toutes les villes) mais celui-ci ne peut être efficace que sous certaines conditions : être en site propre comme le Mongy à Lille c'est-à-dire que seul le tram peut employer la voie de circulation, réduisant d'autant plus la voie réservée aux voitures), être autonome car à l'heure où les villes enfouissent leurs réseaux filaires, on verrait mal les rues se couvrir de caténaires, donc quelle motorisation adopter : essence ou électrique, quelle alimentation électrique d'ailleurs? Ce sont là des problèmes de techniciens que, simple observateur, je ne suis guère en mesure de résoudre...

- Le train pour les liaisons inter-urbaines bénéficie d'un réseau séculaire et vaste mais qui délaisse les petites villes au détriment des lignes à grande vitesse... Seulement cela créé de nouveaux vides et nombreuses sont les gares rurales ou de petites communes urbaines qui ont disparu et dont les gares ont changé d'usage (bureaux, logements, etc...). 

- L'avion pour les liaisons court et moyen courrier mais le prix reste prohibitif et l'embarquement est très contraignant par les contrôles et les temps d'attente. D'autant plus gênant que les capacités aéroportuaires sont limitées pour l'international et que pour les aéroports régionaux, de moindre importance, sont des structures dévoreuses d'espace, par les infrastructures elles-même mais aussi par l'emprise de terrain englobant l'installation...

Alors vers quelles solutions se tourner  ?

- le Vélo ? Pourquoi pas, mais tant que villes et routes de campagne ne seront pas équipées en pistes cyclables dignes de ce nom et de sécurités réelles pour les deux-roues (voir le danger mortel des barrières de sécurité routières permet de se faire une idée des difficultés à affronter pour tout sécuriser)
- Le vélo-taxi comme à Paris ou à Lille, retour au temps de l'Occupation, ce qui se pratique déjà avec des visées publicitaires ou écologistes... Ceci dit, cela créé des emplois potentiels mais quid de la durabilité de ce transport tout au long de l'année, surtout lorsque l'on connait bien nos climats ?
- Le ferroutage: poser les camions sur des plateaux de chemins de fer pour les grandes traversées (notamment pour traverser tout le pays) mais ceci suppose qu'on accepte en même temps une augmentation du prix du transport du fret à cause des travaux d'infrastructure et que les tarifs de ce ferroutage ne vienne pas sur surajouter au coût initial puisque la consommation de ces camions serait nulle pendant le transport...
- Quant au transport aérien, il faut suivre avec intérêt les nouveaux prototypes des la firme Zeppelin. Le dirigeable est aujourd'hui bien plus sur que dans les années 30. Les gaz employés ne sont plus les mêmes et les technologies ont évolué. Mais, diriez-vous, ce serait un retour en arrière, une régression ! Certainement pas, il faut être pragmatique ! Ces nouveaux dirigeables sont silencieux, ils ont besoin de peu d'énergie car étant "plus-léger-que-l'air), il ne consomme que peu de carburant pour s'élever (or c'est le décollage qui coûte le plus cher dans un vol). Permettant de longues stations-fixes, il peut aussi emporter des charges assez lourdes et servir de grues comme servir de point de contrôle avancé aérien (en cas de troubles ou d'évènements importants) sans quasiment rien consommer... et n'être pas pris par l'impératif de consommation permanente pour se maintenir en vol.

Côté grand public: un transport un peu plus lent mais qui peut aussi  permettre de découvrir le paysage (un plus touristique indéniable pour certaines régions), des voyages sans grandes nuisances sonores... Vous voulez revenir sur le temps de vol ? Soyons clairs, pour l'heure, ces appareils n'ont pas une grande capacité d'emport de passagers... La lenteur du vol serait alors compensée par une rapidité plus grande à l'enregistrement comme à l'embarquement. Pour des court-courriers, ce serait une solution écologique et confortable par le peu de nuisances engendrées pour les riverains...

- Reste donc la voie d'eau: la région Nord-Pas-de-Calais et ses voisins du Benelux sont dotés d'un riche réseau de voies navigables sous certaines conditions. Canaux ou rivières canalisées, voies d'eau sillonnant toute la région et débouchant sur les pays voisins, il est temps de remettre la batellerie à l'honneur. On imagine très mal la capacité d'emport des péniches et des barges dans le grand public mais ceci permettrait de réduire la présence de camions sur les routes à condition d'accepter une certaine "lenteur", d'autant plus que la France a abandonné ses voies navigables depuis longtemps.

Entre canaux à grands gabarits, canaux Freycinet et rivières navigables, un service de coche d'eau comme nous en connaissions encore au XIXe siècle, doit s'envisager pour les raisons suivantes:

un coche d'eau sur et confortable comme les bateaux-mouches parisiens 
ou les navettes fluviales de Bercy qui n'ont pas encore trouvé leurs marques

-  Nombre de villes et villages peuvent être desservis sans création d'autres infrastructures. De plus, la voie d'eau, nécessairement un site propre (comme les rails de tramways ou les couloirs de bus) ne pourrait alors plus être qu'une séparation dans le paysage mais un trait d'union. 
- Autre élément à prendre considération, cela obligerait à l'entretien de voies d'eau or celles-ci sont d'autant plus nécessaires qu'elles jouent aussi un rôle non négligeable dans l'évacuation des eaux dans les zones humides. On peut même alors envisager des liaisons rapides avec des unités emportant peu de passagers mais qui peuvent utiliser n'importe quelle profondeur comme les airboats auxquels nous sommes habitués dans les films se déroulant dans les Everglades (d'ailleurs on peut aussi prévoir des options comme les skis comme pour les airboats canadiens, car s'il est vrai que ces derniers hivers ont été rudes, nous ne sommes jamais à l'abri d'une prise de glaces sur les canaux et les brise-glaces fluviaux ne sont pas légion...). 


Ne rions pas mais dans le cas de basses-eaux, un tel "navire" à fond plat (les tempêtes sont rares sur le Guindal...), difficile à faire chavirer, certes un peu bruyant mais cela peut s'arranger techniquement. et surtout l'hélice (d'aviation) est hors de l'eau, donc risques moindres en cas de pannes...

Autre piste à explorer, les véhicules amphibies, notamment dans les villes portuaires où le passage d'un cours d'eau ou d'un chenal nécessite de longs détours (sauf pour les piétons qui peuvent emprunter une barque faisant office de bac). A l'image de ce qui se faisait à Dunkerque avec un DUCKW amphibie (balades en mer depuis la plage) jusqu'à son tragique accident, et qui se pratique encore dans certaines ports belges, des véhicules amphibies offriraient un "plus" indéniable au transport par sa souplesse et sa capacité de s'adapter au milieu. 



- Pour les communes, des taxes portuaires, si ce transport pouvait d'imposer comme une évidence, procurerait de nouveaux subsides aux communes sur les trajets, point à ne pas négliger en ces temps de crise...
- relancer l'industrie fluviale (des péniches et des barges pour le fret, des coches d'eau pour les passagers) par la construction de nouveaux navires et la formation de mariniers.

Enfin, pourquoi ne pas imiter les Belges qui ont un service de navettes maritimes : des navires de passagers, certes pas toujours récents, qui permettent d'aller d'un port à un autre, donc d'une ville à l'autre, par une voie alternative et qui n'est pas dénuée de sens puisqu'usant d'un espace qui se vide de ses pêcheurs mais devient un par cela un espace ludique et festifs par le développement de la plaisance. Nombre de Belges ont un anneau de plaisance dans des ports français par manque de place dans les havres belges, un tel service permettrait un accès direct aux anneaux sans laisser de voiture en stationnement qui, ipso facto, engorgerait l'espace urbain...

Les solutions.anciennes doivent elles être nécessairement négligées sous prétexte qu'elles ne sont pas porteuses de "modernité" 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire